Modifié le 03 avril 2013 à 20:28

L'aveu de Jérôme Cahuzac motivé par une enquête genevoise

Après avoir longtemps nié, Jérôme Cahuzac s'est vu obligé d'avouer l'existence de fonds non-déclarés à l'étranger.
Après avoir longtemps nié, Jérôme Cahuzac s'est vu obligé d'avouer l'existence de fonds non-déclarés à l'étranger. [Michel Euler - ]
Des perquisitions menées par la justice genevoise et ayant permis de prouver l'existence du compte de l'ancien ministre français ont poussé Jérôme Cahuzac à avouer détenir des fonds non déclarés, selon Le Temps.

Le Ministère public genevois a perquisitionné durant le mois de mars les banques Reyl & Cie et UBS à la recherche de comptes appartenant au ministre socialiste démissionnaire Jérôme Cahuzac. Une opération qui a provoqué les aveux de l'ancien ministre français des Finances ( L'ex-ministre français Jérôme Cahuzac avoue avoir un compte à l'étranger).

Jérôme Cahuzac a reconnu mardi avoir menti aux plus hautes autorités de l'Etat, éclaboussant François Hollande et déclenchant une tempête politique.

Coopération des banques

Selon l'édition de ce mercredi du Temps, l'abandon de la ligne de défense de l'homme politique - qui avait toujours nié détenir des fonds à l'étranger - aurait été décidé après que ses avocats ont eu accès aux résultats de l'enquête menée à Genève par le procureur Jean-Bernard Schmid, qui confirme avoir trouvé des informations: "Les banques ont coopéré (...) elles ont simplement répondu à nos demandes et nous avons trouvé ce que nous cherchions", a-t-il affirmé au quotidien.

"Dans la mesure où la législation suisse en matière d'entraide impose d'informer la personne visée, l'avocat de Jérôme Cahuzac avait accès au  dossier. Il a donc été informé de ce que nous avons trouvé et en a de toute évidence tiré les conséquences. Nous n'avons cependant transmis aucune information à ce jour aux autorités judiciaires françaises et nous n'avons pas non plus ouvert de procédure pénale en Suisse", a déclaré au Temps le procureur de Genève.

Accord pour le transfert des données

Jerôme Cahuzac a en outre accepté mercredi que la documentation saisie dans des établissements bancaires suisses soit transmise "en procédure simplifiée" aux autorités judiciaires françaises, a annoncé le parquet de Genève.

mre

Publié le 03 avril 2013 à 08:34 - Modifié le 03 avril 2013 à 20:28

Exclusion du Parti socialiste

"Cahuzac s'est exclu de fait du Parti socialiste, il n'en sera plus membre", a annoncé mercredi le responsable de ce parti au pouvoir, Harlem Désir, alors que l'ex-ministre, 60 ans, pouvait, selon le droit constitutionnel, redevenir député dans trois semaines.

Le gouvernement français se défend

François Hollande et Jean-Marc Ayrault n'étaient "pas au courant, bien entendu", a déclaré la porte-parole du gouvernement français, Najat Vallaud-Belkacem. "Nul n'est tenu à l'abri d'avoir un menteur dans sa propre famille", a-t-elle insisté au sujet de l'ex-ministre du Budget,

"Il n'y a eu aucune complaisance, aucune volonté d'entraver la justice", a renchéri le ministre de l'Economie Pierre Moscovici, qui avait l'autorité de tutelle sur Jérôme Cahuzac. "Le président de la République et moi-même avons fait ce qu'il convenait de faire", a-t-il ajouté

Le numéro deux du gouvernement, Laurent Fabius, a lui aussi assuré que l'exécutif n'était pas au courant de ce que cachait Jérôme Cahuzac.