Modifié

Nicolas Sarkozy aurait "menacé" le juge à l'issue d'une audience tendue

Nicolas Sarkozy "s'interroge" sur l'impartialité du juge d'instruction Jean-Michel Gentil. [Patrick Bernard - AFP]
Nicolas Sarkozy "s'interroge" sur l'impartialité du juge d'instruction Jean-Michel Gentil. [Patrick Bernard - AFP]
Après avoir dénoncé "une injustice", l'ancien président français Nicolas Sarkozy aurait tenu jeudi des propos que Jean-Michel Gentil, le juge bordelais chargé de son audience, a ressentis comme une menace.

Un incident a opposé jeudi le juge bordelais Jean-Michel Gentil et Nicolas Sarkozy, à l'issue de l'audition de l'ancien président, a indiqué samedi une source proche du dossier, confirmant des informations des quotidiens Le Parisien et Le Monde. Le juge venait d'inculper Nicolas Sarkozy.   

"L'atmosphère était très tendue en fin de confrontation", a confirmé à l'AFP cette source. Nicolas Sarkozy a tenu des propos que Jean-Michel Gentil a ressentis comme une menace et il a voulu les faire acter par sa greffière. Mais "Me (Thierry) Herzog, l'avocat de M. Sarkozy, s'y est opposé de façon forte", a ajouté cette source.   

"Ne vous inquiétez pas, je n'en resterai pas là"

Selon "Le Monde" et "Le Parisien" qui parlent de l'incident, Nicolas Sarkozy, qui venait d'être inculpé pour abus de faiblesse par Jean-Michel Gentil et ses collègues Cécile Ramonatxo et Valérie Noël, a d'abord dénoncé "une injustice".   

Puis, comme le juge lui disait que l'audition était terminée, il aurait ajouté, selon "Le Monde", "Ne vous inquiétez pas, je n'en resterai pas là", et selon "Le Parisien", "je ne crois pas, non. Ce n'est pas terminé".   

L'avocat de Nicolas Sarkozy, Me Herzog, n'était pas joignable samedi matin.   

En revanche celui de Jean-Michel Gentil, Me Rémi Barousse, a lui remarqué que "l'Etat de droit est le fondement de la démocratie, et que se faire ainsi vilipender, montrer du doigt, est le signe d'un Etat de droit pas encore complètement digéré et accepté, où l'ancien souverain semble quelque chose de sacré et d'intouchable".

Lire aussi: Mis en examen, Nicolas Sarkozy dénonce un traitement "scandaleux"

afp/jgal

Publié Modifié

Magistrats soutenus par le gouvernement

L'ancien chef d'Etat lui-même "a considéré que le traitement qui lui était infligé" par la justice "était scandaleux", a rapporté à la radio RTL son avocat Thierry Herzog, s'interrogeant sur l'impartialité du juge Gentil qui mène l'instruction à Bordeaux.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a jugé que ces attaques contre la justice n'étaient "pas dignes d'hommes et de femmes politiques républicains".

La ministre de la Justice, Christine Taubira, a défendu l'indépendance des magistrats, qu'elle a assurés de son "soutien".

Propos ironiques de l'avocat de Sarkozy

Le 23 novembre, au lendemain du placement sous le statut de témoin assisté de M. Sarkozy, les trois juges avaient fait publier un communiqué de mise au point après les propos ironiques de Me Herzog sur une possible confusion qu'ils auraient faite entre l'héritière de l'Oreal Liliane Bettencourt et l'ex-otage colombienne des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Ingrid Betancourt.

Vendredi, Me Herzog a, dans la même veine, demandé au parquet de Bordeaux de publier des extraits des confrontations de la veille entre l'ancien président et les membres du personnel de la maison Bettencourt, de nature selon lui à disculper Nicolas Sarkozy. Le parquet n'a lui pas encore répondu.