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Les cinq accusés du 11 Septembre ont comparu à Guantanamo

Le procès des auteurs présumés des attentats du 11 septembre 2001 s'est ouvert à Guantanamo
Le procès des auteurs présumés des attentats du 11 septembre s'est ouvert / 19h30 / 1 min. / le 5 mai 2012
Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau des attentats du 11 Septembre, et quatre autres accusés ont défié leurs juges samedi durant une audience de 13 heures devant la justice militaire de Guantanamo.

Les cinq accusés des attentats du 11 Septembre 2001, dont leur cerveau autoproclamé Khaled Cheikh Mohammed, se sont présentés samedii devant la justice militaire de Guantanamo, à Cuba. Tout vêtus de blanc, certains coiffés d'un turban de la même couleur, les cinq hommes sont apparus assis dans la salle d'audience à une distance les uns des autres au début des débats.


Au terme d'une audience de plus de 13 heures, où les suspects ont joué la montre, dans une tentative apparemment concertée de retarder l'échéance, ils ont été accusés du meurtre de chacune des 2976 victimes des attaques de 2001 aux Etats-Unis.


Khaled Cheikh Mohammed, un Pakistanais de 47 ans, qui a revendiqué la paternité des attentats "de A à Z", son neveu de la même nationalité Ali Abd al-Aziz Ali, mais aussi les Yéménites Ramzi ben al-Chaïba et Wallid ben Attach et le Saoudien Moustapha al-Houssaoui encourent la peine de mort. Ils ont été accusés de "complot, attaques sur des civils, blessures intentionnelles, meurtres et violation du droit sur la guerre, destruction, détournement d'avions et terrorisme", a annoncé le procureur, le général Mark Martins.


Ils n'ont pas annoncé s'ils plaideraient coupable ou non coupable. L'audience s'est achevée avec la lecture des 88 pages de l'acte d'accusation. Assis depuis 09H30 (13H30 GMT) dans la salle de tribunal spécialement conçue à leur intention, les cinq hommes ont passé la journée le regard rivé sur leurs genoux, se penchant de temps à autre pour chuchoter.


"Maltraitance dénoncée"

Dix journalistes et le même nombre de proches des victimes, séparés par un rideau et sans possibilité de communiquer avec l'extérieur, ont assisté à l'audience derrière une paroi vitrée où les débats sont retransmis avec un différé de 40 secondes permettant la censure des déclarations sensibles. Cinquante autres membres des médias, un record, ont fait le déplacement à Guantanamo et regardaient les débats sur un écran avec le même différé.


Les accusés ont refusé de porter le casque de traduction simultanée, leurs avocats prétendant que cela leur rappelait leurs tortures. Michael Schwartz, l'avocat du Yéménite Wallid ben Attach a obtenu que son client, le seul qui était menotté en début d'audience, soit détaché en raison de la "douleur" provoquée par les menottes. Très virulente, l'avocate civile de Ben Attach, Cheryl Borman, la seule femme de l'équipe de défense, toute de noire vêtue et portant le hijab, a dénoncé "ce qui s'est passé ce matin et pendant les huit dernières années". "Ces hommes ont été maltraités", a-t-elle fustigé.


Un porte-parole du Pentagone Todd Breasseale a indiqué à l'AFP que cette procédure de mise en accusation aurait dû prendre entre deux et trois heures, au lieu de plus de treize heures. Mais "le procès du siècle" comme l'appellent certains observateurs, pourrait ne pas commencer avant mai 2013.


agences/boi/olhor


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Une procédure longtemps gelée

La lecture de l'acte d'accusation relance une procédure au point mort depuis l'investiture de Barack Obama à la Maison Blanche.

Le président démocrate avait mis un point d'arrêt à la procédure devant la justice militaire et avait décidé de juger les cinq complices présumés devant la justice de droit commun à Manhattan à deux pas de Ground Zero où s'élevaient autrefois les tours jumelles.

Mais il en avait été empêché par les républicains du Congrès qui ont bloqué tout transfert des suspects de terrorisme sur le territoire américain.