Modifié le 07 janvier 2013 à 13:54

Le président syrien Bachar al-Assad appelle au "dialogue national"

Bachar al-Assad se montre déterminé face à la rébellion.
Bachar al-Assad s'est exprimé pour la première fois publiquement depuis 7 mois. [Yuri Kad Obnov - ]
Dans sa première allocution en sept mois, le président syrien Bachar al-Assad a proposé dimanche un plan "politique" impliquant son maintien au pouvoir, une solution aussitôt rejetée par l'opposition.

Lors d'un discours savamment mis en scène pour la première fois publiquement depuis sept mois, le président syrien Bachar al-Assad s'est encore montré inflexible, proposant une solution en plusieurs points qu'il entend mener sous son gouvernement.

Il a affirmé que le conflit qui a fait, selon l'ONU, plus de 60'000 morts, n'opposait pas le pouvoir et l'opposition mais "la patrie et ses ennemis" qui souhaitent la partition de la Syrie.

Le président a en outre appelé à un "dialogue national", pour lequel il a affirmé ne pas avoir trouvé de "partenaire", faisant allusion à l'opposition qui refuse d'entamer toute négociation avant un départ du chef d'Etat contesté depuis près de deux ans.

Ses conditions

Mais ce dialogue, a-t-il précisé, ne s'ouvrira qu'à plusieurs conditions. "Les pays impliqués doivent s'engager à arrêter de financer l'armement et les hommes amés doivent arrêter les opérations terroristes, nos forces cesseront ensuite immédiatement les opérations militaires, tout en conservant le droit de répliquer", a-t-il affirmé dans son discours retransmis par la télévision officielle .

Bachar al-Assad a également rejeté tout dialogue "avec des gangs qui prennent leurs ordres de l'étranger". "Nous dialoguons avec les maîtres, pas avec les esclaves", a lancé le président syrien, qui affirme depuis le début de la révolte en mars 2011 combattre des "terroristes" appuyés par l'étranger.

Dans ces conditions seulement s'ouvrira "une conférence de dialogue national, auquel participeront toutes les parties", a-t-il poursuivi. Toute transition doit "se faire selon les termes de la Constitution", a-t-il insisté, en faisant référence à des élections.

Une solution rejetée par l'opposition

Mais l'opposition a aussitôt rejeté ce plan, dont aucune échéance n'est précisée, accusant le chef d'Etat de vouloir choisir ses interlocuteurs et de chercher à se maintenir au pouvoir.

Le porte-parole de la Coalition de l'opposition, Walid al-Bounni, a affirmé que l'opposition souhaitait "une solution politique, mais l'objectif pour les Syriens est de sortir (Baschar-al-Assad) et ils ont déjà perdu pour cela plus de 60'000 martyrs (...) ils n'ont pas fait tous ces sacrifices pour permettre le maintien du régime tyrannique".

afp/aduc

Publié le 06 janvier 2013 à 13:09 - Modifié le 07 janvier 2013 à 13:54

M.Morsi soutient l'idée de traduire al-Assad en justice

Le président égyptien Mohamed Morsi a déclaré dimanche sur CNN qu'il soutenait l'appel du peuple syrien pour faire juger le président Bachar al-Assad pour crimes de guerre.

Il estime que le régime au pouvoir à Damas va tomber au cours de la guerre civile meurtrière qui ravage le pays.

"Le peuple syrien, grâce à sa révolution et l'élan qu'elle a engendré, atteindra, lorsque le bain de sang aura cessé, une nouvelle étape, au cours de laquelle il aura un parlement indépendant et le gouvernement de son choix", a dit Mohamed Morsi, selon des extraits d'une interview fournis par la chaîne de télévision américaine.

"Les Syriens décideront alors de ce qu'ils veulent faire contre ceux qui auront commis des crimes contre eux. C'est au peuple syrien de décider", a-t-il ajouté.

Bachar al-Assad sous les applaudissements

Le président syrien s'exprimait sur la scène de la Maison de la culture et des arts dans le centre de Damas, où il est arrivé sous les applaudissements nourris de centaines de personnes qui ont scandé "Par notre âme et par notre sang, nous nous sacrifierons pour toi".

Il a parlé pendant une petite heure, tandis qu'un immense drapeau syrien composé d'une multitude de visages s'affichait derrière lui. Lorsqu'il a salué le public avant de partir, des dizaines de partisans se sont précipités pour tenter de le toucher.

Bachar al-Assad avait prononcé son dernier discours public le 3 juin devant le Parlement, et s'était depuis exprimé dans des médias turc puis russe, martelant à chaque fois que son pays faisait face "à une véritable guerre menée de l'étranger" et se posant comme un rempart contre le "terrorisme".

Son discours intervient alors que le ballet diplomatique semble s'intensifier depuis quelques semaines.

Nombreuses réactions

Première capitale à réagir, Londres a estimé que le discours de Bachar al-Assad allait "au-delà de l'hypocrisie". Le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a estimé sur Twitter que les "vaines promesses de réformes" de Bachar al-Assad "ne trompent personne".

Plus tôt, le Premier ministre britannique David Cameron avait lui appelé le président syrien à quitter ses fonctions: "'Partez': voilà mon message à Assad".

Washington a de son côté jugé le plan de Bachar al-Assad "déconnecté de la réalité", appelant à la démission du président syrien.

A Bruxelles, la porte-parole de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a également appelé le président syrien à se retirer pour "permettre une transition politique".

Berlin a regretté que son discours n'exprime "aucune nouvelle prise de conscience", dénonçant un "ton martial".

A Ankara, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a lui aussi évoqué une répétition de promesses vides.