Modifié le 23 novembre 2012 à 09:20

Après Goma, les rebelles congolais contrôlent la ville de Sake

Des rebelles du M23 dans la région du Nord-Kivu.
Les rebelles congolais du M23 souhaitent renverser le président Joseph Kabila. [James Akena - ]
Après Goma, c'est la ville de Sake qui est tombée mercredi aux mains des rebelles en République démocratique du Congo. Les populations locales fuient à mesure des incursions du M23.

Des combats se déroulaient jeudi autour de la localité de Sake prise mercredi par les rebelles du M23 et située à une vingtaine de km à l'ouest de Goma, la capitale du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, a constaté un photographe de l'AFP. Des explosions d'obus de mortiers étaient entendues et des panaches de fumée montaient à proximité de la ville.

Des tirs d'armes automatiques avaient été aussi entendus peu avant les tirs de mortiers. Il n'était pas possible de savoir si ces combats opposaient les rebelles du M23 à l'armée congolaise ou bien à une milice locale présente dans cette zone.

Des milliers de personnes fuyaient à pied la localité, portant notamment des matelas sur la tête, sur la route en direction de Goma, a constaté le photogaphe de l'AFP. Après avoir pris mardi Goma, qu'ils occupent depuis, les rebelles avaient poursuivi leur offensive pour faire tomber Sake mercredi après-midi. Une partie des troupes de l'armée congolaise, après avoir fui Goma, s'était rassemblée à Sake puis à Minova, plus au sud.

Encore loin de la capitale

Alors que le M23 a déclaré vouloir renverser le président congolais Joseph Kabila, ses hommes ne se trouvaient pour le moment qu'à 1'600km de la capitale, Kinshasa. La densité de la jungle et le peu de routes bitumées ralentissent leur avancée.

Au même moment, des centaines de soldats de la RDC, qui ont battu en retraite de la ville de Goma plusieurs jours auparavant, se terraient à Minova, une ville située sur la route entre Goma et Bukavu. "Nous attendons les ordres, mais ils ne sont toujours pas arrivés. Nous avons faim, et cela fait cinq jours que que nous dormons dans la brousse, sous la pluie", a raconté un soldat congolais.

afp/ap/moha

Publié le 22 novembre 2012 à 14:52 - Modifié le 23 novembre 2012 à 09:20

Fuite de 100'000 habitants dans l'Est du pays

Les rebelles du M23, qui ambitionnent de prendre le contrôle de toute la République démocratique du Congo (RDC), avançaient jeudi vers la ville stratégique de Bukavu, dans l'est, provoquant la fuite de 100'000 personnes.

Plus de la moitié sont des enfants, d'après l'UNICEF, l'agence des Nations Unies pour l'enfance.

Si le M23 parvient à s'emparer de la ville de Bukavu, cela marquerait le plus grand gain de territoire par les rebelles depuis près de dix ans.

Joseph Kabila prié de partir

Le président Joseph Kabila "doit partir car il est le principal responsable des malheurs" qui touchent la République démocratique du Congo (RDC), a affirmé jeudi matin M. Bruno Mavungu, secrétaire général de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, opposition).

Le responsable du principal parti d'opposition a lancé jeudi matin dans une conférence de presse un appel à la population afin de mettre "hors d'état de nuire les putschistes aux ordres de Kabila qui veut s'imposer par la force des armes et voudrait gouverner par défi".

Deux observateurs suisses attaqués

Deux officiers suisses de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (RDC) ont été attaqués par des hommes armés. Ils n'ont pas été blessés.

L'incident est survenu la semaine dernière, ont confirmé jeudi les autorités suisses.

Après leur agression par quatre combattants à leur domicile de Goma, à l'est de la RDC, les deux soldats ont été conduits en lieu sûr à Kinshasa.

Le centre Swissint attaché au Département de la défense n'a, selon Hans-Jörg Ruh, pas donné d'information plus tôt sur cette agression afin de ne pas mettre les officiers concernés en danger.

Une douzaine de Suisses, la plupart officiers, sont actuellement engagés dans la Monusco en RDC.