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La Turquie va mettre en service une centrale nucléaire financée par un groupe russe

La centrale d'Akkuyu en construction en Turquie. [Turan Salcı / Sputnik - afp]
La Turquie va mettre en service une centrale nucléaire financée par un groupe russe / Le 12h30 / 2 min. / le 28 mai 2022
En Turquie, la première centrale du pays, projet phare du président Recep Tayyip Erdogan, doit entrer en fonction l’an prochain. Une installation qui est construite et sera exploitée par un groupe russe. Et pour Ankara, il n'est pas question de renoncer au projet.

Alors que la guerre en Ukraine pose à l’Europe la question de sa dépendance énergétique, la Turquie mise sur le nucléaire et va mettre bientôt en service la centrale d'Akkuyu, dans le sud du pays.

Selon les autorités turques, à pleine capacité, cette centrale fournira 10% des besoins en électricité du pays et de ses 85 millions d’habitants. Et elle incarne aussi l'ambition turque de devenir un hub énergétique régional.

La Turquie devra payer 32 milliards à la Russie

Le financement, la construction et l'exploitation sont assurés par la Russie, ou plutôt un groupe public russe, le géant Rosatom. En vertu d’un accord intergouvernemental signé en 2010, Ankara sera obligée d’acheter à Moscou au moins 50% de l’électricité produite par la centrale pendant 15 ans.

Pour Özgür Gürbüz, journaliste spécialisé dans les questions environnementales, la Turquie est donc loin de diminuer sa dépendance à la Russie: "La Turquie devra payer au minimum 32 milliards de dollars pendant 15 ans pour l’électricité produite. Autrement dit, la Turquie devra payer environ 2 milliards de dollars par an à la Russie pour la seule centrale d’Akkuyu, en plus de ce qu’elle lui paye pour le gaz."

Un financement qui pourrait être plus difficile à trouver

Le président russe Vladimir Poutine et le président turc Recep Tayyip Erdogan en mars 2020. [Michael Klimentyev - EPA/Keystone]Le président russe Vladimir Poutine et le président turc Recep Tayyip Erdogan en mars 2020. [Michael Klimentyev - EPA/Keystone]Lancés en 2018, les travaux avancent vite et les autorités turques ont bon espoir de mettre en route le premier réacteur l’an prochain. Mais les sanctions qui visent la Russie, même si la Turquie n’y participe pas, pourraient compliquer la suite du projet. Ankara n'entend toutefois pas revenir sur ce choix.

Özgür Gürbüz estime que la Russie veut mettre en marche la centrale le plus tôt possible, pour commencer à bénéficier des revenus garantis élevés que la Turquie lui a promis. "Mais les sources de financement risquent d’être plus difficiles à trouver pour terminer la construction, notamment celle du quatrième réacteur qui n’a pas encore commencé."

Le président Recep Tayyip Erdogan insiste lui aussi sur une mise en route de la centrale dès l'an prochain, en 2023, année du centenaire de la République de Turquie et année électorale.

Anne Andlauer/boi

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