Modifié le 03 octobre 2012 à 08:29

La star du handball Nikola Karabatic et 10 autres personnes mises en examen

Les avocats des joueurs reconnaissent les paris, mais nient toute tricherie.
Les avocats des joueurs reconnaissent les paris, mais nient toute tricherie. [Lionel Citronneau - ]
Onze personnes soupçonnées de paris illégaux lors d'un match de handball en mai ont été mises en examen pour escroquerie mardi en France. Parmi elles figure la star Nikola Karabatic, icône du handball français.

L'ensemble des suspects interpellés dimanche dans le cadre de l'enquête sur les soupçons de match truqué entre le club de Montpellier et Cesson-Sévigné le 12 mai dernier - au nombre d'une vingtaine - défilaient un à un mardi dans les bureaux des juges.

Les avocats des joueurs reconnaissent les paris, mais nient toute tricherie.
Les avocats des joueurs reconnaissent les paris, mais nient toute tricherie. [Lionel Citronneau - ]

Onze mises en examen

Nikola Karabatic - icône du handball français avec ses deux titres de champion du monde et ses deux médailles d'or olympiques - et son frère Luka ont été mis en examen et placés sous contrôle judicaire pour "escroquerie" dans cette affaire, a-t-on appris mardi soir de leur avocat.

Trois autres joueurs, Samuel Honrubia, Primoz Prost et Mladen Bojinovic, ont aussi été mis en examen, selon leurs avocats. Les compagnes des frères Karabatic, dont celle de Luka, l'animatrice de télévision Jeny Priez, ont subi le même sort.

Au total, onze personnes, dont cinq joueurs ont pour l'heure été mises en examen pour "escroquerie par manoeuvre frauduleuse". D'autres personnes interpellés - pas seulement des joueurs - pourraient suivre mercredi.

"Très fortes suspicions"

Lors d'une conférence de presse aux accents de réquisitoire,  le procureur de la République de Montpellier Brice Robin a affirmé lundi que "de très fortes suspicions" pesaient "sur le non-respect de l'éthique sportive à l'occasion de ce match litigieux".

"Des liens très étroits ont été tissés entre les joueurs et leurs parieurs. Pour ceux qui doutaient d'un pacte, il y a matière à se poser des questions très légitimes", a-t-il souligné, détaillant le rôle joué notamment par les compagnes des frères Karabatic.

Selon des avocats de joueurs, les joueurs ont bel et bien parié, malgré qu'ils en aient l'interdiction, mais ils nient avoir truqué le match.

afp/dk

Publié le 02 octobre 2012 à 19:45 - Modifié le 03 octobre 2012 à 08:29

Des écoutes téléphoniques accablantes

Selon une source proche du dossier, des écoutes téléphoniques auraient permis aux enquêteurs d'entendre les joueurs suspectés expliquer qu'ils avaient décidé de gagner de l'argent le 12 mai car ils étaient certains que leur équipe perdrait la rencontre, sans conséquence pour leur club déjà assuré d'être champion.

Selon RTL, d'autres écoutes ont révélé la panique qui s'est emparée des joueurs et de leurs proches une fois que le pot aux roses a éclaté au grand jour.

Les paris incriminés se sont élevés à 87'880 euros et ont rapporté 252'880 euros. Des montants 40 fois supérieurs à l'ordinaire et portant "à 99,94%" sur un score défavorable à Montpellier à la pause, selon le procureur, ce qui avait alerté la Française des Jeux.

Ces paris avaient été pris dans seulement trois endroits (Montpellier, Rennes, région parisienne) et réalisés par tranches de 100 euros en liquide, ce qui permet au parieur de rester anonyme pour percevoir ses gains.