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Des cas de maltraitance incitent des commerces à retirer la viande de cheval

Dans les supermarchés de Suisse, la viande de cheval, de lapin ou d'agneau est presque toujours d'origine étrangère. [Pavel Losevsky  - Fotolia]
Dans les supermarchés de Suisse, la viande de cheval, de lapin ou d'agneau est presque toujours d'origine étrangère. [Pavel Losevsky - Fotolia]
Suite à une enquête menée par l'association de protection des animaux de Zurich dévoilant des mauvais traitements infligés aux chevaux, certains magasins suisses ont retiré la viande de cheval de leurs rayons.

Les détaillants suisses réagissent aux mauvais traitements subis par les chevaux destinés à l'abattage, notamment aux Etats-Unis et au Canada: ils ont retiré tous les produits contenant de la viande de cheval de leurs assortiments. Seule la Migros conserve la viande en provenance du Canada.

L'Office vétérinaire fédéral (OVF) examine l'origine des images d'un reportage diffusé mardi soir par l'émission "Kassensturz" de la télévision alémanique et cherche à contacter les importateurs.

Enquête révélatrice

Selon des recherches menées par l'association de protection des animaux de Zurich, la viande vendue en Suisse est importée des Etats-Unis, du Canada, du Mexique et d'Argentine. Or, les chevaux sont traités dans des conditions "épouvantables" avant d'être abattus.

Les détaillants suisses ont pris connaissance de ces faits déjà la semaine passée avant de réagir: Coop, Volg, Spar, Denner, Aldi et Lidl ont décidé de retirer certains produits à base de viande de cheval, tels que les steaks ou les "Mostbröckli".

Aucune viande de cheval en provenance des pays incriminés ne sera vendue, tant que ces allégations n'auront pas été clarifiées, ont indiqué mercredi les responsables médias.

Coop "choquée"

La Coop a retiré les produits de charcuterie, a précisé Ramón Gander, porte-parole du distributeur. Les révélations de l'association de protection des animaux a "choqué" Coop qui se sent concernée.

Selon Ramón Gander, la viande froide provient en revanche invariablement de France et de Pologne et continuera donc à être vendue.

Migros "étonnée"

L'association critique également la Migros. Le géant orange achète de la viande de cheval des abattoirs Bouvry, accusés de maltraiter leurs animaux. La Migros est "étonnée" que ces derniers soient montrés dans le reportage de "Kassensturz", a réagi la porte-parole Monika Weibel. De tels traitement sont "inacceptables", a-t-elle ajouté.

Malgré cela, la Migros continue de collaborer avec Bouvry et vendre sa viande. En effet, elle a signé un cahier des charges avec le fournisseur, Skin Packing SA, a argumenté Monika Weibel. Il englobe l'élevage, l'engraissement et le transport. Tout était en ordre lors des derniers contrôles en juillet 2012, a-t-elle affirmé.

Le distributeur compte vérifier le cahier des charges et l'étoffer le cas échéant. De nouveaux contrôles indépendants et imprévus sont également envisagés afin que ce type de situation ne puisse plus se reproduire. Selon Monika Weibel, de tels manquements ne sont pas tolérables.

ats/aduc

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Les vétérinaires suisses proposent de nouvelles solutions

Pour lutter contre des cas de tromperie comme celui de la viande de cheval, la Société des vétérinaires suisses (SVS) demande notamment la mise en place d'une coordination des contrôles le long de la chaîne de production de l'étable à la table, en particulier à l'échelon international.

Pour la SVS, il est nécessaire d'instaurer un contrôle vétérinaire obligatoire avant et après l'abattage car les certificats, prescriptions relatives à la déclaration et autres notifications aux banques de données ne suffisent pas.

La viande et les produits carnés doivent également être vérifiés au moyen de contrôles par échantillonnage tout au long de la chaîne de production, insistent les vétérinaires.

Lorsque la viande est importée, il est nécessaire de coordonner les contrôles à l'échelle internationale et de vérifier de manière détaillée les prescriptions correspondantes relatives à la déclaration.

Le scandale de la viande de cheval s'étend

Les autorités slovènes ont découvert pour la première fois de la viande de cheval non déclarée dans des lasagnes à la bolognaise, suite à des tests ADN, produites par une entreprise luxembourgeoise et vendues par la chaîne de distribution autrichienne Interspar. Ces dernières ont été retirée du marché.

La chaîne de télévision privée slovène POP TV news a annoncé que les lasagnes en question étaient produites par l'entreprise luxembourgeoise Trada et importées en Slovénie par la société croate Ledo.

De même, les autorités sanitaires tchèques ont annoncé mercredi avoir découvert de la viande de cheval non déclarée dans des lasagnes surgelées, produites par la société Nowaco au Luxembourg.

Enfin, ce scandale s'est étendu mercredi à l'Asie avec le retrait à Hong Kong de la vente de lasagnes de la marque importée Findus, alors que l'enquête se poursuit en France dans la société au centre de l'affaire.