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Le chômage atteint des records en Espagne

Les manifestants ont bloqué certaines rues du centre de la capitale espagnole. [Andrea Comas - Reuters]
Les manifestants ont bloqué certaines rues du centre de la capitale espagnole. [Andrea Comas - Reuters]
Alors que le chômage espagnol connaît un nouveau record, le gouvernement de Mariano Rajoy refuse d'envisager un sauvetage global du pays. Les syndicats prévoient une journée de mobilisation générale le 15 septembre.

L'Institut National de la Statistique espagnol a dévoilé un nouveau record du chômage ce vendredi: au second trimestre 2012, l'Espagne compte 24,63% de la population active sans-emploi, soit près de 5,7 millions de personnes. Ce chiffre dépasse le dernier record en date remontant à 1994, lorsque 24,55% des Espagnols étaient au chômage.

Selon le quotidien espagnol El Pais, cette nouvelle montée résulte à la fois de la récession en cours, mais aussi des coupes budgétaires effectuées au sein de l'administration publique. Ce sont en effet 63'000 emplois du secteur qui ont été détruits au cours du trimestre dernier. Une perte en partie compensée, engendrant une destruction totale de 15'900: la chute du nombre de postes disponibles est donc entièrement due aux coupes budgétaires.

Cette mauvaise nouvelle s'ajoute à l'aggravation probable de la récession, dont les chiffres provisoires seront annoncés lundi: selon les prévisions de la Banque d'Espagne, le PIB devrait avoir reculé de 0,4% au deuxième trimestre, contre 0,3% au premier. Le pays, qui a perdu son moteur en 2008 avec l'éclatement de la bulle immobilière, ne semble plus avoir d'espoirs de croissance à moyen terme.

"Pas de sauvetage envisagé"

Pourtant, le gouvernement de Mariano Rajoy nie toute possibilité de sauvetage européen. "Il n'y aura pas de sauvetage, ce n'est pas envisagé", a assuré la porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, lors de la conférence de presse à l'issue du Conseil des ministres.

Le quotidien économique espagnol El Economista évoquait mercredi un plan d'aide de 300 milliards d'euros (360 milliards de francs suisses), qui permettrait à l'Espagne de financer ses déficits au moins pendant un an et demi. Ce plan s'ajouterait à l'aide financière déjà promise par l'Eurogroupe pour les banques espagnoles, et dont le montant pourrait atteindre 100 milliards d'euros (120 milliards de francs suisses).

"L'option du sauvetage (global du pays) est écartée", a insisté la porte-parole du gouvernement.

Alors que le ministre de l'Economie Luis de Guindos a rencontré cette semaine ses homologues allemand et français, Mme Saenz de Santamaria a expliqué que ces contacts portaient sur "le respect des accords adoptés au Conseil européen (de fin juin) et des mesures annoncées qui mènent à une meilleure stabilité de la zone euro, à travers l'union fiscale et monétaire".

afp/ats/mca

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Manifestation prévue le 15 septembre

En réponse à l'aggravation de la situation économique, les syndicats ont convoqué, avec quelque 150 organisations sociales, une grande manifestation à Madrid le 15 septembre, après celle qui a rassemblé le 19 juillet des centaines de milliers de personnes dans les rues d'Espagne.

Une manifestation générale qui s'ajoute aux manifestations quotidiennes des fonctionnaires.

Les fonctionnaires sortent quotidiennement dans la rue à l'heure de la pause-café de la fin de matinée depuis l'annonce, le 11 juillet, d'une nouvelle cure d'austérité de 65 milliards d'euros d'ici à la fin 2014.

Ils s'insurgent contre la suppression de la prime de Noël dans la fonction publique, qui équivaut à un mois de salaire, et plus globalement contre la hausse de la TVA à partir du 1er septembre.

"Maintenir la pression"

"C'est de pire en pire. Il va y avoir beaucoup de monde en septembre car la situation est insoutenable", prédit Asuncion Rios, 60 ans, une fonctionnaire de la mairie de Madrid, portant le désormais habituel tee-shirt noir avec les mots "Un jour, j'ai eu des droits sociaux et des droits au travail".

"Ils allongent la journée de travail, baissent les salaires, augmentent le prix des médicaments, réduisent la qualité de l'éducation", dénonce-t-elle. "On va être nombreux en septembre. Il faut maintenir la pression", renchérit Antonio Palomo, 46 ans, un fonctionnaire du ministère du Budget.