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Cyrille Bret: "Grâce au Bürgenstock, on a maintenant un kit de paix prêt à l'emploi"

Déclaration finale de la Conférence sur la paix en Ukraine avec 84 signatures: interview de Cyrille Bret
Déclaration finale de la Conférence sur la paix en Ukraine avec 84 signatures: interview de Cyrille Bret / La Matinale / 5 min. / le 17 juin 2024
La conférence du Bürgenstock peut être considérée comme un succès, estime dans La Matinale Cyrille Bret, chercheur à l'institut Jacques Delors. Si elle ne change pas directement le cours de la guerre en Ukraine, elle a permis de construire les outils en vue d'un plan de paix.

Le sommet du Bürgenstock est en premier lieu un succès pour la Suisse, juge Cyrille Bret lundi dans La Matinale: "C'est une réussite pour la diplomatie helvétique, dans sa capacité à rassembler, à fédérer, à organiser, à conduire les travaux, à les préparer et à les faire aboutir."

>> Lire : La conférence du Bürgenstock franchit un cap, mais tout dépendra de Moscou

Pour le chercheur, la conférence est également un succès sur le fond. Il explique qu'elle a permis de clarifier certains objectifs. "La déclaration en trois points sur la sécurité nucléaire, la liberté de navigation et la sécurité d'approvisionnement en alimentation est un point extrêmement important, qui a réussi à rallier plus de 80 États dans le monde, soit bien plus que la stricte Europe."

 Dès qu'un des deux protagonistes voudra entrer dans les négociations de paix, le cadre, l'agenda, les méthodes de discussion, les sujets, les détails à discuter seront déjà prêts

Cyrille Bret

Cyrille Bret admet toutefois que le sommet du Bürgenstock n'aura pas d'impact direct sur la guerre en Ukraine. "Dans l'immédiat, cela ne va rien changer. Dans l'immédiat, les deux ennemis sont insatisfaits de la situation militaire et donc n'ont aucune incitation à entrer en négociation. Mais cela change tout sur le moyen terme."

>> L'analyse dans Forum des suite de la conférence du Bürgenstock en Chine :

Le drapeau chinois. [James Zhu]James Zhu
Quelle suite à la conférence de paix sur l'Ukraine en Chine? / Forum / 5 min. / le 17 juin 2024

>> Lire également : Les moments forts du week-end du sommet de la paix sur l'Ukraine

Le spécialiste de la Russie développe: "Dès que la situation militaire sur le terrain sera considérée, à tort ou à raison, comme satisfaisante pour l'un des deux protagonistes, il voudra entrer dans les négociations de paix. Et dans ce cas-là, le cadre, l'agenda, les méthodes de discussion, les sujets, les détails à discuter seront déjà prêts. Avec ce forum du Bürgenstock, on a une espèce de kit si vous voulez faire la paix."

>> Participez à la discussion avec "dialogue", une offre de la SSR :

Un deuxième sommet cette année?

Pour la suite, la Suisse se dit prête à organiser des rencontres au niveau technique. Elle veut aussi dialoguer avec les pays qui ne sont pas venus au Bürgenstock. La présidente de la Confédération Viola Amherd a précisé que son homologue russe Vladimir Poutine pouvait venir négocier en Suisse sans risquer de se faire arrêter malgré le mandat d’arrêt international émis à son encontre.

L'objectif est d'organiser un deuxième sommet. Plusieurs pays se sont dit intéressés, même si aucune date n'a pour l'instant été choisie. Un tel sommet pourrait néanmoins avoir lieu avant le mois de novembre. C'est du moins l’espoir du chef des Affaires étrangères suisse Ignazio Cassis.

>> Les précisions de La Matinale :

La conférence du Bürgenstock abordera l’insécurité alimentaire liée à l’export de céréales. [Keystone - Urs Flueeler]Keystone - Urs Flueeler
Le sommet du Bürgenstock se termine: le bilan de Mathieu Henderson / La Matinale / 1 min. / le 17 juin 2024

Propos recueillis par Valérie Hauert

Adaptation web: Antoine Schaub

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Une conférence passée presque inaperçue dans la presse internationale

En France, le sommet du Bürgenstock a fait face à une très forte concurrence médiatique avec le tourbillon des élections législatives. Le Monde se contente d’un court article factuel pour évoquer une déclaration finale "timide". Libération parle d’un sommet qui s’est achevé sur une note plutôt positive pour Kiev.

En Allemagne, Der Spiegel relève le succès respectable pour les hôtes suisses d'avoir réussi à réunir 92 pays du monde. La Frankfurter Allgemeine Zeitung, elle, titre sur une paix qui semble lointaine pour l'Ukraine.

Pour le Corriere della Sera, les deux jours de discussions et de pressions diplomatiques n'ont pas suffi à briser le "front du scepticisme", avec douze pays, dont l’Inde et l’Arabie saoudite, qui n'ont pas signé le communiqué final de la conférence.

La presse anglo-saxonne s'est de son côté montrée très discrète. Ni le Financial Times, ni le New York Times, ni le Washington Post n'ont évoqué le Bürgenstock dans leurs pages de lundi.

>> La revue de presse de Tout un monde :

Bürgenstock [Keystone - EDA/POOL/Michael Buholzer]Keystone - EDA/POOL/Michael Buholzer
Bürgenstock: la montagne accouche d'une souris médiatique / Tout un monde / 3 min. / le 17 juin 2024