Modifié le 28 juin 2010 à 13:38

La famille Nazarbaïev investit en Suisse: la piste tessinoise révélée par la TSR

Le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a été réélu en 2005.
Le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a été réélu en 2005. [Keystone]
Le 23 décembre 2009, Dinara Kulibayeva, 43 ans, la fille cadette du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a acheté pour 74,7 millions de francs une somptueuse propriété de 7960 m2 à Anières.

Mais avant de s'installer dans le canton de Genève, celle qui
mariée à l'un des oligarques les plus puissants du Kazakhstan,
Timur Kulibayev, très actif dans le secteur du pétrole et du gaz,
avait déjà tissé des liens au Tessin.

Mais avant de s'installer dans le canton de Genève, celle qui
mariée à l'un des oligarques les plus puissants du Kazakhstan,
Timur Kulibayev, très actif dans le secteur du pétrole et du gaz,
avait déjà tissé des liens au Tessin.





L'enquête de la TSR a pu remonter cette piste et mettre à jour un
investissement immobilier au Tessin qui s'est fait au profit du
clan Nazarbaïev dans la plus grande discrétion.





Dinara Kulibayeva est arrivée en Suisse en janvier 2007, d'abord
domiciliée à Porza, une colline au dessus de Lugano au Tessin.
Jusqu'en décembre 2009, elle y louait pour 50 000 francs annuels la
luxueuse villa de Behgjet Pacolli, un homme d'affaire d'origine
kosovar déjà passablement connu en Suisse. C'est grâce à M. Pacolli
et ses avocats que la fille du président kazakh a obtenu un permis
L puis B, en qualité de directrice commerciale de Viled
International SA, un groupe kazakh de distribution de produits de
luxe qui a ouvert une antenne en 2006 à Chiasso.





Au printemps 2006, une homme d'affaire proche de Timur Kulibayev,
l'époux de Mme Kulibayeva, a pû acquérir en toute discrétion la
villa Romantica, un édifice du 19ème siècle qui a fait couler
beaucoup d'encre au Tessin.





- Behgjet Pacolli est depuis longtemps en affaire avec la famille
Nazarbaïev. Dans les années 90, sa société Mabetex avait obtenu la
plupart des marchés pour la construction d'Astana, la nouvelle
capitale du Kazakhstan.





- A Genève, l'homme d'affaire suisso-kosovar a été inculpé pour
blanchiment en 1999, dans le cadre du retentissant scandale de
pots-de-vin lié à la restauration du Kremlin. Mais faute de preuves
et d'une collaboration suffisante des autorités judiciaires russes,
l'affaire le concernant avait été classée





A ce jour, le seul propriétaire apparent de la Romantica est la
STOTT limited, une off shore domiciliée à Tortola dans les îles
vierges britanniques, représentée par Behgjet Pacolli.





Mais selon des documents consultés par la TSR, la STOTT, coquille
vide, est détenue à 50 % par la TRANSASIAN Oil B.V., une société
dirigée par un certain Arvind Tiku, homme d'affaire indien qui agit
au nom de Timur Kulibayev, le gendre du président Nazarbaïev et
mari de Dinara. Et c'est par le truchement d'un montage financier
très complexe que ce dernier a pu acquérir la Romantica pour 8,5
millions de francs suisses.





La TSR a ainsi pu reconstituer qu'au printemps 2006, la TRANSASIAN
a accordé un prêt de plus de dix millions de francs suisses à la
STOTT dont elle était actionnaire. En échange la compagnie proche
de M. Kulibayev s'est vue remettre un titre de reconnaissance de
dette gagée sur Romantica (cédule hypothécaire au porteur) de 8,5
millions de francs, devenant en dernier lieu propriétaire de la
villa, sans que son nom n'apparaisse au registre foncier.





La villa Romantica, ex villa Galli a été au cœur d'une vive
polémique au Tessin. En 2008, Behgjet Pacolli, avait annoncé
qu'elle serait détruite, remplacée par un gratte-ciel futuriste de
17,5 mètres. Devant les multiples oppositions, il reculait,
acceptant que les lieux soient préservés et transformés en hôtel
restaurant de luxe. Un accord en ce sens a été passé en octobre
2009 avec le Conseil d'Etat tessinois et la municipalité de
Melide.





En 2008, des élus du parlement local s'étaient également inquiétés
de l'acquisition peu transparente de la villa Romantica par une
société offshore, s'adressant au gouvernement tessinois. Il n'avait
alors pas reçu d'éclaircissements.





Anne-Frédérique Widmann et Agathe Duparc

Publié le 10 mars 2010 à 11:32 - Modifié le 28 juin 2010 à 13:38