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Deuxième tour de la présidentielle guinéenne

Ce Guinéen brandit un panneau pro-Diallo, qui fut Premier ministre par le passé. [Joseph Penney - Reuters]
Ce Guinéen brandit un panneau pro-Diallo, qui fut Premier ministre par le passé. [Joseph Penney - Reuters]
Les Guinéens ont commencé à voter dimanche matin pour élire leur président, lors du second tour de cette présidentielle entamée en juin dernier. Ce premier scrutin libre en Guinée se déroule après plusieurs semaines de tensions politico-ethniques et pourrait marquer un tournant important pour ce pays d'Afrique de l'Ouest.

Quelque 4,2 millions d'électeurs vont choisir entre Cellou Dalein Diallo, plusieurs fois ministre puis Premier ministre sous le régime du défunt général Lansana Conté (1984-2008) et l'universitaire Alpha Condé qui s'est opposé à tous les régimes en place et a passé deux années en prison. Ils avaient obtenu respectivement 43% et 18% des voix au premier tour qui s'était déroulé il y a plus de quatre mois, le 27 juin.

Dans une école du bord de mer à Conakry, transformée en bureau de vote, Saïdou Cissé, médecin à la retraite de 67 ans, était présent une heure avant le début du scrutin, "pour ce jour très spécial", dit-il. "Tout le monde est pressé d'en finir avec l'ancien système, les détournements au profit de quelques-uns, la gabegie", affirme-t-il. Dans d'autres quartiers de la capitale, plusieurs centaines d'électeurs attendaient dans le calme de pouvoir accomplir leur devoir électoral.

Une campagne marquée par la violence

Sous la pression de la communauté internationale, les deux candidats, d'ethnies peule et malinké, les deux plus importantes de Guinée, avaient lancé ensemble un appel au calme et à la fraternité, vendredi, après une campagne marquée par des violences politico-ethniques. Les deux camps s'étaient accusés mutuellement de fomenter des fraudes et une tension ethnique latente, attisée par des rumeurs, avait débouché sur divers affrontements qui ont fait des dizaines de blessés et au moins un mort.

Samedi, le président de la transition, le général Sékouba Konaté, a réaffirmé que les militaires quitteraient le pouvoir à l'issue du processus. Il a appelé à "rompre avec un passé de violences" et de violations des droits de l'homme. Toutes les frontières ont été fermées dimanche et la circulation généralement interdite de 06h00 GMT à minuit (07h dimanche-01h lundi en Suisse).

afp/mej

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La fin de cinquante ans de dictature

Cette première élection présidentielle libre doit mettre un terme à plus de 50 ans de dictature et de régimes autoritaires en Guinée, ancienne colonie française qui avait pris son indépendance en 1958.

Le "père de l'indépendance" (1958-1984), Ahmed Sékou Touré, avait voulu créer une société socialiste mais s'était transformé en dictateur paranoïaque.

Le pays avait ensuite connu les 24 années de régime militaire autoritaire de Lansana Conté (1984-2008), puis d'amères désillusions sous la junte dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara, qui avait pris le pouvoir fin 2008.

Un pays meurtri

Le massacre de 157 opposants, en septembre 2009 dans un stade de Conakry, la capitale, a laissé la Guinée traumatisée.

Dans ce pays doté d'énormes richesses minières que se disputent les multinationales, la moitié de la population vit encore sous le seuil de pauvreté et la plupart des foyers n'ont ni l'eau courante ni l'électricité.