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Les pays africains exigent des rebelles de RDC qu'ils quittent Goma

Les rebelles du M23 sont sommés de quitter la ville du M23, conquise mardi dernier. [Dai Kurokawa - Keystone]
Les rebelles du M23 sont sommés de quitter la ville du M23, conquise mardi dernier. [Dai Kurokawa - Keystone]
Réunis pour discuter du conflit en République démocratique du Congo (RDC), les chefs d'Etat africains ont demandé samedi à la rébellion de se retirer de Goma "d'ici 48 heures". Le président des M23 et le président Kabila auront un entretien dimanche.

Plusieurs dirigeants africains de la région des Grands Lacs se sont réunis samedi à Kampala (Ouganda) en sommet extraordinaire pour mettre un terme au conflit dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Dans leur déclaration finale, ils ont demandé à la rébellion (M23) de se retirer de Goma "d'ici 48 heures".

Les rebelles devront reculer d'au moins 20 kilomètres au nord de Goma, pour retrouver les positions qu'ils tenaient avant de lancer leur attaque sur la ville. La force des Nations unies en RDC (Monusco, 17'000 hommes) sera chargée de "sécuriser une zone neutre entre Goma et les nouvelles zones occupées par le M23.

Par ailleurs, le Mouvement du 23 mars (M23) devra arrêter de "déclarer qu'il faut renverser le gouvernement élu" en RDC.

En échange de ces conditions, le gouvernement congolais serait prêt à "écouter, évaluer et prendre en compte les revendications légitimes" des rebelles, ont-ils indiqué.

Rencontre directe

En soirée, le président du mouvement rebelle a déclaré avoir rencontré en marge du sommet le président de la RDC Joseph Kabila, condition "préalable" à tout retrait du M23. Une rencontre entre eux est prévue dimanche.

A la question de savoir s'il était satisfait de cette rencontre de la Conférence internationale sur les Grands Lacs, le chef de l'Etat a simplement répondu qu'il serait satisfait "quand la paix reviendrait" dans l'est de son pays.

afp/bri

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Les revendications du M23

Le Mouvement du 23 mars (M23) combat l'armée depuis le printemps.

Ces rebelles évoquent "des problèmes et des revendications spécifiques au M23", mais aussi "le problème de la démocratie en RDC" ou encore "des problèmes sociaux".

Depuis une vingtaine d'année, la région du Kivu (est de la RDC) est le théâtre de conflits quasiment ininterrompus en raison de ses ressources minières et agricoles que convoitent les rebelles et les pays voisins (Ouganda, Rwanda et Burundi).

Le président rwandais absent du sommet

Le président rwandais, Paul Kagame, n'avait pas fait le déplacement dans la capitale ougandaise pour ce sommet. Il y était représenté par sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo.

Des experts de l'ONU ont accusé le Rwanda d'avoir apporté "un soutien militaire direct aux rebelles du M23, en aidant à leur recrutement, en encourageant et en facilitant les désertions des forces armées de la RDC, ainsi qu'en fournissant des armes et des munitions, du renseignement et des conseils politiques".

La ville de Goma, dans le Nord-Kivu