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La star américaine du basket Brittney Griner condamnée à 9 ans de prison en Russie

Les diplomates américains s’affairent à libérer la basketteuse Brittney Griner, condamnée à 9 ans de prison en Russie [RTS]
Les diplomates américains s’affairent à libérer la basketteuse Brittney Griner, condamnée à 9 ans de prison en Russie / 12h45 / 2 min. / vendredi à 12:45
La star américaine du basket féminin Brittney Griner, détenue en Russie depuis février, a été condamnée jeudi à 9 ans de prison par un tribunal russe pour trafic de drogue. Elle avait été arrêtée avec une vapoteuse contenant du liquide de cannabis.

Le tribunal de Khimki, près de Moscou, a reconnu la joueuse coupable de possession et de trafic de drogue et l'a condamnée "à neuf ans de détention dans une colonie pénitentiaire", a déclaré la juge Anna Sotnikova.

La basketteuse va faire appel de cette décision de justice "insensée", ont annoncé ses avocats. De son côté, le président américain Joe Biden a qualifié cette condamnation d'"inacceptable". "Je demande à la Russie de la libérer immédiatement afin qu'elle puisse retrouver sa femme, ses proches et ses coéquipières", a-t-il exhorté dans un communiqué, quelques instants après l'annonce du verdict.

"Une erreur de bonne foi"

Agée de 31 ans et mesurant 2m06, la joueuse des Phoenix Mercury, considérée comme l'une des meilleures basketteuses du monde, était venue en Russie pour jouer pendant l'intersaison américaine, une pratique courante pour les basketteuses de WNBA qui gagnent souvent mieux leur vie à l'étranger qu'aux Etats-Unis.

"J'ai commis une erreur de bonne foi et j'espère que le jugement ne mettra pas fin à ma vie ici", avait plaidé Brittney Griner lors de sa dernière prise de parole avant l'énoncé de la décision de la cour. Depuis le début du procès, elle est apparue concentrée, répondant aux questions de la cour avec calme et précision.

Faible quantité

Elle avait été arrêtée à l'aéroport avec du liquide de vapoteuse à base de cannabis. Elle a reconnu avoir été en possession de cette substance, affirmant toutefois l'avoir apportée en Russie par erreur. Elle a surtout réfuté tout trafic, soulignant que cette faible quantité de substance n'était que pour sa consommation personnelle, à des fins analgésiques, car elle souffre de douleurs chroniques. "Je n'ai jamais voulu faire de mal à qui que soit, je n'ai jamais eu l'intention de mettre la population russe en danger, ni de violer la loi ici", a-t-elle déclaré jeudi.

Le procureur, de son côté, a assuré qu'elle avait sciemment essayé de "cacher" aux douaniers à l'aéroport le liquide à base de cannabis. Les avocats de la joueuse avaient demandé son acquittement.

Possible échange

La star, double championne olympique, se retrouve happée dans la crise géopolitique entre la Russie et les Etats-Unis. Son procès s'est accéléré ces derniers jours, alors que Moscou et Washington négocient un échange de prisonniers dont la joueuse pourrait faire partie, les Etats-Unis affirmant avoir récemment fait une offre à Moscou.

Une condamnation de la joueuse ouvre légalement la voie à un possible échange de prisonniers. La semaine dernière, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken et son homologue russe Sergueï Lavrov ont eu leurs premières discussions depuis le début de l'offensive de Moscou en Ukraine.

Le diplomate américain a indiqué avoir pressé son homologue d'accepter l'"offre conséquente" de Washington à Moscou pour obtenir la libération de Brittney Griner et d'un autre Américain détenu en Russie, Paul Whelan, qui purge une peine de 16 ans de prison pour espionnage.

Aucun accord n'a pour l'heure été rapporté et le Kremlin a paru irrité après les déclarations publiques de Washington au sujet des négociations.

afp/aps

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Les Etats-Unis vont "continuer" à discuter avec la Russie

Les Etats-Unis vont "continuer" à discuter avec la Russie au sujet d'un échange de prisonniers impliquant la basketteuse américaine Brittney Griner (lire ci-dessus), a déclaré vendredi le secrétaire d'Etat Antony Blinken.

Son homologue russe Sergueï Lavrov avait indiqué plus tôt dans la journée que la Russie était "prête" à négocier avec Washington "dans le cadre du canal (de communication) qui a été convenu par les présidents (Vladimir) Poutine et (Joe) Biden."