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Mobilisation à Rome contre la réforme des retraites du gouvernement Monti

Le rassemblement a bloqué la circulation dans le centre de la capitale italienne.  [Alessandra Tarantino - Keystone]
Le rassemblement a bloqué la circulation dans le centre de la capitale italienne. [Alessandra Tarantino - Keystone]
Les trois grands syndicats italiens se sont mobilisés vendredi à Rome pour dénoncer la réforme des retraites voulue par le gouvernement de Mario Monti.

Les trois grands syndicats italiens ont manifesté vendredi à Rome pour défendre les dizaines de milliers de salariés qui se retrouveront sans pension en raison de la réforme des retraites du gouvernement de Mario Monti. Le rassemblement a bloqué la circulation dans le centre de la capitale italienne.


Au chevet de chômeurs qui vont se retrouver sans revenu

Les trois grandes centrales italiennes - la CGIL, la CISL et l'UIL - dénoncent le fait que de nombreux Italiens ayant signé un accord de licenciement leur permettant de toucher le chômage avant d'avoir droit à leur retraite vont se retrouver sans revenu lorsque leurs droits au chômage seront épuisés en raison du relèvement de l'âge de départ en retraite introduit par la réforme.


Le gouvernement, qui pointe du doigt un "alarmisme injustifié", assure que les personnes se trouvant dans ce cas sont 65'000 et qu'elles ne se retrouveront pas sans revenu, les sommes nécessaires ayant déjà été mises de côté. Mais les syndicats rejettent ce chiffre et affirment que les sacrifiés de la réforme seraient au nombre de 350'000.


Le gouvernement prié de faire "machine arrière"

"Les promesses, ça suffit", "Ensemble avec ceux qui se retrouvent sans travail, sans revenu et sans retraite", pouvait-on lire derrière le podium sur lequel les leaders syndicaux ont pris la parole. Des pancartes humoristiques émaillaient le cortège dont une montrant un retraité en train de sauter par dessus un plat de spaghettis avec pour légende: "le retraité italien, champion du saut de repas".


Rejetant une réforme "erronée" et appelant le gouvernement à faire "machine arrière", la secrétaire générale de la CGIL, le premier syndicat du pays, Susanna Camusso, a brandi la menace d'autres manifestations. "Nous ne laisserons pas les travailleurs seuls", a-t-elle assuré.


Le numéro un de l'UIL, Luigi Angeletti, a accusé de son côté le gouvernement de technocrates de Mario Monti de "se moquer" des syndicats. "Ceux qui ont signé des accords pour partir en retraite avec les anciennes règles doivent pouvoir partir. Nous ne voudrions pas avoir à faire la leçon à un gouvernement de professeurs sur ce qu'est un Etat de droit", a-t-il insisté.


Alors que l'Italie était menacée d'être emportée par la crise de la dette, le gouvernement de Mario Monti a fait adopter en décembre une lourde réforme des retraites. Celle-ci a allongé la durée des cotisations et relevé l'âge de départ.


ats/afp/hof


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