Modifié le 25 octobre 2013 à 13:00

Initiative franco-allemande pour réglementer le renseignement

Angela Merkel et François Hollande tentent d'obtenir la collaboration des Etats-Unis sans risquer de froisser leur partenaire commercial.
Angela Merkel et François Hollande tentent d'obtenir la collaboration des Etats-Unis sans risquer de froisser leur partenaire commercial. [ - ]
Soutenus par tous les membres de l'UE, Paris et Berlin ont lancé une initiative pour établir des "règles du jeu" du renseignement avec Washington d'ici à la fin de l'année.

Les révélations sur la surveillance d'Angela Merkel par les Américains, qui ont monopolisé les devants de la scène en ouverture du sommet européen de Bruxelles, ont débouché sur une initiative de la part de la France et de l'Allemagne.

Paris et Berlin, soutenus par tous les autres membres de l'UE, veulent "trouver un terrain d'entente avec les Etats-Unis d'ici à la fin de l'année" sur les questions du renseignement, notamment l'espionnage de chefs d'Etats. (Lire: Un document révèle que la NSA a mis sur écoute 35 dirigeants de la planète)

Gare au "totalitarisme"

"Il y a un coup d'arrêt à porter et des clarifications à exiger", a affirmé François Hollande. "C'est ce qu'ont fait les Européens ce soir, et de manière unanime, en considérant qu'il y avait avec notre allié américain un certain nombre d'explications à demander". Car, a ajouté le président français, "nous savons qu'il y aura d'autres révélations".

Evoquant le temps de la RDA, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso avait lui mis en garde contre le "totalitarisme", insistant sur le "droit fondamental" au respect de la vie privée.

agences/jgal/asch

Publié le 24 octobre 2013 à 15:37 - Modifié le 25 octobre 2013 à 13:00

La Commission joue la montre

Les divergences des Européens font aussi traîner depuis plusieurs mois les négociations sur le projet de loi sur la protection des données présenté par la Commission européenne.

Alors que la commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding, plaidait pour que la réforme soit adoptée "d'ici au printemps 2014", les 28 ont décidé de "se donner une marge de manoeuvre" jusqu'en 2015.

Angela Merkel reste modérée

La chancelière allemande s'est refusée à envisager une éventuelle suspension des négociations de libre-échange entre les deux blocs, comme l'a réclamé le patron du parti social-démocrate allemand, Sigmar Gabriel.

Cela n'a pas été abordé par les dirigeants, a-t-elle fait savoir, mettant en garde contre un risque de rupture des discussions commerciales avec Washington. Angela Merkel s'est contentée de parler de "coup sérieux à la confiance" en évoquant la surveillance de ses communications.

Cette indulgence fait l'objet de critiques de la part de l'opinion publique en Allemagne, scandalisée.

"Des révélations finalement utiles"

"Finalement, ces révélations d'Edward Snowden peuvent être utiles", a déclaré François Hollande. "Elles permettront d'avoir à la fois plus d'efficacité dans l'action des services et plus de protection des libertés des citoyens", a-t-il estimé.

A l'égard des Etats-Unis, selon le président français, "c'est la question de la confiance qui est posée: vérité sur le passé et règles de conduite pour l'avenir".