Modifié le 03 septembre 2013 à 18:53

Bachar al-Assad avertit l'Occident d'un risque de guerre régionale

Bachar al Assad.
Bachar al Assad prévient: "Le Moyen-Orient est un baril de poudre et le feu s'en approche aujourd'hui ". [ - Sana/Keystone]
Dans une interview au Figaro, le président syrien Bachar al-Assad défie "les États-Unis et la France d'avancer une seule preuve" des attaques chimiques de son armée et met en garde contre le risque d'une "guerre régionale" en cas d'action militaire occidentale.

Dans une interview lundi au quotidien français Le Figaro, le président syrien Bachar al-Assad met en garde la France et les Etats-Unis contre le risque d'une "guerre régionale" en cas d'action militaire occidentale, alors que Washington et Paris tentent de convaincre leurs opinions de la nécessité de frapper le régime syrien accusé d'avoir utilisé des armes chimiques. Il défie aussi les deux pays à fournir une "seule preuve" des attaques chimiques.

"Le Moyen-Orient est un baril de poudre"

"Je ne dis nullement que l'armée syrienne possède ou non de telles armes. Supposons que notre armée souhaite utiliser des armes de destruction massive: est-il possible qu'elle le fasse dans une zone où elle se trouve elle-même et où des soldats ont été blessés par ces armes comme l'ont constaté les inspecteurs des Nations unies en leur rendant visite à l'hôpital où ils sont soignés? Où est la logique?"

Et d'ajouter notamment: "Le Moyen-Orient est un baril de poudre et le feu s'en approche aujourd'hui (...) Tout le monde perdra le contrôle de la situation lorsque le baril de poudre explosera. Le chaos et l'extrémisme se répandront. Le risque d'une guerre régionale existe."

Le chef de l'Otan accuse

Plus tôt lundi, le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a déclaré être "personnellement convaincu" que le régime syrien était responsable des attaques chimiques du 21 août.

"Personnellement, je suis convaincu que non seulement une attaque chimique s'est produite (...) mais que le régime syrien en est responsable", a-t-il déclaré devant la presse. Il a indiqué avoir eu accès à des informations "concrètes" classifiées données par des pays membres de l'Otan.

Au cours d'une conférence de presse, il a répété qu'il ne faisait jamais aucun commentaire public sur de telles informations fournies à l'Otan par les services de renseignement des 28 pays membres, au premier rang desquels les Etats-Unis.

afp/olhor

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Publié le 02 septembre 2013 à 17:19 - Modifié le 03 septembre 2013 à 18:53

John Kerry devant le Sénat américain mardi

Des poids lourds de l'administration de Barack Obama participeront mardi à une audition au Sénat américain pour défendre une intervention militaire en Syrie, où le président américain, selon des sénateurs, semblait en outre prêt à renforcer l'aide aux rebelles.

Le secrétaire d'Etat John Kerry, le secrétaire à la Défense Chuck Hagel et le général Martin Dempsey, plus haut gradé américain, témoigneront devant la commission des Affaires étrangères mardi à 14H30 (18H30 GMT) lors d'une audition ouverte au public, a-t-on appris lundi. M. Kerry reviendra mercredi au Capitole pour une audition à la Chambre des représentants.

A l'issue d'une rencontre avec Barack Obama à la Maison Blanche lundi, les sénateurs républicains John McCain et Lindsey Graham ont qualifié de "catastrophique" un éventuel rejet par le Congrès de la résolution autorisant le recours à la force.

Le Portugal pour une intervention de l'ONU

Le Portugal souhaite qu'une éventuelle intervention militaire internationale en Syrie soit encadrée "dans la mesure du possible" par un mandat des Nations Unies, a indiqué lundi Rui Machete, chef de la diplomatie portugaise.

La France pour une action "ferme et proportionnée"

L'attaque chimique du 21 août près de Damas a été perpétrée par le régime de Bachar al Assad, assurent les services de renseignement français dans une note déclassifiée lundi.

Ils estiment que Damas pourrait à nouveau recourir à telles armes à l'avenir. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault plaide pour action "ferme et proportionnée".

Les renseignements français s'appuient sur plusieurs éléments pour lui imputer la responsabilité de cette attaque, selon un rapport présenté par le Premier ministre aux présidents de l'Assemblée et du Sénat, à ceux des commissions des Affaires étrangères et de la Défense des deux chambres, ainsi qu'aux présidents des groupes de la majorité et de l'opposition des deux chambres.

Ce bombardement "ne peut rester sans réponse", a déclaré le chef du gouvernement après la réunion. "La France est déterminée à sanctionner l'usage d'armes chimiques par le régime de Bachar al Assad", a précisé le Premier ministre. Toutefois, "il n'est pas question pour la France d'agir seule." Un débat - sans vote - aura lieu au Parlement mercredi.