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Nouveau "jour de la colère" dans le monde arabe

Des milliers d'Irakiens participaient à des manifestations à Bagdad vendredi. [Ali Abbas - Keystone]
Des milliers d'Irakiens participaient à des manifestations à Bagdad vendredi. [Ali Abbas - Keystone]
Plusieurs milliers de personnes manifestaient vendredi en Irak au milieu d'importants dispositifs de sécurité pour fustiger l'état des services publics, la corruption, le chômage ou encore l'incompétence de leurs dirigeants. Au Yémen, quatre manifestants ont été tués par des tirs de soldats. Survol pays par pays des événements de ce nouveau "vendredi de la colère".

IRAK: Le gouvernement accablé un an après les législatives

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté vendredi en Irak contre le manque de services publics, la corruption, le chômage ou encore l'incompétence de leurs dirigeants, lors de rassemblements moins massifs que ceux de la semaine précédente. La manifestation la plus importante, qui a rassemblé 2000 personnes dans le centre de la capitale, s'est terminée dans le calme vers 15 h. Et aucun débordement de violences n'a été signalé lors de la dizaine d'autres rassemblements qui ont eu lieu en Irak.


Au total, 22 manifestants et un policier ont péri dans le mouvement de contestation qui a commencé début février en Irak, et qui a culminé le 25 février par une "Journée de la colère" et des manifestations dans une vingtaine de villes irakiennes, au cours desquelles 16 personnes ont péri. Le 26 février, le guide spirituel de la communauté chiite, le Grand Ayatollah Ali Sistani, a joint sa voix à celle des manifestants en exigeant la suppression des avantages que se sont octroyés les hommes politiques irakiens. En réponse, le Premier ministre Nouri al-Maliki a donné dimanche 100 jours à ses ministres pour faire leurs preuves en matière de lutte contre la corruption et d'amélioration des services publics.


YÉMEN: La pression monte au Yémen

La capitale Sanaa a connu la plus importante démonstration de force de l'opposition contre le régime du président Ali Abdallah Saleh depuis le début du mouvement de contestation en janvier. Plus de 100'000 personnes se sont mobilisées à Sanaa, des centaines de milliers dans l'ensemble du pays. Les imams proches de l'opposition ont rejoint les manifestants dans les rues de Sanaa en appelant la population à défiler contre le pouvoir en place. Malgré cette pression croissante, le président a rejeté vendredi le plan de l'opposition qui exige son départ du pouvoir d'ici la fin de l'année.Saleh a maintenu son offre précédente de démissionner au terme normal de son mandat, en 2013. Il a tout de même accepté des propositions de réformes avancées par des dignitaires religieux cette semaine. Ces réformes déboucheraient sur une réorganisation du système électoral, du parlement et du système judiciaire.


JORDANIE: refus d'une monarchie constitutionnelle

A Amman, des centaines de personnes ont défilé après la prière vendredi pour réclamer des réformes politiques et dénoncer la corruption. Les protestataires, en majorité des islamistes, ont été rejoints par des militants de gauche et des partisans de réformes libérales.


TUNISIE: Ben Ali pourrait être accusé de "haute trahison"

Zine El Abidine Ben Ali lors de son discours du 13 janvier. [AP Photo / Channel 7 Tunisia - Keystone]Zine El Abidine Ben Ali lors de son discours du 13 janvier. [AP Photo / Channel 7 Tunisia - Keystone]


Les autorités tunisiennes de transition ont décidé de retarder les élections promises, le temps d'élire le 24 juillet une assemblée chargée de rédiger une nouvelle constitution. Lors de sa première conférence de presse, le nouveau Premier ministre Béji Caïd Essebsi a accusé vendredi le président déchu Zine El Abidine ben Ali de "haute trahison". Le chef du gouvernement a aussi annoncé que sa priorité sera de relancer l'économie tunisienne.


ÉGYPTE: référendum le 19 mars

Le nouveau Premier ministre égyptien Essam Charaf s'est adressé vendredi à des milliers de personnes rassemblées sur l'emblématique place Tahrir au Caire. Il s'est engagé à satisfaire les demandes populaires pour un changement démocratique. Une haie humaine a été formée pour lui permettre de passer parmi les manifestants. Par ailleurs, le référendum sur les amendements à la Constitution par une commission de juristes aura lieu le 19 mars, a annoncé le cabinet du Premier ministre.


BAHREÏN: de nouveaux blessés lors des manifestations

Des heurts ont opposé jeudi soir de jeunes sunnites à des chiites dans la banlieue de Hamad City, au sud de Manama, ce qui a nécessité l'intervention de la police, ont annoncé vendredi des habitants. Selon eux, les jeunes sunnites appartiennent à des familles syriennes naturalisées ces dernières années et la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les jeunes des deux camps. Selon un quotidien proche des autorités, ces heurts ont fait deux blessés. Des affrontements avec la police avaient déjà fait sept morts aux premiers jours de la contestation dans ce petit royaume du Golfe dirigé par une dynastie sunnite et dont la population autochtone est composée en majorité de chiites.


ARABIE SAOUDITE: les chiites réclament une journée de colère

Quelques centaines de personnes ont manifesté vendredi dans l'est à majorité chiite de l'Arabie saoudite pour réclamer la libération du cheikh Toufic al-Aamer, un prédicateur chiite arrêté dimanche "après avoir appelé à l'instauration d'une monarchie constitutionnelle" dans le royaume. Les chiites, qui se concentrent notamment dans la province orientale riche en pétrole, constituent environ 10% de la population de l'Arabie saoudite. Cette communauté se plaint de marginalisation dans un pays régi par le wahhabisme, une doctrine rigoriste sunnite.


MAROC: un nouvel organisme pour les droits de l'Homme

Le roi Mohammed VI du Maroc a mis en place jeudi un nouvel organisme public chargé de la défense des droits de l'Homme, en remplacement d'un précédent conseil au rôle uniquement consultatif, a-t-on appris de source officielle. Cette annonce intervient après les manifestations du 20 février au Maroc, qui avaient rassemblé des dizaines de milliers de personnes pour réclamer notamment des progrès sur les droits de l'Homme. Le nouveau conseil sera composé de personnalités représentant les pouvoirs publics, les ONG, les partis politiques ainsi que de personnalités indépendantes.



agences/vkiss


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