Modifié le 12 novembre 2012 à 21:50

Des blocs opératoires fermés en raison de la grève des médecins en France

Des internes des hôpitaux avaient déjà manifesté le 17 octobre dernier à propos des dépassements d'honoraires.
Des internes des hôpitaux avaient déjà manifesté le 17 octobre dernier à propos des dépassements d'honoraires. [ - ]
De nombreux blocs opératoires sont restés fermés lundi en France en raison de la grève de médecins, dans le privé comme dans le public, qui manifestent contre une détérioration de leurs conditions salariales ou de travail.

Les chirurgiens des cliniques et internes des hôpitaux publics français ont entamé une grève illimitée lundi, entraînant la fermeture de nombreux blocs opératoires.

Les chirurgiens libéraux protestent contre un accord encadrant les dépassements d'honoraires tandis que, dans le public, le mouvement porte sur les conditions de travail et la liberté d'installation des futurs médecins.

Les internes protestent contre le non-respect du repos de sécurité à l'hôpital (11h après une garde de 24 heures) et l'impossibilité qu'ils ont de peser sur les négociations de la convention médicale. Ils craignent une remise en cause de la liberté d'installation dans le cadre de la lutte contre les déserts médicaux.

Au total, une trentaine de syndicats et organisations professionnelles ont appelé à la grève, une initiative peu fréquente dans ce secteur. Selon des sources syndicales, la grève des chirurgiens libéraux touchait lundi 70% des cliniques privées, où les interventions chirurgicales ont le plus souvent été déprogrammées et repoussées.

Manifestation à Paris

Pour les urgences, les patients sont dirigés vers les hôpitaux. A l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP, 37 établissements), on indiquait que "certains services ont prévu de déprogrammer des activités, notamment des interventions chirurgicales" mais que les urgences seront assurées au besoin par la réquisition de médecins.

A Paris, entre 1700 et 5000 internes, selon les chiffres respectifs du ministère et des organisateurs, rejoints par quelques médecins libéraux, ont manifesté jusqu'au ministère de la Santé, scandant des slogans hostiles à la ministre Marisol Touraine.

Après la manifestation, une délégation a été reçue au ministère mais les représentants des internes sont sortis "déçus" de la rencontre, appelant pour certains à "durcir le mouvement". Etre interne, c'est "1500 euros par mois, bac +6 et 70 heures par semaine", a affirmé Mikaël Agopiantz du syndicat Isnih.

afp/olhor

Publié le 12 novembre 2012 à 21:40 - Modifié le 12 novembre 2012 à 21:50

La ministre de la Santé rassure

La ministre de la Santé s'est engagée lundi auprès des représentants des internes et des chefs de cliniques à ce que "la liberté de choix" des praticiens par les patients ne soit pas remise en cause par la proposition de loi sur les réseaux de soins des mutuelles, précise-t-elle dans un communiqué.

Marisol Touraine, qui cherche à désamorcer le mécontentement des internes et des chefs de cliniques, a reçu les représentants de l'Inter-syndicat national des internes des hôpitaux (ISNIH) dans la journée, le syndicat ayant appelé à une grève illimitée et organisé à Paris une manifestation dans l'après-midi.

Marisol Touraine s'engage aussi "à déposer lors de la discussion parlementaire un amendement garantissant pleinement la liberté de choix pour les patients". Les hôpitaux qui ne respectent pas le repos de sécurité "seront sanctionnés".

La ministre promet par ailleurs de "faire respecter le temps du repos de sécurité" entre deux gardes, et de "sanctionner" les hôpitaux ou cliniques "ne respectant pas les obligations statutaires". Un groupe de travail piloté par le ministère sera réuni "toutes les deux semaines" et devra apporter avant le 31 janvier "des propositions concernant le respect des règles de travail".

Enfin, elle réaffirme qu'il n'est pas question de remettre en cause "la liberté d'installation".