Modifié le 04 octobre 2013 à 20:20

Le Vietnam en deuil après la mort du général Vo Nguyen Giap

Le général Vo Nguyen Giap, photographié ici en 2008, était l'artisan tant de la défaite française que la débâcle américaine au Vietnam.
Le général Vo Nguyen Giap, photographié ici en 2008, était l'artisan tant de la défaite française que la débâcle américaine au Vietnam. [Hoang Dinh Nam - ]
Le Vietnam était en deuil vendredi après la mort du général Vo Nguyen Giap, héros militaire de l'indépendance et une des figures les plus adorées de la population après Ho Chi Minh.

Le général Vo Nguyen Giap, héros militaire de l'indépendance vietnamienne et artisan de la débâcle française à Dien Bien Phu, est décédé vendredi à l'âge de 102 ans, ont indiqué des sources gouvernementale et militaire.

Une figure adulée

Giap, dernier dirigeant historique du Vietnam communiste encore en vie, était une des figures les plus adorées de la population après le fondateur du Parti communiste du Vietnam Ho Chi Minh.

"Repose en paix, héros du peuple. Tu seras toujours notre plus grand général", a écrit un internaute sur Facebook, un des nombreux témoignages inondant les réseaux sociaux avant même l'annonce officielle de sa mort

afp/hof

Publié le 04 octobre 2013 à 15:59 - Modifié le 04 octobre 2013 à 20:20

De la gloire militaire à l'éviction du PC

Considéré comme l'un des plus importants stratèges militaires de l'Histoire, Vo Nguyen Giap était un autodidacte formé à coups de lectures qui avait réussi grâce à ses tactiques à défaire aussi bien les Français que les Américains.

En 1954, il avait ainsi infligé dans la "cuvette" de Dien Bien Phu une cuisante défaite aux troupes colonisatrices françaises, événement fondateur de l'émergence d'un Vietnam indépendant et de la fin de la domination française en Indochine.

Et pendant les vingt années qui ont suivi, ce fils de paysan lettré, à la maîtrise impeccable du français, avait continué de diriger ses troupes pendant la guerre du Vietnam contre les Américains et leurs alliés du Sud-Vietnam, jusqu'à la prise de Saïgon le 30 avril 1975.

Malgré ses succès militaires, sa carrière politique a été brisée par le régime communiste. En 1975, il n'était déjà plus chef de l'armée du Nord-Vietnam communiste, et en conflit ouvert avec le numéro un du régime Le Duan, il avait été petit à petit écarté du pouvoir.

En 1982, il avait été sorti du bureau politique du Parti. S'il avait conservé son rang de vice-Premier ministre, il était chargé des Sciences, Technologies et du Planning familial. Il avait finalement été évincé du comité central du Parti en 1991.