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Le Nobel de la paix récompense l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques

Le Prix Nobel de la paix va à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques [RTS]
Le Prix Nobel de la paix va à l'OIAC / 12h45 / 2 min. / le 11 octobre 2013
Le prix Nobel de la paix 2013 a été attribué vendredi à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques pour son travail visant à éliminer les armes chimiques dans le monde.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a reçu vendredi le prix Nobel de la paix pour "ses efforts visant à éliminer les armes chimiques", a annoncé le comité Nobel.

Méconnue du grand public, l'OIAC, qui a son siège à La Haye, a été fondée en 1997 pour mettre en oeuvre la convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC) signée le 13 janvier 1993.

Sur le devant de la scène avec le conflit syrien

Son travail est sous les feux de l'actualité depuis qu'elle a été chargée par une résolution du Conseil de sécurité, le 28 septembre, de superviser le démantèlement de l'arsenal chimique syrien.

Mais l'OIAC a longtemps travaillé dans l'ombre, détruisant quelque 57'000 tonnes d'armements chimiques, en Irak, Libye, Russie et aux Etats-Unis.

Entre 1997 et 2013, elle a supervisé la destruction de 81% des stocks mondiaux déclarés d'agents chimiques ainsi que plus de 57% des munitions et conteneurs chimiques visés dans la CIAC.

L'annonce du prix Nobel:

L'annonce du prix Nobel de la paix [RTS]
L'annonce du prix Nobel de la paix / L'actu en vidéo / 2 min. / le 11 octobre 2013

Pour la première fois dans un pays en conflit

"Je sais que le prix Nobel de la paix nous aidera dans les mois qui viennent à promouvoir l'universalité de la Convention", a réagi le directeur général d'OIAC, Ahmet Uzumcu, sur la télévision norvégienne NRK.

L'OIAC fournit également une assistance et une protection à tout État faisant l'objet de menaces ou d'attaques à l'arme chimique. Pour la première fois, avec le conflit syrien, l'organisation effectue ses missions dans un pays en guerre.

Contrairement à de précédentes éditions dont celles de 2009 avec le président américain Barack Obama et 2012 avec une Union européenne en crise, le Nobel de la paix est cette année très consensuel.

En images, les prix Nobel de la paix les plus marquants de l'histoire:

agences/gchi

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189 pays sont membres de l'OIAC

A ce jour, l'OIAC compte 189 pays membres représentant plus de 98% de la population mondiale.

Quatre Etats - la Corée du Nord, l'Angola, l'Egypte, le Sud-Soudan - n'ont ni signé ni ratifié la Convention.

Israël et la Birmanie l'ont signée en 1993 mais ne l'ont toujours pas ratifiée, selon le site internet de l'organisation.

L'OIAC inatteignable

Tweet surprenant du comité Nobel environ 45 minutes après avoir annoncé l'attribution du prix Nobel de la Paix à l'OIAC.

N'arrivant pas à joindre le grand gagnant, le comité a tenté d'utiliser le réseau social Twitter pour se mettre en contact avec l'organisation:


Les réactions

"Cette récompense arrive presque 100 ans après la première attaque à l'arme chimique --et 50 jours après une révoltante utilisation de ces armes en Syrie", a noté le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Le président français François Hollande a affirmé que ce prix "vient donner une consécration" à l'action effectuée par la communauté internationale "depuis plusieurs semaines pour dénoncer l'utilisation des armes chimiques et les éliminer dans un proche avenir".

Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a souligné "les effets effoyables" des armes chimiques et l'importance du rôle de l'OIAC.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a applaudi le courage et la détermination de l'organisation dans sa mission.

"C'est un vrai geste d'encouragement qui va renforcer le travail de l'organisation en Syrie", s'est réjoui Ake Sellström, qui dirige la mission d'enquête de l'ONU dans ce pays.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a souligné que l'OIAC "faisait face à un défi sans précédent dans ses efforts en Syrie".

"Un monde libéré des armes chimiques est à portée de main", a applaudi l'ex-président russe Mikhaïl Gorbatchev.

Amnesty international a félicité "un lauréat qui le mérite", tout en précisant que "les armes conventionnelles continuent à être utilisées pour commettre des massacres".