Modifié le 26 décembre 2012 à 09:22

Le plan de sortie de crise de l'émissaire de l'ONU en Syrie n'a pas été validé

Lakhdar Brahimi avec le président syrien Bachar al-Assad, ce lundi 24 décembre.
Lakhdar Brahimi a rencontré le président syrien Bachar al-Assad lundi 24 décembre. [SANA / AP Photo / Keystone]
Lakhdar Brahimi est à Damas jusqu'à dimanche pour tenter de trouver une issue au conflit qui ensanglante la Syrie, mais il n'a reçu à ce jour ni l'assentiment de Bachar el-Assad, ni celui des principaux groupes d'opposition.

L'émissaire Lakhdar Brahimi, qui doit rester jusqu'à dimanche à Damas, n'a pour le moment pas obtenu l'assentiment de Bachar al-Assad ni celui des principaux groupes de l'opposition à un plan international de sortie de crise.

Selon des diplomates à l'ONU, il n'y a aucun signe d'une volonté de négocier de la part du président syrien rencontré lundi par Lakhdar Brahimi. L'un d'entre eux note: "Bachar al-Assad semble avoir à nouveau fait obstruction à Brahimi, le Conseil de sécurité est loin de lui montrer le soutien nécessaire et les rebelles, maintenant, ne vont plus faire de compromis".

"Fuites" sur la constitution d'un gouvernement de transition

Des informations publiées par Le Figaro ont fait état d'un accord entre Russes et Américains sur la constitution d'un gouvernement de transition ayant tous les pouvoirs et assurant le maintien du président Assad jusqu'au terme de son mandat en 2014, avec l'impossibilité pour lui de se représenter.

Ces "fuites" ont suscité la colère des Comités locaux de coordination (LCC) qui se battent sur le terrain, lesquels ont affirmé qu'"ils rejettent toute initiative qui forcerait les Syriens à choisir entre un compromis injuste ou la poursuite des crimes par le régime". Ils insistent sur le fait qu'"Assad et tous les responsables politiques, militaires et sécuritaires doivent quitter le pouvoir".

Le Conseil de sécurité "responsable"

Les Frères musulmans, une force prépondérante dans l'opposition, vont dans le même sens, évoquant un "complot" contre le pays. "Nous tenons pour responsables le Conseil de sécurité (de l'ONU) et toutes les organisations internationales pour les crimes contre l'humanité commis par Bachar al-Assad et ses gangs", ajoutent-ils dans un communiqué, rejetant "les rapports internationaux présentant la révolution sous les couleurs du confessionnalisme".

Lakhdar Brahimi avait espéré lundi que "toutes les parties se prononcent pour une solution à laquelle aspire l'ensemble du peuple syrien". Seule l'opposition tolérée par le régime a fait preuve d'optimisme. "La seule issue est un gouvernement transitoire, disposant de tous les pouvoirs, qui conduira le pays à bon port (...) La solution politique est la seule issue et cela passe par la constitution d'un nouveau régime démocratique à la place du régime actuel", a indiqué le chef de l'organisation, Raja al-Nasser.

afp/ptur

Publié le 25 décembre 2012 à 23:03 - Modifié le 26 décembre 2012 à 09:22

Les combats se poursuivent dans la périphérie de Damas

Sur le terrain, des combats se déroulaient mardi au sud-ouest de la capitale et un raid aérien a été mené près de Douma (banlieue nord). A Alep (nord), l'aviation a aussi effectué un raid contre une école à Tariq al-Bab où se trouvaient des rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui a également fait état de combats.

Dans la province d'Idleb (nord-ouest), les insurgés se sont emparés du village de Harem. Les violences ont causé la mort mardi de 113 personnes dont 45 civils, 41 soldats et 27 rebelles, selon l'OSDH. En outre, les corps de 13 hommes ont été découverts dans la région de Damas entre Daraya et Mouadamiya al-Cham. Selon les militants, ils sont été tués par les forces du régime.