Modifié le 20 octobre 2012 à 22:11

Manifestations et accusations après l'attentat meurtrier à Beyrouth

Des manifestants ont bloqué des rues et des autoroutes à Beyrouth.
Des manifestants ont bloqué des rues et des autoroutes à Beyrouth. [AP Photo/Ahmad Omar - ]
Des manifestations ont éclaté samedi au Liban au lendemain de l'attentat qui a visé le chef des renseignements de la police à Beyrouth. L'opposition dénonce la responsabilité de Damas, alors que l'Iran, qui soutient le président syrien, accuse Israël.

Le Liban était sous le choc samedi au lendemain de l'assassinat du chef des renseignements de la police libanaise, attribué par l'opposition au régime syrien et qui fait craindre de replonger le pays dans la tourmente. Le Liban a déclaré samedi jour de deuil national.

Des manifestants en colère ont bloqué des routes pour protester contre l'attentat qui a aussi coûté la vie à sept autres personnes. Les manifestants ont coupé des routes surtout dans des quartiers sunnites, à Beyrouth, dans la ville de Sidon au sud, dans la ville de Tripoli au nord, et dans plusieurs villes de la vallée de la Bekaa à l'est. L'autoroute reliant le centre de Beyrouth à l'aéroport international a été bloquée, comme l'autoroute qui relie la capitale libanaise à la Syrie.

Fortes inquiétudes

La presse libanaise était unanime samedi pour dire que le pays devait s'attendre au "pire" après l'attentat. Le général Wissam al-Hassan, tué vendredi dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth, était le "fer de lance contre le régime syrien" écrit le quotidien An-Nahar, en raison de son rôle d'enquêteur dans de nombreux attentats qui ont secoué le Liban depuis 2005 et dans lequel Damas a été pointé du doigt.

"La paix civile en danger" titrait pour sa part as-Safir, qualifiant le général assassiné d'"artisan de la sécurité". "Demain ne sera pas comme hier. L'assassinat de Wissam al-Hassan ne sera pas un fait passager. Il transporte le Liban d'une période où il attendait le pire à une période où il vit le pire des dangers", renchérit le quotidien.

Le conseil des ministres libanais a tenu une "réunion urgente" samedi en présence des différents services de sécurité, au lendemain de l'appel de l'opposition à la démission du gouvernement, où le Hezbollah chiite, allié de Damas joue un rôle prédominant.

Le Premier ministre libanais Najib Mikati, dont l'opposition a réclamé la démission, a toutefois annoncé samedi qu'il restait à son poste à la demande du chef de l'Etat et dans "l'intérêt national" du pays.

agences/cab

Publié le 20 octobre 2012 à 11:05 - Modifié le 20 octobre 2012 à 22:11

Accusations mutuelles

L'ex-Premier ministre et chef de l'opposition libanaise Saad Hariri a accusé nommément le président syrien Bachar al-Assad d'être derrière l'attentat perpétré vendredi.

Le chef des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI) assassiné était un musulman sunnite proche de Saad Hariri.

Damas a été déjà pointé du doigt dans une série d'attentats et d'assassinats qui avaient visé entre 2005 et 2008 des personnalités politiques en majorité hostiles à Damas, notamment l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, père de Saad.

Allié du régime syrien, l'Iran a de son côté condamné samedi l'explosion, mais il a accusé Israël d'être derrière cet attentat.

"Sans aucun doute, l'ennemi principal du peuple libanais est le régime sioniste, à qui profite le plus l'instabilité et l'absence de sécurité dans la région", a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.