Modifié le 02 octobre 2012 à 19:03

L'opposition géorgienne triomphe aux élections législatives

Le président géorgien Mikheïl Saakachvili ne pourra pas se représenter pour un troisième mandat l'an prochain.
Mikheïl Saakachvili ne pourra pas se représenter pour un troisième mandat l'an prochain. [Igor Kovalenko - ]
Le président géorgien Mikheil Saakachvili a reconnu sa défaite lors des législatives. L'opposition a obtenu la majorité des voix, selon des résultats partiels. Son leader Bidzina Ivanichvili a demandé la démission du chef de l'Etat.

La coalition d'opposition du milliardaire Bidzina Ivanichvili devance le parti du président Mikheïl Saakachvili aux élections législatives en Géorgie, selon des résultats préliminaires partiels, a annoncé mardi la Commission électorale.

Mikheïl Saakachvili ne pourra pas se représenter l'an prochain.
Mikheïl Saakachvili ne pourra pas se représenter l'an prochain. [Igor Kovalenko - ]

Système complexe

Après le dépouillement des bulletins dans 35,16% des bureaux de vote pour les 77 sièges sur 150 répartis à la proportionnelle, le Rêve géorgien de Bidzina Ivanichvili recueille 53,15% des voix contre 41,6% pour le Mouvement national unifié de Mikheïl Saakachvili.

La répartition des sièges dépend cependant d'un système électoral mixte qui accorde aussi 73 sièges au scrutin majoritaire, pour lesquels, selon de premiers résultats partiels, le Rêve Géorgien est en tête dans sept des 10 circonscriptions dans la capitale Tbilissi, un bastion traditionnel de l'opposition.

Saakachvili reconnaît sa défaite

Le président géorgien a reconnu sa défaite, alors que Bidzina Ivanichvili avait proclamé sa victoire immédiatement après l'annonce des premiers sondages. Probable futur Premier ministre, celui-ci a appelé mardi le chef de l'Etat à démissionner.

Le parti de Mikheïl Saakachvili, qui domine la vie politique en Géorgie depuis la "Révolution de la rose" en 2003, faisait face à son plus grand défi depuis son arrivée au pouvoir. La lutte politique s'est accentuée après la publication il y a deux semaines de vidéos de scènes de torture de détenus dans une prison de Tbilissi, mettant le parti au pouvoir dans une situation délicate.

Liens avec la Russie

Bidzina Ivanichvili accuse le président géorgien de mettre en place un régime autoritaire. Le milliardaire lui reproche aussi d'avoir déclenché la guerre éclair avec la Russie de l'été 2008, en lançant une offensive contre le territoire séparatiste d'Ossétie du Sud.

Bidzina Ivanichvili est comme Mikheïl Saakachvili favorable à une adhésion de la Géorgie à l'Union européenne et à l'OTAN, mais il plaide aussi pour un rétablissement des relations avec la Russie, interrompues depuis le conflit de 2008.

agences/vtom

Publié le 01 octobre 2012 à 22:23 - Modifié le 02 octobre 2012 à 19:03

Des élections cruciales

Ces législatives étaient cruciales dans la mesure où des changements dans la Constitution vont accroître les pouvoirs du Parlement et du Premier ministre, et réduire ceux du président, à partir de 2013.

Cette année marque aussi la fin du second mandat de Mikheïl Saakachvili. Celui-ci n'a pas le droit de briguer un troisième mandat présidentiel.

Pas important pour la démocratie

Ces élections ont été un "pas important" pour la démocratie en dépit d'une campagne électorale tendue et du harcèlement d'opposants, ont indiqué mardi les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

"Malgré une campagne très polarisée incluant des propos très durs, les Géorgiens ont exprimé librement leur choix dans les urnes", a déclaré le chef de la mission d'observation de l'OSCE.

Aux yeux de l'analyste Lawrence Sheets, de l'International Crisis Group, la décision de Mikheïl Saakachvili de reconnaître sa défaite à une élection constitue "un développement monumental" dans ce petit pays du Caucase qui a connu dans le passé de nombreux épisodes violents. "Il s'agit d'un événement sans précédent dans une ancienne république soviétique, à l'exception des pays baltes", a-t-il déclaré.