Modifié le 05 octobre 2012

L'enquête sur la tuerie de Chevaline se poursuit en Suisse

Chevaline
La justice française a sollicité la Suisse pour mener un certain nombre d'investigations concernant le drame de Chevaline. [JEAN-PIERRE CLATOT - AFP]
Un mois après le quadruple meurtre de Chevaline dans les Alpes françaises, l'enquête s'étend en Suisse où le Ministère public genevois concentre ses recherches sur un compte en banque et l'arme du crime, a appris la RTS vendredi. Pour le reste, le mystère reste entier.

L’enquête sur le quadruple homicide de Chevaline dans le département français voisin de Haute-Savoie s'étend en Suisse, a indiqué vendredi le Ministère public genevois à la RTS. Un mois après le drame, ses recherches se concentrent notamment sur le compte en banque à Genève - vraisemblablement dans une banque privée - du père de Saad al-Hilli, tué le 5 septembre. L'argent de ce compte a été saisi par la justice, mais il s’agirait d’une somme bien inférieure aux 6 millions de francs évoqués par la presse britannique. En revanche, la famille disposerait d’autres comptes bancaires dans d’autres pays.

A la recherche de l'arme du crime

Par ailleurs sans dévoiler le type d'arme, les enquêteurs sont à la recherche de traces éventuelles de celle du crime qui aurait été fabriquée en Suisse. Il ne s'agirait toutefois pas d’un pistolet Luger P08 comme l'annonçait la presse britannique il y a une semaine.

La Suisse a été sollicitée par la France dans le cadre d'une commission rogatoire pour mener des actes dans le canton de Genève ainsi que dans plusieurs autres cantons.

Appel à témoins

Pour ce qui est du reste de l'enquête, "tout le monde travaille, mais il n'y a pas de révélation miracle de nature à faire prendre un tour différent à ce dossier", reconnaît le procureur de la République d'Annecy Eric Maillaud. "Un appel à témoins va être lancé samedi", a annoncé le procureur, alors que l'enquête de voisinage se poursuit à l'aide de photos prises par la famille al-Hilli quelques heures avant le drame.

Aucune hypothèse privilégiée

La piste d'un ou plusieurs "vrais professionnels" est "moins vraisemblable", aux yeux du magistrat. "On imagine mal un tueur aguerri, payé à prix d'or, tirer une vingtaine de balles", a-t-il dit. Trois "axes" avaient dans un premier temps émergé: un litige entre Saad et son frère à propos d'une succession, le métier du père, qui a travaillé pour une société leader mondial des micro-satellites, et son pays d'origine, l'Irak.

"Aucune "hypothèse n'est privilégiée, ce qui ne veut pas dire que l'enquête piétine, bien au contraire", assure pour sa part le lieutenant-colonel Benoît Vinnemann de la section de recherches de Chambéry, chargé de l'enquête. "De nouvelles hypothèses s'ouvrent à nous", a-t-il ajouté.

Annabelle Durand/gax

Publié le 05 octobre 2012 - Modifié le 05 octobre 2012

Le rappel des faits

Le 5 septembre, Saad al-Hilli, 50 ans, sa femme Iqbal, 47 ans, et sa belle-mère Suhaila al-Allaf, 74 ans, de nationalité suédoise, ont été tués par balles à Chevaline, près d'Annecy dans le département de Haute-Savoie voisin de Genève, où ils passaient des vacances, de même qu'un cycliste français, apparemment victime collatérale. Les deux fillettes de ce couple britannique d'origine irakienne avaient survécu à la fusillade, mais l'aînée a été grièvement blessée.