Modifié le 14 mai 2012 à 23:28

Ouverture du procès du Mediator, accusé d'avoir fait plus de 500 victimes

France: le procès du Mediator s'est ouvert lundi à Nanterre
France: le procès du Mediator s'est ouvert lundi à Nanterre 19h30 / 1 min. / le 14 mai 2012
Lors du procès qui s'est ouvert lundi à Nanterre, les laboratoires Servier et leur fondateur, Jacques Servier, sont accusés d'avoir commercialisé le médicament contre le diabète Mediator qui a provoqué des centaines de décès.

Le premier procès pour "tromperie aggravée" des laboratoires Servier et de leur fondateur Jacques Servier s'est ouvert lundi à Nanterre, près de Paris, par une bataille de procédure. L'entreprise et son patron sont poursuivis pour la commercialisation entre 1976 et 2009 du Mediator, un médicament contre le diabète qui a fait de 500 à 2000 morts.


Dans une salle d'audience bondée et surveillée par des dizaines de policiers, Jacques Servier a pris place sur le banc des prévenus, à quelques mètres des personnes se disant victimes du médicament ou de proches de personnes décédées. Un homme à brandi devant le tribunal une pancarte avec le nom et la photo de son épouse.


Me Charles Joseph Oudin, un des avocats des victimes présumées, estime que la tromperie est déjà établie. "Servier a fait consommer pendant des années un produit toxique, il n'y a pas débat. Les laboratoires Servier connaissaient cette toxicité depuis le début des années 2000", a-t-il déclaré à la presse.


Quatre ans de prison ferme

Les prévenus le contestent. Leurs avocats devraient plaider toute la journée diverses demandes visant à faire annuler ou renvoyer le procès, dont les désormais rituelles questions prioritaires de constitutionnalité, procédure qui consiste à contester la conformité des textes appliqués avec la Constitution. Le tribunal devrait se prononcer mardi.


Cette affaire, la plus grave catastrophe sanitaire depuis la Deuxième Guerre mondiale en France, a déjà suscité une profonde remise en cause du système de santé français. Les laboratoires Servier et leur filiale commerciale Biopharma encourent des amendes et surtout des interdictions d'activité.


Le président-fondateur Jacques Servier, 90 ans, docteur en médecine et en pharmacie, ancien président de l'Ordre des pharmaciens, et quatre autres dirigeants risquent jusqu'à quatre ans de prison ferme assortis ou non d'amendes.


Le Mediator, présenté comme antidiabétique mais prescrit par les médecins comme coupe-faim, concerne potentiellement des millions de personnes susceptibles d'avoir contracté les affections cardiaques des valvulopathies, qui lui sont imputées.


agences/vtom


Publié le 14 mai 2012 à 12:12 - Modifié le 14 mai 2012 à 23:28

Retiré en Suisse en 1997

En Suisse, le Mediator, vendu sous le nom de Mediaxal, a été retiré de la vente en 1997, Swissmedic ayant fait part de se "doutes" quant à d'éventuels graves effets secondaires.

L'Institut suisse des produits thérapeutiques s'était en effet inquiété de "similitudes" entre le principe actif du médicament et d'autres produits coupe-faim à base d'un une substance pouvant provoquer une anorexie.