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Les dirigeants commémorent la Journée de l'Holocauste

Des commémorations ont eu lieu un peu partout en Europe, comme dans le camp de concentration allemand d'Oranienburg. [Patrick Pleul - EPA]
Des commémorations ont eu lieu un peu partout en Europe, comme dans le camp de concentration allemand d'Oranienburg. [Patrick Pleul - EPA]
Alors que le monde se souvenait dimanche des victimes de l'Holocauste, plusieurs déclarations ont fait grincer des dents, notamment celles du conseiller fédéral Ueli Maurer, qui a mis en avant le rôle de refuge de la Suisse.

La journée mondiale de commémoration de l'Holocauste a donné lieu dimanche à de nombreuses déclarations et événements. Les propos d'Ueli Maurer,  qui a insisté sur le rôle de "refuge" de la Suisse, ont notamment suscité la controverse, alors même que des documents révélés dimanche tendent à prouver le contraire (lire: Le Conseil fédéral était informé des crimes nazis depuis 1942).

Le président de la Confédération a décrit la Suisse comme "un pays de liberté régi par le droit grâce à l'engagement d'une génération entière de femmes et d'hommes courageux". En maintenant son indépendance, elle est devenue "un refuge pour de nombreuses personnes menacées et traquées", a-t-il ajouté.

En Italie, Silvio Berlusconi a pour sa part provoqué une vague de protestation en minimisant la collaboration de Benito Mussolini. "Les lois raciales représentent la pire faute d'un leader, Mussolini, qui en revanche a fait de bonnes choses dans tant d'autres domaines", a affirmé l'ex-chef de gouvernement, s'attirant les foudres de la communauté juive italienne et des partis de gauche (lire: Silvio Berlusconi cause un tollé en Italie avec ses propos sur Mussolini).

Le pape appelle à dépasser "toute forme de racisme et de haine"

Le souvenir de l'Holocauste "doit représenter pour tous un avertissement constant afin que les horreurs du passé ne se répètent pas", a de son côté affirmé Benoît XVI. Il a souhaité que "l'on dépasse toute forme de racisme et de haine" et que "le respect et la dignité de la personne humaine soient encouragés".

Quant au président des Etats-Unis, Barack Obama, il a promis d'agir contre tout dictateur responsable de crimes contre l'humanité et a rendu hommage, dans un communiqué, à la "mémoire des six millions de Juifs et des millions d'autres victimes innocentes qui ont tragiquement perdu la vie il y a plus de 60 ans". "Ceux qui ont connu les horreurs des wagons à bestiaux, des ghettos et des camps de concentration ont vu l'humanité sous son pire visage", a dénoncé le président américain.

ats/ptur

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Une banque de données recense les oeuvres d'art volées par les nazis

Entre autres événements culturels ayant marqué cette commémoration de l'Holocauste, deux importantes banques de données sur les oeuvres d'art appartenant à des juifs et volées par les nazis ont été mises en ligne.

A l'initiative du Getty Research Institute à Los Angeles, il est maintenant possible, en un clic sur Internet, d'obtenir des informations sur la provenance de tableaux litigieux, que ce soit des oeuvres de Lucas Cranach, d'Edward Munch ou de Gustav Klimt.

Dans le même esprit, le Fonds national autrichien (Nationalfonds der Republik Österreich), en charge depuis 2001 de l'indemnisation de familles juives victimes de l'holocauste, a mis en ligne les archives publiques sur "l'aryanisation" des biens juifs, les restitutions et dédommagements de l'après-guerre.