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Nouvelle enquête ouverte suite aux révélations dans l'affaire Merah

Mohamed Merah. [AP/France 2 - Keystone]
Mohamed Merah. [AP/France 2 - Keystone]
Le parquet de Paris a ouvert mardi une enquête préliminaire notamment pour "violation du secret de l'instruction" suite à la parution mardi dans le quotidien Libération de la conversation entre Mohamed Merah et la Direction centrale du renseignement intérieur.

Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert mardi une enquête préliminaire pour "violation du secret professionnel", "violation du secret de l'instruction" et recel de ces deux délits suite à la parution dans Libération de la conversation entre Mohamed Merah et la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

Le rapport d'expertise de 173 pages sur les conversations, remis le 5 juillet aux juges en charge de l'instruction, était en effet disponible mardi matin sur le site internet du quotidien français avant d'être supprimé.

Le parquet de Paris avait déjà ouvert une information judiciaire pour les mêmes raisons la semaine dernière suite à la diffusion dans l'émission "Sept à Huit" sur TF1 d'extraits de cette même conversation entre le tueur présumé de sept personnes à Toulouse et à Montauban en mars dernier.

"Un but précis" dans les "choix de victimes"

Dans ces conversations enregistrées lors des 32 heures de siège le 21 mars, Mohamed Merah explique sa manière de procéder pour rencontrer Al-Qaïda, ses voyages en Afghanistan et au Pakistan, les cibles qu'il visait, son moyen de se procurer des armes ou encore ses rapports avec les services secrets.

"J'avais un but précis. Dans mes choix de victimes", affirme le jihadiste Mohamed Merah à son interlocuteur de la DCRI. "J'aurais jamais tué des enfants (...) si vous aurez pas tué nos enfants", poursuit-il.

"Je tue les militaires en France parce qu'en Afghanistan, ils tuent mes frères. Je tue des juifs en France, parce que ces mêmes juifs-là (...) euh tuent des innocents en Palestine", explique Mohamed Merah.

Un meurtre "éprouvant"

Mohamed Merah, avoue que son premier meurtre, celui d'un parachutiste commis le 11 mars à Toulouse, fut "éprouvant".

Mais il dit avoir eu le "coeur apaisé" après la deuxième tuerie le 15 mars à Montauban où il a abattu deux autres militaires et en a très grièvement blessé un troisième. "Je voulais (...) récidiver dans mes opérations, je me sentais de mieux en mieux", poursuit-il.

agences/hend

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Conversion à l'islam

Mohamed Merah date sa conversion à l'islam au 18 février 2008. Il purgeait alors une peine de 18 mois de prison quand il est extrait de sa cellule par les gendarmes pour une autre affaire. "C'est là que j'ai invoqué Allah (...). J'ai vu que les gendarmes étaient à côté de leurs pompes (...) Ça a été une preuve d'Allah", dit-il.

Après avoir tenté sans succès de rejoindre des moudjahidines en Algérie et avoir envisagé de s'engager "à la Légion étrangère pour aller en Afghanistan et retourner mon arme contre les légionnaires et rejoindre les talibans", il obtient un visa en France pour le Pakistan. Il dit avoir "rejoint les frères dans le Waziristan, dans les zones tribales, à Miran Shah", où il reçoit un entraînement aux armes.

Merah aurait suivi un exercice au Miran Shah