Modifié

Des combattantes kurdes fuient l'Iran pour mener la révolution

Des jeunes femmes iraniennes qui ont fui la répression au Kurdistan irakien témoignent [RTS]
Des jeunes femmes iraniennes qui ont fui la répression au Kurdistan irakien témoignent / 19h30 / 4 min. / le 18 décembre 2022
Chawan et Simin sont originaires du Kurdistan iranien. Comme d’autres jeunes femmes, elles ont fui la répression en Iran pour rejoindre le Kurdistan autonome, au nord de l’Irak. Toutes deux s’entraînent pour mener la révolution en exil. Reportage.

Chawan et Simin sont originaires du Kurdistan iranien, une minorité qui paie au prix fort sa mobilisation contre la République islamique d'Iran. Pour échapper à la répression, les deux jeunes femmes ont décidé de rejoindre clandestinement le PDKI (Parti démocratique du Kurdistan d'Iran). Depuis des décennies, la faction a trouvé refuge au Kurdistan d'Irak, région autonome frontalière de l'Iran.

C’est après un long périple qu'elles réussissent à atteindre la frontière. Des heures à marcher de nuit sur les pentes escarpées du Mont Safen, avec la peur de se faire arrêter ou tuer par les forces iraniennes. "Les gardes-frontières ont fini par nous repérer et nous ont tiré dessus. Nous avons couru le plus vite possible et avons réussi à rejoindre la voiture des membres du PDKI qui étaient venus nous chercher", témoigne Chawan dans un reportage du 19h30.  

D'autres n'ont pas eu cette chance. "Le passeur qui m'a fait quitter l'Iran a été tué plus tard lors d'une opération. L'autre, qui nous a accompagnées lors de notre périple, a été arrêté par les forces iraniennes pour avoir aidé d'autres personnes à traverser la frontière", détaille Simin.

Entraînement militaire

Tout comme Chawan et Simin, elles seraient une vingtaine de jeunes femmes à fuir tous les mois le Kurdistan iranien. À gauche politiquement, encourageant les valeurs féministes, les partis comme le PDKI se présentent souvent comme étant sociaux-démocrates. Ces groupes apportent leur soutien aux manifestations qui secouent l'Iran depuis la mort de la jeune Kurde iranienne Mahsa Amini en septembre.

>> Lire à ce sujet: Mahsa Amini était "une femme qui voulait être indépendante économiquement", selon son cousin

Comme plusieurs de ses compatriotes, Chawan a décidé de quitter sa ville natale après avoir été fichée dans une manifestation par les gardiens de la Révolution. "En tant que fille je ne pouvais pas risquer de tomber entre leurs mains, d'être torturée et violée. C'est pour ça que je suis venue ici", explique-t-elle.

La jeune femme de 19 ans suit désormais une formation militaire de trois mois à la base de Koya pour devenir Peshmerga, nom donné aux combattants kurdes. Avec Simin, elles apprennent à se battre et à manier les armes. "Je ne sais pas à quel moment on devra les utiliser. Mais s'ils nous attaquent, nous sommes prêtes à nous défendre", assurent-elles.

Base bombardée

Chawan et Simin ont choisi l’exil pour échapper à la prison ou à la mort. Un espoir subsiste néanmoins : celui de voir un jour la dictature des mollahs renversée.

Si elles ont réussi à fuir l'Iran, les jeunes femmes ne sont pas pour autant à l'abri du danger. Depuis le début du soulèvement, Téhéran accuse le PDKI de fomenter la révolte et d'armer les manifestants. La région du Kurdistan irakien a déjà été bombardée plusieurs fois.

Le 14 novembre des tirs de missiles et des frappes de drones menés par Téhéran contre des groupes d’opposition kurdes iraniens ont fait un mort et huit blessés.

>> Lire à ce sujet: Téhéran déploie des blindés et les forces spéciales au Kurdistan iranien et Les Kurdes pris en étau par les attaques de la Turquie et de l'Iran

Sujet TV : Annabelle Durand

Adapation web: saje

Publié Modifié

La ville de Koya, dans le Kurdistan irakien