Le suivi de la situation en Ukraine. [Keystone]
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L'Ukraine admet souffrir "de plus en plus" dans le Donbass, Severodonetsk bombardée sans relâche

- La situation devient "de plus en plus difficile" pour les Ukrainiens dans le Donbass où Moscou bombarde Severodonetsk "24 heures sur 24".

- A Kiev, le verdict dans le premier procès pour crimes de guerre doit être rendu lundi. Un soldat russe de 21 ans est accusé d'avoir tué un civil de 62 ans qui poussait son vélo tout en téléphonant.

- La loi martiale et la mobilisation générale en Ukraine, pays en guerre depuis son invasion par la Russie fin février, ont été prolongées dimanche de trois mois, jusqu'au 23 août.

- L'état-major ukrainien a relevé dans son point matinal quotidien dimanche que l'armée russe continuait "ses frappes de missiles et aériennes sur tout le territoire", et même avait "augmenté l'intensité en utilisant l'aviation pour détruire des infrastructures cruciales".

- Le président français Emmanuel Macron a demandé dimanche aux pays membres de l'Assemblée mondiale de la santé de soutenir une résolution condamnant l'agression militaire de la Russie contre l'Ukraine, et a "réaffirmé la pleine solidarité de la France et de l'Union européenne avec l'Ukraine".

Suivi assuré par la rédaction RTSinfo

00h00

La suite des évènements

22h30

Le point sur la situation en Ukraine

En Ukraine, après la reddition des derniers combattants de Marioupol, les forces russes continuent de progresser dans le Donbass. Cette avancée se fait au prix d'intenses dégâts matériels et humains.

Dans la petite ville de Soledar, à l'est de l'Ukraine, il ne reste pratiquement plus aucun bâtiment intact. La ville subit le pilonnage régulier de l'artillerie russe et les habitants qui n'ont pas fui les combats se terrent dans les abris.

Soledar est située tout près de la ligne de front. Au prix d'immenses destructions, les forces russes gagnent du terrain et tentent d'encercler la ville de Severodonetsk, un de leurs objectifs. "La situation dans le Donbass est extrêmement difficile. Comme les précédents jours, l'armée russe tente d'attaquer Sloviansk et Severodonetsk. Les forces armées ukrainiennes freinent cette offensive", a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

A Marioupol, longtemps symbole de cette résistance, les Russes ont annoncé la reddition des derniers combattants ukrainiens. Les rares habitants qui sont restés survivent dans un paysage de désolation. Pour Moscou, le contrôle de Marioupol est une victoire stratégique importante. Mais après trois mois de combats, les forces russes règnent sur un champ de ruines.

>> Voir le sujet du 19h30:

En Ukraine, après la reddition des derniers combattants de Marioupol, les forces russes continuent de progresser dans le Donbass [RTS]
En Ukraine, après la reddition des derniers combattants de Marioupol, les forces russes continuent de progresser dans le Donbass / 19h30 / 1 min. / le 22 mai 2022

21h50

Pour Gerhard Pfister, il est dans l'intérêt de la Suisse de livrer des armes à l’Ukraine

Alors que les forces russes gagnent du terrain dans le Donbass, la Suisse s'interroge sur son rôle de pays neutre dans ce conflit. Pour Gerhard Pfister, le président du Centre, ne pas laisser l’Allemagne livrer des munitions suisses à l’Ukraine est comparable à de la "non-assistance à personne en danger".

"La Suisse a l'obligation de se défendre. Lorsqu'il s'agit de l'attaque d'un pays européen, la Suisse doit porter secours à ce pays car lui aussi protège la Suisse en se défendant", a argumenté Gerhard Pfister, dimanche dans le 19h30.

>> En lire davantage: Gerhard Pfister: "Il faut arrêter de se comporter comme si rien n'avait changé en Europe"

Le Zougois avait pourtant soutenu, en octobre 2021 au Parlement, la loi sur le matériel de guerre qui interdit à la Suisse, sans exception, les exportations d’armes vers des pays en guerre. "Le monde a changé et nous avons une situation tout à fait nouvelle. Maintenant, il s'agit d'une guerre en Europe. Quand on avait voté pour cette loi, on parlait des guerres hors de l'Europe", s'est-il justifié.

"Pour moi, les intérêts de la Suisse sont sur la table, et le Conseil fédéral devrait agir de manière plus pro-active. Il faut arrêter de se comporter comme si rien n'avait changé en Europe", a encore déclaré le politicien face aux critiques qui l'accusent de vouloir redorer l'image de son parti grâce à la guerre.

>> L'entretien complet avec Gerhard Pfister dans le 19h30:

L'invité du dimanche: Gerhard Pfister, président du Centre, évoque la place de la Suisse et sa neutralité dans le contexte de la guerre en Ukraine [RTS]
L'invité du dimanche: Gerhard Pfister, président du Centre, évoque la place de la Suisse et sa neutralité dans le contexte de la guerre en Ukraine / 19h30 / 8 min. / le 22 mai 2022

21h00

La Russie affirme être prête à reprendre des pourparlers avec l'Ukraine

Le négociateur russe Vladimir Medinsky a affirmé dimanche que la Russie était prête à reprendre des pourparlers de paix avec l'Ukraine, assurant que leur suspension était due à Kiev.

"Pour notre part, nous sommes prêts à continuer le dialogue", a affirmé Vladimir Medinski, conseiller du Kremlin chargé des négociations avec Kiev, dans un entretien avec la télévision biélorusse.

"Le gel des pourparlers a été entièrement une initiative de l'Ukraine", a-t-il ajouté, estimant que la "balle était dans leur camp". "La Russie n'a jamais refusé des négociations", a encore déclaré le négociateur russe.

20h30

Les Pays baltes cessent d'importer de l'électricité russe

A la suite des sanctions internationales imposées à la Russie après son invasion en Ukraine, l'exportateur d'électricité russe InterRAO a perdu depuis dimanche la possibilité de vendre de l'électricité à ses clients dans les Pays baltes.

"Il s'agit d'une étape importante sur notre chemin vers l'indépendance énergétique", a déclaré dimanche à l'AFP le ministre lituanien de l'Energie Dainius Kreivys. Depuis des années, la Lettonie, la Lituanie et l'Estonie s'efforcent d'atteindre l'indépendance énergétique vis-à-vis de Moscou en augmentant la production intérieure d'électricité et en construisant des interconnexions de réseaux avec la Scandinavie et d'autres pays voisins.

"En refusant d'importer les ressources énergétiques russes, nous refusons de financer l'agresseur", a encore déclaré le ministre lituanien. L'électricité russe a représenté 17% des importations d'électricité en Lituanie l'année dernière.

19h00

Le président de l'Union africaine devrait se rendre à Moscou et à Kiev

Le président sénégalais Macky Sall a indiqué dimanche qu'il se rendrait prochainement en Russie et en Ukraine au nom de l'Union africaine, dont il assume actuellement la présidence.

Macky Sall a déclaré lors d'une conférence de presse commune avec le chancelier allemand Olaf Scholz qu'il avait reçu mandat de l'Union africaine pour effectuer ce voyage. La Russie avait adressé une invitation en ce sens, a-t-il dit.

"Nous avons aussi accepté de réunir l'ensemble des chefs d'Etat de l'Union africaine qui le souhaitent avec le président Zelensky, qui avait exprimé le besoin de communiquer avec les chefs d'Etat africains", a-t-il ajouté.

L'Afrique divisée et affectée

L'invasion de l'Ukraine par la Russie a divisé les pays africains. Elle a aussi durement affecté leurs économies, avec la hausse du prix des céréales et les pénuries de carburant par exemple.

Le Sénégal, aux relations fortes avec les pays occidentaux, avait surpris le 2 mars en s'abstenant lors d'un vote de l'Assemblée générale de l'ONU en faveur d'une résolution qui exigeait "que la Russie cesse immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine".

Le Sénégal avait en revanche voté le 24 mars une seconde résolution exigeant de la Russie un arrêt immédiat de la guerre. Près de la moitié des pays africains s'étaient abstenus ou n'avaient pas voté lors des deux votes.

16h50

Macron demande aux membres de l'OMS de condamner l'invasion russe

Le président français Emmanuel Macron a demandé dimanche aux pays membres de l'Assemblée mondiale de la santé de soutenir une résolution condamnant l'agression militaire de la Russie contre l'Ukraine, et a "réaffirmé la pleine solidarité de la France et de l'Union européenne avec l'Ukraine".

"Nous condamnons avec la plus grande fermeté l'agression militaire commise par la Russie, avec la complicité coupable de la Biélorussie", a lancé le président dans un message vidéo à l'ouverture de l'Assemblée, qui se réunira toute la semaine à Genève.

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours par visioconférence lors de la journée d'ouverture de la 75e Assemblée mondiale de la santé de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève, le 22 mai 2022. [Jean-Guy Python - AFP]Le président français Emmanuel Macron prononce un discours par visioconférence lors de la journée d'ouverture de la 75e Assemblée mondiale de la santé de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève, le 22 mai 2022. [Jean-Guy Python - AFP]

"Les conséquences de cette guerre sont dévastatrices, sur le plan sanitaire, sur les populations, sur les établissements et sur les personnels de santé, qui sont pris pour cible", a dénoncé Emmanuel Macron. "J'appelle tous les Etats membres à soutenir la résolution présentée par l'Ukraine", déjà défendue par les principaux alliés dont la France, l'UE et les Etats-Unis.

Le texte devrait être adopté mardi, mais s'il condamne fermement la Russie, il ne prévoit "en aucun cas [son] expulsion", faisait valoir un diplomate occidental, rappelant que les sanctions contre un pays membre autorisées par le règlement de l'OMS sont "très faibles".

15h45

L'adhésion de l'Ukraine à l'UE pourrait prendre "15 ou 20 ans", selon la France

L'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne prendra "sans doute 15 ou 20 ans", a estimé dimanche le ministre français délégué français aux Affaires européennes. Clément Beaune a préconisé que Kiev entre en attendant dans la communauté politique européenne proposée par le président Macron.

"Je ne veux pas qu'on vende aux Ukrainiens des illusions et des mensonges. On doit aux Ukrainiens [...] un projet politique dans lequel ils peuvent rentrer", a-t-il poursuivi.

La communauté politique européenne proposée par le président Macron est "complémentaire de l'UE" et "peut offrir un projet politique et concret à des pays qui ne sont pas dans le coeur de l'UE et qui veulent se rapprocher de nous", a encore observé le ministre.

"Ce n'est pas une porte fermée mais au contraire une porte ouverte", a-t-il affirmé, citant pèle-mêle des avantages comme la "libre circulation en Europe" et pouvoir "bénéficier en partie du budget européen pour la reconstruction et demain pour la relance" de l'Ukraine, peut-être des politiques communes sur l'énergie.

14h55

Loi martiale et mobilisation générale prolongées pour trois mois en Ukraine

La loi martiale et la mobilisation générale en Ukraine, pays en guerre depuis son invasion par la Russie fin février, ont été prolongées dimanche de trois mois, jusqu'au 23 août.

Lors de deux votes, le Parlement ukrainien, la Rada, a approuvé dimanche par la majorité absolue les décrets présidentiels sur la loi martiale et la mobilisation générale.

Déjà deux prolongations

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait signé le 24 février ces deux décrets. Ils ont déjà été prolongés à deux reprises pour une durée d'un mois.

Près de trois mois après le début de son offensive, la Russie poursuivait dimanche ses bombardements sur le Donbass, dans l'est de l'Ukraine.

12h20

Pour la France, l'objectif est "qu'il n'y ait pas de victoire russe"

L'objectif pour la France est "qu'il n'y ait pas de victoire russe". Il est également de "libérer l'Ukraine", a affirmé dimanche le ministre français délégué aux Affaires européennes Clément Beaune. "Le chercheur de guerre, le fauteur de guerre, c'est Vladimir Poutine", a ajouté l'ex-secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, promu ministre délégué après la victoire d'Emmanuel Macron à la dernière présidentielle.

"On apporte les moyens à l'Ukraine de résister, de se libérer d'une agression, sans être nous-mêmes en guerre. Eux n'ont pas provoqué la guerre en Russie. Ils cherchent à se libérer d'un pays qui les occupe en tant qu'Etat souverain", a-t-il argumenté, concluant avec un "Quand vous êtes faibles, vous ne créez pas la paix. L'Ukraine, c'est l'Europe".

Nuages entre Paris et Kiev

Les relations ne sont cependant pas au zénith entre Paris et Kiev. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky reproche à Emmanuel Macron de vouloir ménager une "porte de sortie" au président russe Vladimir Poutine. "Il ne faut pas chercher une porte de sortie pour la Russie, et Macron le fait en vain", a-t-il regretté la semaine dernière.

Emmanuel Macron a en outre proposé début mai de créer une "communauté politique européenne" pour permettre à l'Ukraine de rejoindre le projet européen sans attendre l'adhésion pleine et entière à l'UE qui prendra des "décennies", un projet qui ne convainc pas Volodymyr Zelensky.

"Nous n'avons pas besoin d'alternatives à la candidature de l'Ukraine à l'Union européenne, nous n'avons pas besoin de tels compromis", lui a répondu samedi le président ukrainien, pour qui une telle décision concernant l'Ukraine serait de fait un compromis passé avec la Russie.

11h25

Les hôteliers suisses redoutent l'effet de la guerre en Ukraine

Sept hôtels sur dix s'attendent à une baisse de la demande pendant la saison estivale en Suisse en raison de la guerre en Ukraine, montre une enquête menée du 5 au 10 mai par l'organisation faîtière de la branche Hotelleriesuisse et relayée par la SonntagsZeitung.

La moitié des sondés redoutent une baisse de la clientèle européenne. Hotelleriesuisse, de son côté, s'inquiète des cours de change, d'une situation économique générale détériorée et d'une baisse de la clientèle russe et ukrainienne à cause de la guerre et des sanctions économiques.

L'invasion russe en Ukraine va également dissuader un certain nombre d'Américains et d'Asiatiques de voyager en Europe, ajoute l'organisation. Les hôtels suisses prévoient malgré tout pour cette année un taux d'occupation des lits plus élevé qu'en 2020 et 2021, deux années marquées par la pandémie de Covid-19.

Les hôtels (ici le Royal Savoy à Lausanne) s'inquiètent des conséquences de la guerre en Ukraine. [Jean-Christophe Bott - Keystone]Les hôtels (ici le Royal Savoy à Lausanne) s'inquiètent des conséquences de la guerre en Ukraine. [Jean-Christophe Bott - Keystone]

08h20

Kharkiv s'organise pour repousser un éventuel deuxième assaut russe

Nouvelles tranchées autour de la ville, blocs de béton, sacs de sable, nombreux points de contrôle: Kharkiv, qui a déjà repoussé un premier assaut russe en février, organise sa défense en vue d'une éventuelle deuxième attaque russe.

L'étau s'est desserré autour de la ville, mais cette capitale régionale située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière russe sait qu'elle reste sous menace permanente. Elle a organisé une deuxième ligne de défense derrière les premières lignes.

"Pour les Russes, cette position sera impossible à prendre"

Le 24 février, le jour de l'invasion russe, "nous n'avions pas de positions. Nos combattants étaient couchés sur le bord de la route, derrière des buttes et tiraient de là. On était au contact. Mais maintenant, nous avons des tranchées, des zones bien protégées. Pour les Russes, cette position sera impossible à prendre", assure un infirmier de la garde nationale qui a accepté de faire visiter à l'AFP quelques dizaines de mètres du nouveau dispositif de défense.

Kharkiv reste à portée de canon et ses habitants ont appris à vivre avec le bruit des détonations de l'artillerie russe comme ukrainienne.

07h00

L'armée russe pilonne le Donbass

La Russie a continué de pilonner samedi l'est de l'Ukraine et affirmé avoir détruit avec des missiles de croisière un stock d'armes livrées par les Occidentaux.

L'état-major ukrainien a relevé dans son point matinal quotidien dimanche que l'armée russe continuait "ses frappes de missiles et aériennes sur tout le territoire", et même avait "augmenté l'intensité en utilisant l'aviation pour détruire des infrastructures cruciales".

Un bâtiment détruit à Bakhmut, dans la région de Donetsk. [Carlos Barria - Reuters]Un bâtiment détruit à Bakhmut, dans la région de Donetsk. [Carlos Barria - Reuters]

La Russie a affirmé avoir frappé un important stock d'armes fournies par les Occidentaux à l'Ukraine.

"Des missiles Kalibr à longue portée et de haute précision, lancés depuis la mer, ont détruit un important envoi d'armes et d'équipements militaires fournis par les Etats-Unis et des pays européens, près de la gare de Malin, dans la région de Jytomyr", a affirmé le ministère russe de la Défense. Il n'était pas possible de vérifier cette information de source indépendante.

06h00

"Poutine a tout détruit": le maire d'Odessa fustige Moscou

Autrefois considéré comme un politicien aux tendances prorusses, le maire de la ville ukrainienne d'Odessa, Guennadi Troukhanov, prend son temps pour évoquer son ressenti à propos de la Russie et du président russe Vladimir Poutine, qui a envahi le pays le 24 février. "Poutine a tout détruit", fulmine-t-il.

"Les Russes sont actuellement sur notre terre et ils bombardent nos villes, tuant nos gens et nos soldats", constate Guennadi Troukhanov lors d'un entretien à l'AFP. Pour lui, un point de non-retour a été franchi: il ne peut plus être question d'une quelconque amitié russo-ukrainienne. Il fustige les raids aériens, le blocus de la mer Noire et les millions de tonnes de céréales coincées dans les ports, dont Odessa.

Barricades devant l'opéra d'Odessa. [Maurine Mercier - RTS]Barricades devant l'opéra d'Odessa. [Maurine Mercier - RTS]

02h00

La guerre entre dans une phase "sanglante" selon Zelensky

Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la phase actuelle de la guerre, où les Russes concentrent leurs efforts dans l'est, "sera sanglante" mais in fine elle devra se résoudre "via la diplomatie".

"Les discussions entre l'Ukraine et la Russie auront forcément lieu", a-t-il déclaré à la télévision ukrainienne ICTV, alors que des pourparlers ébauchés en Turquie il y a quelques semaines sont restés lettre morte.

Il s'est dit à nouveau prêt si nécessaire à une rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine, qui n'a jusqu'à présent jamais donné suite.

Situation "extrêmement difficile"

Volodymyr Zelensky, dans son habituel message vidéo posté en soirée, a relevé que la situation militaire n'avait "pas évolué de manière significative" samedi "mais ç'a été très difficile".

"La situation dans le Donbass est extrêmement difficile", a-t-il insisté. Mais l'armée ukrainienne "repousse cette offensive. Chaque jour que nos défenseurs perturbent les plans des Russes nous rapproche du jour crucial, (...) que nous désirons tous et pour lequel nous combattons. Le jour de la victoire".

20h55

Moscou évalue la possibilité d'un échange de prisonniers

La Russie va étudier la possibilité d'échanger des combattants du régiment ukrainien Azov faits prisonniers contre Viktor Medvedtchouk. Ce  politicien et riche homme d'affaires ukrainien est réputé proche du président russe Vladimir Poutine.

"Nous allons étudier la question", a déclaré samedi le député russe Léonid Sloutski, membre de la délégation russe lors des dernières négociations avec Kiev, cité par l'agence de presse Ria Novosti, en réponse à une question sur un tel échange.

Assigné à résidence depuis mai 2021

S'exprimant depuis la ville séparatiste de Donetsk, dans le sud-est de l'Ukraine, il a précisé que l'éventualité d'un tel échange sera évoquée à Moscou par "ceux qui en ont les prérogatives".

Viktor Medvedtchouk, 67 ans, a été arrêté mi-avril en Ukraine, alors qu'il était en fuite depuis le début de l'offensive du Kremlin fin février. Il était assigné à résidence depuis mai 2021 après avoir été inculpé de "haute trahison" et de "tentative de pillage de ressources naturelles en Crimée", annexée par la Russie en 2014.

18h45

Erdogan entrouvre la porte à la Finlande sur une adhésion à l'Otan

C'est toujours non pour la Suède, mais la Turquie a semblé plus conciliante samedi envers une adhésion de la Finlande à l'Otan, après les premiers entretiens téléphoniques du président Recep Tayyip Erdogan avec ses homologues nordiques depuis le début de la crise.

Le chef de l'Etat turc a jeté un pavé dans la marre en prévenant le 13 mai dernier qu'il s'opposait à l'élargissement de l'Alliance atlantique à ces deux pays qu'il accusait d'être des "auberges pour les terroristes" du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan.

Demandes à la Suède

Juste après avoir parlé à la Première ministre suédoise Magdalena Anderson, le président turc a appelé la Suède à "mettre un terme à son soutien politique et financier et aux livraisons d'armes aux organisations terroristes".

Il a également demandé à Stockholm de "lever ses restrictions" sur les exportations d'armes vers Ankara, imposées depuis octobre 2019 à la suite des opérations militaires conduites par la Turquie dans le nord de la Syrie et de l'Irak contre des positions du PKK et de ses alliés kurdes des YPG, soutenus par les Etats-Unis contre l'Etat islamique.

Echange "ouvert" avec la Finlande

Changement de ton en revanche après son échange avec son homologue finlandais, un peu plus tard dans l'après-midi. Selon la présidence turque, Erdogan a simplement fait valoir "le droit naturel de la Turquie à attendre respect et soutien dans sa lutte légitime contre les menaces pour sa sécurité et sa population".

De son côté, sur Twitter, le président Niinitö a affirmé que "la Finlande condamne le terrorisme sous toutes ses formes" et a évoqué "un échange téléphonique ouvert et direct avec le président Erdogan".

"J'ai souligné qu'en tant qu'alliés au sein de l'Otan, la Finlande et la Turquie seraient engagées l'une envers l'autre pour leur sécurité et que leurs relations se renforceraient. Le dialogue soutenu continue", a-t-il insisté.

14h50

Des artistes ukrainiennes accueillies au Grand Théâtre de Genève

En Suisse, le cap des 50'000 réfugiés a été franchi durant la semaine écoulée. Parmi eux figurent de nombreux artistes. Pour les accueillir, certaines institutions culturelles se mobilisent, à l'instar du Grand Théâtre de Genève, qui accueille deux danseuses, toutes deux loin d'être des novices: elles faisaient partie du ballet de l'Opéra national d'Ukraine avant que la guerre ne les pousse à l'exil.

"Nous devons continuer notre travail parce que nous en avons besoin, c'est notre antidépresseur. Nous pensons beaucoup à la guerre, et nous avons parfois besoin de nous évader. La danse est notre refuge", a témoigné Krystyna Bykhovets samedi dans le 12h45 de la RTS. Elles préparent ensemble un spectacle autour de l'oeuvre de Tristan et Isolde.

"C'est plus qu'une simple danse, c'est notre coeur, notre âme"

Au total, le Grand Théâtre de Genève a pris sous son aile 6 Ukrainiennes. "C'est le moindre que l'on peut faire [...] avec la tragédie qui se passe dans ce pays. Donner la possibilité de permettre à ces personnes de continuer à exister comme artistes", explique le directeur de l'institution Aviel Cahn.

"C’est plus qu’une simple danse. C’est notre histoire, notre triste expérience. C’est notre coeur, notre âme, c’est très spécial pour nous", complète Krystyna Bykhovets.

>> Regarder le reportage du 12h45:

Des artistes ukrainiennes sont accueillies au Grand Théâtre de Genève [RTS]
Des artistes ukrainiennes sont accueillies au Grand Théâtre de Genève / 12h45 / 2 min. / le 21 mai 2022

14h20

La loi accordant à l'Ukraine 40 milliards pour son effort de guerre officiellement signée

Le président américain Joe Biden a signé samedi la loi adoptée jeudi par le Congrès apportant une gigantesque enveloppe de 40 milliards de dollars pour l'effort de guerre ukrainien contre la Russie, a annoncé samedi la Maison Blanche. Il a ratifié ce texte pendant son voyage officiel en Corée du Sud. La loi comprend six milliards de dollars pour permettre à l'Ukraine de s'équiper en véhicules blindés et de renforcer sa défense anti-aérienne, d'après la même source.

Sur Twitter, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a remercié son homologue américain, se disant "reconnaissant". "Le soutien du pouvoir exécutif des Etats-Unis, du président Biden et du peuple américain envers la lutte de l'Ukraine contre l'agresseur russe est crucial", a-t-il ajouté. "Nous attendons avec impatience cette importante et nouvelle aide. Elle est aujourd'hui plus nécessaire que jamais".

L'effort de guerre ukrainien contre la Russie est épaulé par un important soutien financier et matériel des pays occidentaux. Le 13 mai, l'Union européenne a ainsi annoncé fournir une aide militaire supplémentaire de 500 millions d'euros à l'Ukraine afin de l'aider à se défendre contre l'invasion russe. Soit "2 milliards d'euros au total" depuis le début de la guerre, selon le chef de la diplomatie de l'Union européenne Josep Borrell.

14h15

Joe Biden interdit d'entrée en Russie

La Russie a annoncé samedi qu'elle interdisait l'accès à son territoire à 963 Américains, parmi lesquels le président des Etats-Unis Joe Biden, son secrétaire d'Etat Antony Blinken et le directeur de la CIA William Burns.

Ces interdictions sont essentiellement symboliques étant donné la forte détérioration des relations entre la Russie et les Etats-Unis depuis le début de l'offensive militaire russe en Ukraine le 24 février.

11h00

La Russie dit avoir détruit un nouveau convoi d'armes occidentales

Le ministère russe de la Défense a affirmé samedi que ses forces avaient détruit dans le nord-ouest de l'Ukraine un important envoi d'armes fournies par l'Occident.

"Des missiles Kalibr à longue portée de haute précision, lancés depuis la mer, ont détruit un important envoi d'armes et d'équipements militaires fournis par les Etats-Unis et des pays européens près de la gare de Malin, dans la région de Zhytomyr", a précisé le ministère au cours d'un briefing.

10h40

Londres veut équiper la Moldavie pour résister à la Russie

La ministre des Affaires étrangères britannique Liz Truss souhaite voir la Moldavie, ancienne République soviétique de 2,6 millions d'habitants située entre l'Ukraine et la Roumanie, être équipée pour pouvoir se protéger contre une éventuelle agression russe, a-t-elle déclaré dans une interview publiée samedi dans le quotidien anglais The Telegraph.

Avec l'Ukraine et la Pologne, le Royaume-Uni travaille sur la mise à niveau des défenses ukrainiennes aux normes de l'Otan. "Cela s'applique également à d'autres États vulnérables comme la Moldavie. Parce qu'encore une fois, la menace venant de la Russie est plus large; nous devons également nous assurer qu'ils sont équipés aux normes de l'Otan", a précisé Liz Truss, estimant que la Russie représentait "absolument" une menace pour la sécurité de la Moldavie.

Equipements modernes à fournir

"Poutine a été clair sur ses ambitions de créer une plus grande Russie. Et ce n'est pas parce que ses tentatives de prendre Kiev ont échoué qu'il a abandonné ces ambitions", a ajouté la ministre britannique des Affaires étrangères.

Selon un assistant de la ministre cité par le Telegraph, "équiper la Moldavie aux normes de l'Otan" impliquerait que des membres de l'alliance fournissent des équipements modernes pour remplacer ceux de l'ère soviétique et forment les soldats à leur utilisation.

10h05

Zelensky: "Seule la diplomatie mettra fin à la guerre en Ukraine"

La guerre en Ukraine ne peut prendre fin que par le biais de discussions, a assuré samedi le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d'un entretien à une chaîne télévisée ukrainienne, alors que les négociations entre Moscou et Kiev sont dans l'impasse.

La guerre "sera sanglante, ce sera des combats, mais elle prendra fin définitivement via la diplomatie. Il y a aussi des choses que nous ne pourrons atteindre qu'à la table des négociations. Nous voulons que tout revienne comme avant, ce que la Russie ne veut pas", a-t-il ajouté, sans donner plus de détails.

Négociations en pause

Mardi, un conseiller du président ukrainien, Mykhaïlo Podoliak, avait indiqué que les pourparlers entre Moscou et Kiev étaient "en pause", estimant que Moscou ne faisait preuve d'aucune "compréhension" de la situation. Le lendemain, le Kremlin avait accusé l'Ukraine d'"absence totale de volonté" de négocier avec la Russie pour mettre fin à l'invasion de l'Ukraine, lancée le 24 février.

La dernière rencontre entre les chefs des délégations - Vladimir Medinski côté russe et David Arakhamia pour l'Ukraine - remonte au 22 avril, selon les agences russes.

09h15

Présence de la Russie boycottée à l'Apec

Les représentants des Etats-Unis et de plusieurs autres pays ont quitté samedi une réunion ministérielle du forum de Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (Apec) au moment de la prise de parole de leur homologue russe pour protester contre l'offensive militaire de la Russie en Ukraine, ont déclaré des responsables.

Les Américains ont été accompagnés par des représentants du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Japon et de l'Australie.

L'Apec réunit 21 pays. La réunion commencée samedi doit durer deux jours.

07h00

La Russie suspend ses exportations de gaz vers la Finlande

L'approvisionnement en gaz naturel de la Finlande par la Russie a été interrompu samedi, a déclaré la compagnie énergétique publique finlandaise Gasum, après que le pays nordique a refusé de payer le fournisseur russe Gazprom en roubles. Ce dernier a confirmé un peu plus tard l'interruption de ses livraisons à destination d'Helsinki.

Des vannes près d'une plate-forme de forage de gaz exploitée par la société Gazprom dans l'Arctique russe.  [Maxim Shemetov - Reuters]Des vannes près d'une plate-forme de forage de gaz exploitée par la société Gazprom dans l'Arctique russe. [Maxim Shemetov - Reuters]

Gasum a précisé que le gaz serait dorénavant fourni par d'autres sources via le gazoduc Balticconnector, qui relie la Finlande à l'Estonie.

Le groupe finlandais avait indiqué vendredi avoir été informé par le géant russe Gazprom de l'interruption samedi des livraisons.

En avril, Gazprom avait réclamé que tous les futurs paiements pour ses livraisons de gaz à l'export soient réglés en roubles plutôt qu'en euros, mais Gasum avait rejeté cette exigence et le groupe avait annoncé mardi qu'il demandait un arbitrage en justice.

Si le gaz ne représente que 8% de l'énergie consommée en Finlande, celui utilisé par le pays nordique provient pour l'essentiel de Russie.

00h00

Le déroulé de la journée de vendredi:

>> Le détail des événements lors de la journée de vendredi: La Russie a suspendu ses livraisons de gaz à destination de la Finlande