Modifié le 07 mai 2012 à 19:00

Les partis grecs pro-austérité essuient un revers lors des législatives

Alexis Tsipras, chef du petit parti d'extrême-gauche radicale Syriza, est le grand vainqueur du scrutin de dimanche.
Alexis Tsipras, chef du petit parti d'extrême-gauche radicale Syriza, est le grand vainqueur du scrutin de dimanche. [Louisa Goulialmaki - ]
Les législatives grecques se sont soldées dimanche par une montée de l'extrême-gauche et des néonazis au détriment des conservateurs au pouvoir. Le Pasok (socialiste) et la Nouvelle Démocratie (droite) tentaient lundi de former une coalition pour éviter une sortie de l'euro.

La politique d'austérité menée en Grèce depuis deux ans sous la pression des bailleurs de fonds internationaux du pays a été massivement censurée dimanche par les électeurs. Les Grecs ont pulvérisé les positions des deux partis forts du pays et tenants de la rigueur. Les néonazis entrent au parlement, tandis que l'extrême-gauche devient la deuxième force du pays.


Aucun parti n'ayant obtenu de majorité, la Grèce s'apprête à affronter plusieurs jours voire plusieurs semaines d'instabilité politique. Face à cette incertitude politiques, les marchés européens ont vivement réagi à ces résultats (Lire: L'euro et les marchés baissent après les élections en France et en Grèce). Lundi, les conservateurs menaient une quête quasi désespérée de partenaires pour former une coalition gouvernementale qui éviterait au pays une sortie de la zone euro.


Les deux partis forts en berne

La Nouvelle Démocratie (droite) est devenue, comme prévu, le premier parti de Grèce. Mais son score est historiquement bas, avec 18,85% des voix, selon les résultats définitifs (voir encadré).


Antonis Samaras, chef de la Nouvelle Démocratie (droite).
Antonis Samaras, chef de la Nouvelle Démocratie (droite). [Willy Antoniou - ]


Le Pasok (socialiste) sort du scrutin laminé, avec un score de 13,18% contre 43,9% en 2009, puni pour avoir accepté les conditions d'austérité drastique attachées au prêt de l'UE et du Fonds Monétaire International (FMI) en mai 2010 sollicité par son ancien patron Georges Papandréou.


Ces deux partis, qui constituaient les piliers du bipartisme grec depuis la chute de la dictature des colonels en 1974, ne rassemblent que 149 sièges sur les 300 du Parlement, soit juste pas la majorité qui est fixée à 151 sièges. Antonis Samaras de Nouvelle Démocratie a trois jours pour former son cabinet.


L'extrême-gauche triomphe

Les cinq autres partis ayant réussi à atteindre le seuil de 3% nécessaire pour entrer au parlement, ont déclaré être contre la poursuite de la rigueur, exigée par les créanciers du pays, UE et FMI depuis deux ans. Ils raflent 151 sièges dans la nouvelle assemblée, soit un peu plus de la moitié.


Grand gagnant du scrutin, le petit parti d'extrême-gauche radicale, Syriza, dirigé par Alexis Tspiras, devient le deuxième parti de Grèce, avec un score de 16,78%, au lieu de 4,6% en 2009.


Les 9,8 millions d'électeurs grecs ont adressé un sérieux avertissement aux partis traditionnels.
Les 9,8 millions d'électeurs grecs ont adressé un sérieux avertissement aux partis traditionnels. [ - ]


Percée des néo-nazis

Les néo-nazis font leur entrée au Parlement. Le groupuscule Chryssi Avghi (Aube dorée) a obtenu 6,97% des voix, ce qui lui permettrait d'être représenté par 21 députés.


Longtemps semi-clandestin et réputé pour ses agressions contre les migrants, il dénonce le mémorandum d'accord signé par la Grèce avec ses créanciers, et refuse le remboursement de la dette publique. Son entrée au parlement constitue un choc dans un pays qui a subi durement le joug de l'occupation nazie et une dictature militaire de 1967 à 1974.


Le parti Grecs indépendants obtient 10,6% des suffrages, les communistes du KKE 8,4% et le parti de la gauche démocratique Dymar (pro-européen) 6,1%. Ce dernier serait le plus à même de se mettre en coalition avec le Pasok et la Nouvelle Démocratie.


afp/nr/bri


Publié le 06 mai 2012 à 10:07 - Modifié le 07 mai 2012 à 19:00

Le programme de l'extrême-gauche

Le petit parti d'extrême-gauche radicale, Syriza, dirigé par Alexis Tspiras, devient le deuxième parti de Grèce, en quadruplant son score depuis 2009.

Selon lui, le résultat du scrutin de dimanche "a privé de toute légitimité le mémorandum" d'accord prévoyant une cure d'austérité en Grèce en échange de prêts internationaux d'un total prévu de 240 milliards d'euros destinés à sauver le pays de la faillite.

Ce parti demande la suspension du service de la dette, l'effacement d'une partie de la dette publique, l'ajout d'une clause pro-croissance dans le memorandum.

Officiellement il ne demande pas la sortie de la Grèce de l'euro, mais le Pasok durant la campagne l'a souvent accusé d'être le parti de la sortie de l'euro.

Résultats finaux du parlement monocaméral

- Nouvelle démocratie (conservateurs) 18,85% voix, 108 sièges
- SYRIZA (gauche radicale) 16,78%, 52
- PASOK (socialistes) 13,18%, 41
- Grecs Indépendants (droite nationaliste) 10,6%, 33
- KKE (communistes) 8,48%, 26
- Chryssi Avghi (néo-nazi) 6,97%, 21
- Gauche démocratique (Dimar) 6,1%, 19