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La Grèce en colère contre la patronne du FMI Christine Lagarde

Christine Lagarde a tenu des propos "humiliants" envers les Grecs, selon Athènes. [Oli Scarff - Keystone]
Christine Lagarde a tenu des propos "humiliants" envers les Grecs, selon Athènes. [Oli Scarff - Keystone]
Des propos de la directrice du FMI Christine Lagarde contre les Grecs ont provoqué une levée de boucliers en Grèce. Paris a aussi critiqué sa vision "caricaturale".

La directrice du FMI Christine Lagarde s'est attiré dimanche les foudres des Grecs, qui se disent "humiliés" par ses propos sur le paiement des impôts, mais aussi les critiques de Paris qui a qualifié sa vision d'"un peu caricaturale et schématique".


Christine Lagarde a mis le feu aux poudres en estimant dans une interview au Guardian que "les Grecs devraient commencer par s'entraider collectivement", et ce, en "payant tous leurs impôts", et se dit moins préoccupée par leur sort que par celui des enfants d'Afrique.


Des propos "insultants"

Samedi soir, devant le tollé généré par ses propos, Christine Lagarde s'est montrée plus conciliante, se disant "très compatissante à l'égard des Grecs et les défis qu'ils relèvent". Ses propos avaient suscité dimanche plus de 9800 commentaires sur sa page Facebook.


Le chef du parti socialiste Pasok, Evangélos Vénizélos, après avoir estimé que les propos de Christine Lagarde avaient "humilié" et "insulté" les Grecs, s'est réjoui qu'elle ait rectifié le tir, car "cela signifie qu'elle a pris en compte une nation fière".


Alexis Tsipras, chef du parti de la gauche radicale Syriza propulsé en 2e position lors des législatives du 6 mai, a lancé à Christine Lagarde que les Grecs ne cherchaient pas sa "sympathie" et que "les travailleurs grecs paient leurs impôts" qui sont très lourds et même "insupportables".


Le parti, donné selon les derniers sondages en seconde position derrière les conservateurs de Nouvelle-Démocratie (ND) le 17 juin, prône l'annulation des mesures de rigueur prévues par le plan de redressement imposé par l'UE et le FMI en échange des prêts accordés à Athènes jusqu'en 2014.


Une vision "caricaturale"

Pour sa part, le gouvernement français, dont beaucoup de Grecs attendent qu'il fasse fléchir la politique de rigueur allemande, a critiqué la vision "un peu caricaturale et schématique" de Christine Lagarde, estimant qu'"il n'y a pas de leçon à donner" à la Grèce.


agences/lan


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Jean-Luc Mélenchon dénonce des propos "indignes"

L'ex-candidat du Front de gauche à l'Elysée, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé des propos "indignes" de Christine Lagarde.

Il a également déclaré que "s'il y avait une morale politique, Christine Lagarde devrait s'en aller du poste qu'elle occupe".