Modifié le 03 juillet 2012 à 10:36

Troisième journée de destruction des monuments sacrés à Tombouctou

A Tombouctou, des islamistes du groupe armé d'Ansar Dine ont détruit des mausolées musulmans, dont un monument vieux de sept siècles et faisant partie du Patrimoine mondial de l'UNESCO.
A Tombouctou, des islamistes du groupe armé d'Ansar Dine ont détruit des mausolées musulmans, dont un monument vieux de sept siècles et faisant partie du Patrimoine mondial de l'UNESCO. [Habib Kouyate - ]
Pour le troisième jour consécutif, les islamistes salafistes qui contrôlent Tombouctou au Mali ont détruit lundi de nouveaux mausolées et tombeaux de saints musulmans. La porte sacrée d'une mosquée du XVe siècle est notamment tombée sous leurs coups.

Des membres d'Ansar Dine, groupe islamiste armé lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui s'est emparé avec l'aide des rebelles touareg du MNLA du nord du Mali, ont brisé la porte en bois de la mosquée de Sidi Yaha à Tombouctou, censée rester close jusqu'à la fin du monde.


"Huit hommes d'Ansar Dine ont forcé l'entrée de la mosquée avant de m'offrir en dédommagement 50 000 FCFA (environ 95 francs), ce que j'ai refusé en disant que ce qu'ils avaient fait était irréparable", a déclaré l'imam de la cité, Alpha Abdoulahi.


La moitié des mausolées détruits

Selon des croyances locales, l'ouverture de la porte de Sidi Yaha porterait malheur. La mosquée fait partie des trois grandes mosquées de Tombouctou avec celles de Djingareyber et Sankoré, joyaux architecturaux témoignant de l'apogée de la ville. Elles figurent toutes les trois sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Des saints sont enterrés dans les mosquées de Djingareyber et Sidi Yahia.


Les hommes d'Ansar Dine ont jusqu'ici détruit la moitié des 16 mausolées que totalise Tombouctou, en plus d'un certain nombre de sépultures de saints locaux.


Représailles contre l'UNESCO

Après les mausolées de saints, (Lire: Destruction des mausolées de Tombouctou par des islamistes armés) Ansar Dine avait menacé ce weekend de s'en prendre aux mosquées de la ville, affirmant agir ainsi "au nom de Dieu" et en représailles à la décision de l'UNESCO, le 28 juin, d'inscrire Tombouctou sur la liste du patrimoine mondial en péril. Le groupe islamiste, qui veut instaurer la "charia" au Mali, estime que les mausolées érigés par les musulmans d'obédience soufiste relèvent d'une idolâtrie bannie par l'islam.


L'agence onusienne a estimé que la présence des islamistes mettait en danger cette ville mythique, surnommée "la cité des 333 saints" en référence aux personnages vénérés de son passé qui y gisent. Fatou Bensouda, procureur de la Cour pénale internationale, a déclaré dimanche à Dakar que la destruction de biens religieux à Tombouctou pouvait être considérée comme "crime de guerre" passible de poursuite.


ats/pym


Publié le 02 juillet 2012 à 11:53 - Modifié le 03 juillet 2012 à 10:36

Les Etats-Unis et la Russie condamnent ces destructions

Les Etats-Unis ont "fermement condamné" lundi les destructions de sites religieux par des islamistes dans le nord du Mali et les combats qui les opposent à la rébellion touareg.

"De tels actes ne peuvent que soulever l'indignation", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, alors que la ville du nord du Mali a subi une deuxième journée d'actes de vandalisme.

"Nous pensons que c'est une raison supplémentaire pour conforter les efforts à l'échelon international afin de restaurer l'intégrité territoriale du Mali et assurer la loi et l'ordre sur tout le territoire de ce pays", a ajouté le ministère.

L'Organisation de coopération islamique (OCI), qui totalise 57 membres, a également "déploré" la destruction de mausolées, qui "font partie de notre riche patrimoine islamique au Mali et qui ne doivent pas être détruits ou mis en danger par des éléments fanatiques".

La ville de Tombouctou, au Mali