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Attentat et fusillade à Oslo: le bilan passe à 92 morts

La fusillade qui a éclaté à Utoya a fait au moins 80 morts. [Svein Gustav Wilhelmsen - AFP]
La fusillade qui a éclaté à Utoya a fait au moins 80 morts. [Svein Gustav Wilhelmsen - AFP]
La bombe qui a explosé vendredi au siège du gouvernement norvégien à Oslo et la fusillade visant un rassemblement politique près de la capitale ont fait au moins 92 morts, selon un nouveau bilan. Ce sont les attaques le plus sanglantes en Europe depuis les attentats de Madrid en 2004.

La fusillade qui s'est produite durant un rassemblement de la jeunesse du parti travailliste au pouvoir sur l'île d'Utoya, dans la banlieue d'Oslo, a causé la mort de 85 personnes, selon la police norvégienne. Le tireur a été arrêté.


L'explosion perpétrée au centre d'Oslo deux heures avant la fusillade visait le principal bâtiment public abritant les services du gouvernement. Sept personnes ont été tuées et deux autres sont grièvement blessées. La déflagration qui s'est produite vers 15h30 a soufflé de nombreuses fenêtres de l'immeuble de 17 étages qui abrite les bureaux de Jens Stoltenberg, le Premier ministre. Le chef du gouvernement était absent de son bureau et il est sain et sauf.


La police et l'armée norvégiennes sont en état d'alerte. [Thomas Winje Oijord - AFP]La police et l'armée norvégiennes sont en état d'alerte. [Thomas Winje Oijord - AFP]


La police pense que les deux attaques sont liées, mais les mobiles ne sont pas encore connus. Elle a conseillé aux habitants de la capitale d'évacuer le centre de la ville, où des soldats ont pris position. La sécurité a été renforcée auprès des bâtiments et des institutions potentiellement menacés après la double attaque.


Carnage à un rassemblement de jeunes

C'est sur l'île d'Utoya, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest d'Oslo, que les victimes sont les plus nombreuses. L'île accueillait l'université d'été des jeunes travaillistes. Le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg devait y prononcer un discours samedi.


Un homme déguisé en policier s'est présenté en disant vouloir s'assurer de la sécurité des participants après l'explosion dans la capitale norvégienne, ce qui pourrait laisser supposer une attaque concertée. Il portait un pull estampillé avec le sigle de la police, mais n'a jamais travaillé pour celle-ci, selon le commissaire.


Le suspect a ouvert le feu sur les participants, faisant au moins 85 morts, selon la police. Pris de panique, les jeunes ont tenté de fuir en criant, certains plongeant dans le lac pour échapper aux tirs. Les témoins on décrit un homme froid et méthodique. Il marchait lentement et avec détermination, tirant sur tout le monde, a commenté un témoin.


Les forces de l'ordre ont arrêté l'auteur des coups de feu, un Norvégien de souche âgé de 32 ans. Selon les médias, il est proche de sites aux tendances fondamentalistes chrétiennes et il a des opinions hostiles à l'islam. Il a apparemment agi seul dans les attaques et "il semble qu'elles ne soient liées à aucune organisation terroriste internationale". Voir La Norvège sous le choc


Scènes de dévastation à Oslo

A Oslo, après la violente explosion, les images des télévisions norvégiennes montraient le siège du Premier ministre et d'autres immeubles totalement défigurés, des trottoirs jonchés de bris de verre et de la fumée s'élevant du quartier. Tout le secteur a été bouclé.


Des images de désolation au centre d'Oslo. [Keystone]Des images de désolation au centre d'Oslo. [Keystone]


Outre les bureaux du Premier ministre, le quartier abrite plusieurs ministères et la rédaction de "Verdens Gang" (VG), le plus grand tabloïd du pays. Plusieurs dizaines de personnes ont été hospitalisées pour des blessures plus ou moins graves.


Très central, ce secteur est d'ordinaire aussi très fréquenté. Mais l'explosion s'est produite à un moment où de nombreux habitants de la capitale sont en vacances en dehors de la ville. Des chiens policiers passaient le quartier au peigne fin à la recherche d'autres explosifs éventuels dans un paysage de désolation.


"Un attentat terroriste"

"C'est un attentat terroriste. L'événement le plus violent jamais vécu par la Norvège depuis la Deuxième Guerre mondiale", a dit Geir Bekkevold, élu de l'opposition au Parlement.


La Norvège, membre de l'Otan, a été plusieurs fois menacée par le passé par des dirigeants d'Al-Qaïda pour son implication dans la guerre en Afghanistan, où elle participe à la Force internationale d'assistance à la sécurité. Mais c'est la première fois qu'elle est frappée par un attentat.


agences/boi


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Condamnations tous azimuts

Ces attaques meurtrières ont soulevé une vague d'indignation internationale.

"Je veux présenter mes condoléances personnelles aux Norvégiens", a déclaré Barack Obama. "Nous sommes avec eux et nous leur fournirons toute l'aide possible", a-t-il ajouté.

"Je condamne en les termes les plus forts ces actes de lâcheté pour lesquels il n'y a aucune justification", a commenté le président de l'UE, Herman Van Rompuy.

Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a condamné "dans les termes les plus vigoureux possibles" des "actes de violence odieux". "Notre solidarité avec la Norvège reste inébranlable", a-t-il ajouté.

"La Norvège a apporté ses bons services à la paix dans les régions les plus instables de la planète. La dernière chose qu'elle mérite, c'est un attentat terroriste sur son sol", a déclaré le président du Parlement européen Jerzy Buzek.

Le Premier ministre britannique David Cameron s'est déclaré "révolté". "Ces attaques nous rappellent les menaces terroristes auxquelles nous sommes confrontés", a-t-il souligné, offrant "l'aide de la Grande-Bretagne, y compris des services secrets".

Le président français Nicolas Sarkozy a condamné "avec la plus grande fermeté cet acte odieux et inacceptable" et la chancelière allemande Angela Merkel a affirmé que son pays était aux côtés du gouvernement norvégien et de la population.

Micheline Calmy-Rey choquée

La présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey s'est dite "profondément choquée" et a présenté ses condoléances aux proches des victimes.

Le Département fédéral des affaires étrangères a affirmé ne pas avoir connaissance dans l'immédiat de victimes suisses.

Oslo, Norvège