Modifié le 29 juillet 2013 à 21:59

Le conducteur du train de Compostelle entendu dimanche par un juge

Accident de train espagne
La justice dispose des boîtes noires du train, qui pourraient expliquer les commandes passées les minutes précédant le déraillement. [MIGUEL RIOPA - ]
Le conducteur du train dont le déraillement mercredi à Saint-Jacques de Compostelle a fait 78 morts sera présenté dimanche devant un juge. Il est accusé d'"homicide par imprudence".

Le conducteur du train dont le déraillement mercredi à Saint-Jacques de Compostelle, dans le nord de l'Espagne, a fait 78 morts, doit être présenté dimanche à un juge, accusé d'"homicide par imprudence".

Légèrement blessé dans l'accident, le conducteur, âgé de 52 ans, est sorti de l'hôpital pour être transféré au commissariat, "arrêté pour des faits présumés d'homicide par imprudence", a annoncé samedi le ministre espagnol de l'Intérieur, Jorge Fernandez Diaz.

Entendu dimanche par le juge

Placé en garde à vue dès jeudi soir, il avait refusé vendredi de répondre aux questions des policiers. Il doit être entendu par un juge avant la fin de sa garde à vue dimanche soir.

Tandis que deux enquêtes, l'une judiciaire et l'autre administrative, ont été ouvertes pour tenter d'expliquer cette tragédie ferroviaire, la plus meurtrière en Espagne depuis 1944, les autorités mettaient en cause ce cheminot, qui travaille depuis trente ans à la compagnie publique des chemins de fer Renfe.

L'accident s'est produit mercredi à 20H42 (18H42 GMT) au moment où le train, en provenance de Madrid, abordait un virage très serré à quatre kilomètres de la gare de Saint-Jacques de Compostelle.

Au téléphone au moment du drame

Deux éléments jouent en la défaveur du conducteur: une retranscription d'une communication radio, révélée par le quotidien El Pais, dans laquelle il admet qu'il circulait à 190 km/h au lieu des 80 autorisés, et une vidéo de quelques secondes diffusée sur internet, semblant provenir d'une caméra de sécurité sur les voies et montrant un train qui surgit à toute vitesse à l'entrée du virage, puis sort des rails et se couche sur le côté.

Le journal El Mundo affirmait samedi, citant des sources proches de l'enquête, que le conducteur parlait au téléphone portable au moment du drame.

Lire aussi: Les CFF avaient évité de justesse un accident comme celui de Galice

afp/vtom

Publié le 27 juillet 2013 à 14:14 - Modifié le 29 juillet 2013 à 21:59

Recueillement sur les lieux du drame

Emus aux larmes, les habitants de Saint-Jacques de Compostelle et de toute la région de Galice, dans le nord-ouest de l'Espagne, se recueillaient samedi sur les lieux de la catastrophe ferroviaire.

Le défilé est constant depuis jeudi sur le petit pont qui surplombe les voies ferrées à l'entrée de la cité.

Vendredi, les premiers enterrements ont eu lieu et Saint-Jacques de Compostelle rendra hommage aux victimes pendant une cérémonie lundi soir dans la cathédrale, devant laquelle fleurs et bougies ont été déposées par des fidèles anonymes.

Victimes toutes identifiées

L'accident a fait 78 morts, qui avaient tous été identifiés samedi en fin de journée.

Les familles ont alors pu aller récupérer les bagages de leurs proches. Huit étrangers figurent parmi les morts, un Français, un Algérien, une Mexicaine, un Américain, un Brésilien, une Vénézuélienne, une Dominicaine et un Italien.

Sur les 178 blessés, 71 étaient toujours hospitalisés, dont 31 dans un état grave.