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Une affaire de salaires occultes secoue le parti au pouvoir en Espagne

Des centaines d'Espagnols ont dénoncé vendredi à Madrid "la corruption" de leaders du Parti populaire au pouvoir, dont le Premier ministre Mariano Rajoy (au centre de la pancarte). [Andres Kudacki - Keystone]
Des centaines d'Espagnols ont dénoncé vendredi à Madrid "la corruption" de leaders du Parti populaire au pouvoir, dont le Premier ministre Mariano Rajoy (au centre de la pancarte). [Andres Kudacki - Keystone]
Les affaires concernant le train de vie de membres du Parti populaire (PP, droite) au pouvoir en Espagne se succèdent. Dernière en date: des cas de salaires non déclarés suscitent l'ire des citoyens.

Aux cris de "Ce président est un délinquant", "Démission", des centaines de personnes ont manifesté vendredi soir à Madrid contre la corruption et exigé la démission du président du gouvernement, Mariano Rajoy, après qu'a éclaté une nouvelle affaire de corruption.

Des responsables du Parti populaire (PP, droite) auraient ainsi reçu des salaires non déclarés,provenant notamment d'entreprises privées, selon le quotidien El Mundo. Des allégations qu'a niées "catégoriquement" la numéro deux du PP, au pouvoir à Madrid et dans la plupart des puissantes régions espagnoles, Maria Dolores de Cospedaldes. Elle a ajouté ne pas être "au courant que cela ce soit produit avant" sa nomination à ce poste en 2008 par Mariano Rajoy.

"Bombe atomique"

Citant "cinq sources fiables issues des directions successives du parti", El Mundo affirme que l'ancien gérant puis trésorier du PP a distribué pendant deux décennies des enveloppes contenant entre 5000 et 15'000 euros à des dirigeants, en complément de leurs salaires officiels. L'ancien gérant est par ailleurs mis en cause dans une affaire qui avait éclaboussé en 2009 la droite espagnole.

"Rajoy, qui, selon des sources du PP n'a jamais touché ces compléments de salaire, avait ordonné au gérant en question de mettre fin à cette pratique en 2009", poursuit le quotidien de centre-droit, qui qualifie cette affaire de "bombe atomique" pour le parti. "L'argent provenait de commissions perçues auprès d'entreprises de construction, de sociétés d'assurances et de donations anonymes", explique le journal. Les bénéficiaires étaient des "secrétaires exécutifs, des élus et autres membres de l'appareil".

agences/gax

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22 millions d'euros en Suisse?

La publication de l'information concernant d'éventuels salaires non déclarés versés à des membres du Parti populaire intervient après l'annonce mercredi par la presse espagnole, citant une enquête judiciaire, que le trésorier du parti avait eu, "avec d'autres personnes", jusqu'en 2009 un compte en Suisse doté de 22 millions d'euros.

Le président de Madrid et Marbella

Une troisième affaire suscite l'ire des Espagnols: une enquête de la justice a révélé les conditions d'acquisition d'un duplex de luxe mis à la disposition du président de droite de la région de Madrid, Ignacio Gonzalez, dans la station balnéaire de Marbella.

Mariano Rajoy s'engage à sévir

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a assuré samedi qu'il n'hésiterait pas à sévir si des membres de son Parti populaire (PP), confronté à un nouveau scandale de corruption, s'avéraient coupables de malversations.

"Malheureusement, aujourd'hui notre parti est l'objet de controverses. Je vous demande à tous d'être calmes. Le Parti populaire a toujours agi avec transparence et rigueur lorsqu'il a été mis en cause", a déclaré Mariano Rajoy au cours d'un rassemblement du PP à Almeria, au lendemain d'une manifestation de protestation contre la corruption à Madrid.