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Un commandant du régiment ukrainien Azov interpelle l'ONU et le CICR à Genève

Un commandant du régiment ukrainien Azov interpelle l'ONU et le CICR à Genève. [Gabriel Monnet - Keystone]
Un commandant du régiment ukrainien Azov interpelle l'ONU et le CICR à Genève / Le Journal horaire / 29 sec. / le 4 octobre 2022
Le commandant adjoint du régiment d'Azov, groupe qui avait résisté pendant plusieurs mois à l'armée russe à Marioupol, est venu à Genève demander davantage d'efforts de la part de l'ONU et du CICR. Il appelle à poursuivre "la pression" pour faire libérer les prisonniers de guerre.

"Nous continuons notre travail", a affirmé mardi soir sur la Place des Nations Sergueï Yuriyovich devant quelques dizaines de manifestants, dont les conseillers nationaux Laurence Fehlmann Rielle (PS/GE) et Nicolas Walder (Verts/GE). "Je vous demande de continuer à mettre la pression sur les organisations internationales".

Selon les proches des détenus évacués du complexe industriel de Marioupol et retenus en Russie, environ 800 Ukrainiens seraient toujours prisonniers. Les manifestants ont dénoncé les abus et les conditions "inhumaines" dont ils font l'objet. Quelque 2500 combattants ukrainiens avaient résisté jusqu'à mi-mai avant de se rendre. Selon Kiev, Marioupol est à 90% détruite et au moins 20'000 personnes y ont péri.

Le commandant Yuriyovich, qui avait été évacué dès mars dans un hôpital après avoir été blessé et qui se déplace toujours avec une jambe meurtrie, promet que d'autres Russes seront capturés. Il faut atteindre "un nombre suffisant pour les échanger avec nos prisonniers", insiste-t-il.

Appel à résister

La fiancée d'un soldat toujours retenu a appelé les femmes ukrainiennes "à rester fortes" et à "continuer de lutter". Une banderole demandait à l'ONU d'envoyer des représentants dans les centres de détention et plusieurs manifestants appelaient les organisations internationales à faire respecter les Conventions de Genève par Moscou.

Devant le Conseil des droits de l'homme mardi, le commissaire aux droits de l'homme du Parlement ukrainien, Dmytro Lubinets, s'est dit prêt à "témoigner" devant les juridictions internationales des atrocités qu'il a vues. Notamment à Boutcha où des fosses communes avaient été retrouvées. "Nous n'avons vu aucune action efficace" de l'ONU pour empêcher une agression, a estimé plus tard le commissaire devant les manifestants. Il accuse celle-ci de justifier l'attitude de la Russie sous couvert de neutralité.

Campagne de dénigrement du CICR en Ukraine

L'ONU a pourtant condamné à de nombreuses reprises l'offensive russe, dénonçant des actes qui peuvent équivaloir à des crimes de guerre. Elle s'est récemment dite inquiète de la situation sanitaire des détenus d'Olevnika, site dans la partie contrôlée par l'armée russe qui avait été bombardé. Les manifestants l'appellent à en faire davantage pour ces personnes.

Ils semblent lui demander, de même qu'au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), d'être plus actifs pour faire libérer les militaires ukrainiens. En Ukraine, le CICR a été victime d'une campagne de dénigrement pour avoir dialogué avec Moscou, alors que certains ne comprennent pas son rôle d'intermédiaire.

En revanche, la Suisse a elle été saluée par l'une des personnes rassemblées à Genève. Celle-ci l'a remerciée pour son soutien à l'Ukraine "dès le premier jour" de l'offensive russe.

ats/mera

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