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Plan d'aide à Chypre validé par l'UE, mais à des conditions plus sévères

Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem (L), et le président de la BCE, Mario Draghi, en conférence de presse à Dublin le 12 avril 2013. [Aidan Crawley - Keystone]
Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem (L), et le président de la BCE, Mario Draghi, en conférence de presse à Dublin le 12 avril 2013. [Aidan Crawley - Keystone]
Réunis à Dublin vendredi, les ministres des Finances de la zone euro ont validé le plan d'aide à Chypre, tout en exigeant 6 milliards d'économies supplémentaires. Par ailleurs, les prêts attribués au Portugal et à l'Irlande ont été prolongés.

La zone euro a avalisé vendredi les modalités du plan de sauvetage pour Chypre. Nicosie va devoir faire des efforts beaucoup plus importants que prévu, alors que l'Europe ne veut pas aller au-delà d'une aide de 10 milliards d'euros (quelque 12,2 milliards de francs).

Après ce feu vert politique, plusieurs parlements nationaux doivent encore se prononcer, dont le Bundestag allemand, ce qui devrait être fait d'ici la fin avril. Chypre pourra ensuite recevoir un premier versement courant mai.

Six milliards de plus à trouver

Alors que la situation économique du pays s'est dégradée en quelques semaines, l'île devra payer un tribut plus important que prévu en échange du prêt de 10 milliards d'euros promis par ses bailleurs de fonds (Union européenne et FMI).

Chypre devra au final trouver 13 milliards d'euros, soit 6 milliards de plus que prévu initialement. L'essentiel de cette somme proviendra de la restructuration du secteur bancaire, qui comprend une ponction sur les créanciers, y compris les déposants au dessus de 100'000 euros.

Vers des "temps difficiles"

Cette mesure inédite rapportera 10,6 milliards d'euros, au lieu des 5,8 milliards annoncés au départ. Elle a suscité la controverse car c'est la première fois que certains déposants sont mis à contribution dans le cadre d'un plan de sauvetage de la zone euro.

Les autorités chypriotes doivent mettre en oeuvre des privatisations pour au moins un milliard d'euros. Il est également prévu des augmentations d'impôts pour 600 millions et la vente de réserves d'or excédentaires pour 400 millions. "Chypre va sans aucun doute connaître des temps difficiles", a reconnu  le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

agences/rber

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Extension des prêt à Dublin et à Lisbonne

Outre le dossier chypriote, les ministres des Finances de la zone euro ont décidé d'allonger de sept ans les prêts accordés au Portugal et l'Irlande, dans le cadre de leur programme d'aide respectif.

La décision a été prise malgré les incertitudes liées à la décision de la Cour constitutionnelle portugaise d'invalider plusieurs mesures d'austérité inscrites au budget 2013.

Cela va priver le gouvernement d'économies et compromet son engagement de ramener le déficit public à 5,5% d'ici fin 2013.

Mais au final, la zone euro s'est dite "rassurée par les autorités portugaises" sur le fait que les ajustements budgétaires demandés seraient effectués.

L'Irlande a reçu 85 milliards d'euros d'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international, et le Portugal 78 milliards. Les deux pays se sont engagés en échange à mettre en oeuvre d'importantes réformes structurelles.