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Les points faibles des hélicoptères exacerbés par la guerre en Ukraine

Un hélicoptère russe détruit dans la région de Kiev. [Mykola Tymchenko - Reuters]
Un hélicoptère russe détruit dans la région de Kiev. [Mykola Tymchenko - Reuters]
Le conflit en Ukraine va-t-il sonner le glas de l'hélicoptère de combat? L'ampleur des pertes de ces appareils rappelle leur vulnérabilité mais surtout la nécessité ne pas les employer seuls, selon des experts qui pointent les erreurs des forces russes.

Saturé de défenses anti-aériennes à longue comme à courte portée, le ciel ukrainien a tout du piège mortel pour les voilures tournantes, comme l'illustrent les innombrables vidéos mises en ligne sur les réseaux sociaux: depuis le 24 février, les Russes ont perdu au moins 42 hélicoptères, les Ukrainiens sept, selon le blog spécialisé Oryx qui recense les pertes matérielles en Ukraine sur la base de photos ou vidéos recueillies sur le champ de bataille.

>> Le suivi de la guerre en Ukraine: Kiev réclame des armes lourdes pour faire face à l'avancée des Russes dans le Donbass

Les appareils conçus pour l'appui des blindés et troupes au sol, les hélicoptères d'attaque, pourtant blindés et surarmés, sont particulièrement exposés.

Avenir en question

Depuis le début de l'invasion russe, "les défenses aériennes des deux côtés ont eu un effet dissuasif clair sur les opérations d'hélicoptères", estime Sash Tusa, analyste britannique chez Agency Partners.

"Ces rappels désagréables des réalités de la guerre de haute intensité contre des adversaires de presque même force sapent à leur tour les arguments en faveur d'investissements supplémentaires et du maintien des capacités d'assaut aérien occidentales", écrit-il dans une tribune dans le magazine spécialisé Aviation Week.

Autrement dit, l'avenir de l'hélicoptère comme outil d'assaut est selon lui en question, d'autant que nombre de leurs missions peuvent dorénavant être effectuées par des drones bien moins coûteux.

Les drones n'ont pas la puissance de feu d'un hélicoptère d'attaque

Joseph Henrotin, chercheur à l'Institut de stratégie comparée (ISC). [LinkedIn - Joseph Henrotin]
Joseph Henrotin, spécialiste des questions stratégiques et de défense

Un "fiasco russe"

Dès le premier jour de la guerre, l'échec du raid russe contre l'aéroport d'Hostomel, près de Kiev, repoussé par les Ukrainiens, a montré les limites de l'assaut aéroporté.

Un "fiasco russe", pas dû aux insuffisances des hélicoptères mais aux conditions dans lesquelles ils ont été employés, selon Joseph Henrotin, chercheur à l'Institut de stratégie comparée (ISC).

"Les Russes ont très mal travaillé. Avant une opération aéroportée, il faut s'assurer que le ciel soit nettoyé et les défenses anti-aériennes ennemies supprimées", explique-t-il.

Des drones moins puissants

Pour Joseph Henrotin, le conflit constitue un "rappel assez sanglant pour les Russes des fondamentaux: un hélicoptère ne s'emploie pas tout seul" mais doit être coordonné avec l'ensemble des moyens militaires.

Et si certaines de leurs missions, comme de reconnaissance, peuvent dorénavant être menées par des drones, ces derniers sont complémentaires et ne peuvent pas tout faire.

"Pour l'instant, ils n'ont pas la puissance de feu d'un hélicoptère d'attaque", rappelle Joseph Henrotin: un drone turc Bayraktar utilisé par les Ukrainiens peut emporter quatre missiles, quand le Ka-52 avec ses 12 missiles et paniers de roquettes reste une "canonnière du ciel".

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afp/gma

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