Modifié le 11 août 2011 à 09:05

Syrie: Hama démilitarisée et Homs ensanglantée

Selon cette image tirée d'une vidéo amateur, les chars continuent la répression dans les villes du pays.
Selon cette image tirée d'une vidéo amateur, les chars continuent la répression dans les villes du pays. [ - ]
Au moins seize civils ont péri mercredi dans la répression dans la ville rebelle de Homs (centre) en Syrie après le retrait de l'armée de Hama, le régime de Bachar al-Assad restant inflexible face aux protestations amplifiées et sanctions internationales.

Au moins dix-sept civils ont péri mercredi dans la répression dans la ville rebelle de Homs, dans le centre de la Syrie, après le retrait de l'armée de Hama. Le régime de Bachar al-Assad est resté inflexible face aux protestations amplifiées tout en admettant de nouveau des "erreurs".


Avant le début d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie, une délégation d'Inde, du Brésil et d'Afrique du sud - membres non permanents au Conseil de sécurité - a elle affirmé que Bachar al-Assad avait reconnu devant elle "des erreurs commises par les forces de sécurité au début des troubles".


Autre rencontre auparavant

Bachar al-Assad a également souligné son "engagement envers le processus de réformes, dont l'objectif est d'ouvrir la voie à une démocratie multipartite" et assuré que la réforme constitutionnelle serait prête en février-mars 2012, selon un communiqué publié au siège de l'ONU à New York.


En mai, il avait déjà reconnu des "erreurs" de la part des services de sécurité, et la répression avait continué de plus belle.


La mission tripartite a succédé à celle d'un émissaire turc après laquelle Bachar al-Assad a redit mardi sa résolution à mater la contestation contre son régime.


Joignant l'acte à la parole, le président a envoyé l'armée mener une vaste opération mercredi à Homs, où 17 personnes ont été tuées, selon des militants sur place.


Accusation lancée

Quelques heures plus tôt, l'armée s'était retirée de Hama, où elle était entrée le 31 juillet après d'immenses manifestations contre le régime et où elle a tué plus d'une centaine de personnes, selon des militants.


Lors d'un voyage de presse organisé par le gouvernement, un officier syrien pointe du doigt un bureau de police de Hama incendié par les contestataires du régime.
Lors d'un voyage de presse organisé par le gouvernement, un officier syrien pointe du doigt un bureau de police de Hama incendié par les contestataires du régime. [Bassem Tellawi - ]
Une journaliste de l'AFP en visite sous la houlette des autorités a vu une quarantaine de véhicules de transport de troupes quitter cette ville rebelle à quelques dizaines de kilomètres au nord de Homs.


La place Assi, siège du gouvernorat et lieu de rassemblements, était vide mercredi, hormis quelques voitures et de rares passants. Les employés nettoyaient les rues et ramassaient des pierres jonchant le sol alors que les murs portaient la trace de nombreux graffitis récemment effacés.


Des habitants ont mis en cause des "saboteurs", reprenant la version du régime qui, depuis le début le 15 mars, refuse de reconnaître l'ampleur de la contestation et justifie le recours à la force pour faire face selon lui à des "groupes terroristes armés" semant le chaos.


Plusieurs tirs

Après avoir exprimé une impatience croissante face à la politique de la terre brûlée de Bachar al-Assad, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé que l'ambassadeur turc s'était rendu à Hama pour assister au retrait.


Parallèlement, l'armée a annoncé son retrait de la province d'Idleb. Les journalistes circulant dans le cadre du voyage organisé par le pouvoir ont vu une trentaine de véhicules de transport de troupes et une dizaine de camions quitter Ariha, une localité du sud de la province.


Mais Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, a fait état d'une opération militaire d'envergure lancée le matin à Sirmine, dans la grande province d'Idleb, où une femme a été tuée selon lui.


Plus de 2000 tués

Douze chars et blindés ont envahi mercredi matin à Taftanaz, ville à 30 km de la frontière avec la Turquie. Une dizaine de véhicules transportant des soldats ont également pénétré dans la ville.


M. Abdel Rahmane a également fait état de tirs nourris à la mitrailleuse lourde et d'explosions à Deir Ezzor (nord-est), qui a connu ces dernières semaines des manifestations antirégime massives. Mardi, 17 personnes y avaient péri.


Depuis le 15 mars, plus de 2000 personnes ont péri en Syrie, en grande partie des civils, selon des ONG syriennes.


agences/sbad


Publié le 10 août 2011 à 15:11 - Modifié le 11 août 2011 à 09:05

Washington hausse le ton

Face à la répression qui ensanglante la Syrie depuis le 15 mars, les Etats-Unis ont encore durci le ton contre le président Bachar al-Assad, sans aller jusqu'à réclamer explicitement son départ mais promettant d'aider son peuple dans sa quête de "dignité et de liberté".

Le département américain du Trésor a annoncé des sanctions contre la Commercial Bank of Syria, plus grande banque commerciale du pays, et Syriatel, premier opérateur de téléphonie mobile, alors que l'ambassadrice à l'ONU Susan Rice a déclaré que son pays pouvait utiliser des "preuves sur des crimes commis" pour faire pression sur Bachar al-Assad.

La ville de Homs, en Syrie