Modifié le 05 juillet 2012 à 21:39

WikiLeaks publie plus de deux millions de mails sur la Syrie

La page d'accueil de Wikileaks.ch
Selon le fondateur du site, Julian Assange, les documents ne seraient pas gênants uniquement pour le régime syrien. [AFP]
Le site WikiLeaks a annoncé jeudi la publication de plus de deux millions de mails de personnalités politiques et de responsables officiels syriens, datant d'août 2006 jusqu'à mars 2012, sans en révéler le contenu. Ces documents seraient embarrassants pour la Syrie, mais aussi pour les opposants extérieurs à la Syrie.

"WikiLeaks a commencé à dévoiler jeudi environ 2,5 millions de courriers électroniques sur la Syrie, mettant en cause notamment des entreprises occidentales qui ont collaboré, selon le site internet, avec Damas après le début de la répression.


Ces 2'484'899 mails écrits entre août 2006 et mars 2012, en arabe, en russe ou encore en anglais, proviennent "de personnalités politiques syriennes, de ministères et d'entreprises", a expliqué un porte-parole de WikiLeaks, Sarah Harrison, au cours d'une conférence de presse à Londres.


Ils "révèlent comment les sociétés occidentales disent une chose et en font une autre", a ajouté le site internet WikiLeaks, spécialisé dans la divulgation de documents confidentiels.


Les derniers documents révélés par WikiLeaks "sont embarrassants pour la Syrie mais sont également embarrassants pour les opposants extérieurs à la Syrie", a pour sa part estimé le fondateur du site, Julian Assange, dans une déclaration faite depuis l'ambassade de l'Equateur à Londres où il est réfugié depuis deux semaines (lire encadré).


Assistance "italienne" à Damas

WikiLeaks affirme ainsi que le groupe de défense italien Finmeccanica, contrôlé par l'Etat italien, a continué de fournir, via sa filiale Selex Elsag, son assistance à Damas pour un système de communications ultra-sophistiqué après le début du conflit en mars 2011.


Cette information a été reprise en Italie jeudi par l'hebdomadaire L'Espresso dans un article intitulé "Finmeccanica aidait le dictateur".


Le journal cite un mail du 7 mai 2011 obtenu par WikiLeaks et envoyé par l'entreprise Intracom Syria pour demander l'envoi de 500 radios de Selex "à destination du dépôt de la police de Muadamia", ville en proie les jours précédents à de violents affrontements.


L'Espresso cite un autre mail très compromettant qui "annonce l'arrivée d'ingénieurs de Selex à Damas pour enseigner l'utilisation du réseau de communication et son emploi aussi sur les hélicoptères, en date de février 2012 quand le drame syrien est déjà une affaire mondiale".


Plusieurs médias sont en train de digérer ces données

Pour sa nouvelle livraison de documents confidentiels, WikiLeaks a collaboré, comme à son habitude, avec plusieurs médias, notamment en France, en Espagne, en Italie, au Liban et en Allemagne.


Au Liban, le quotidien Al-Akhbar, considéré comme sympathisant du régime de Damas et de son allié libanais le Hezbollah, trie actuellement les courriels et vérifie leur véracité, a expliqué son rédacteur en chef, Ibrahim al-Amine.


La publication de ces courriels dont certains émanent selon WikiLeaks des ministères syrien des Affaires étrangères et des Affaires présidentielles, intervient à la veille d'une réunion internationale à Paris censée discuter du sort du président syrien Bachar al-Assad, mais boycottée par la Russie, alliée de Damas.


afp/jzim


Publié le 05 juillet 2012 à 15:22 - Modifié le 05 juillet 2012 à 21:39

Assange toujours "requérant d'asile"

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, 41 ans, est passible d'extradition vers la Suède, qui le réclame pour une affaire de viol et d'agression sexuelle présumés.

Actuellement réfugié à l'ambassade d'Equateur dans une tentative d'échapper à cette extradition, il attend toujours une réponse de Quito à sa demande d'asile politique.

L'Australien craint d'être ensuite extradé vers les Etats-Unis pour y être jugé pour espionnage, après la divulgation par son site de plus de 250'000 télégrammes diplomatiques américains.