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En pleine crise économique, le Sri Lanka nomme son nouveau Premier ministre

Le nouveau Premier ministre sri-lankais Ranil Wickremesinghe. [Ishara S. Kodikara - AFP]
En pleine crise économique, le Sri Lanka nomme son nouveau Premier ministre / Le Journal horaire / 27 sec. / le 12 mai 2022
Le politicien Ranil Wickremesinghe a été investi jeudi Premier ministre du Sri Lanka, avec pour tâche de former un gouvernement d'union en pleine crise économique et après des affrontements meurtriers lors de manifestations cette semaine.

Ranil Wickremesinghe, âgé de 73 ans, a prêté serment jeudi, selon le bureau des médias du président Gotabaya Rajapaksa, alors que ce dernier est confronté à de nombreuses protestations exigeant sa démission en raison de l'aggravation de la crise économique du pays.

Le pays de 22 millions d'habitants, en proie à la pire crise économique depuis son indépendance en 1948, manque de dollars pour financer l'importation de produits de première nécessité (denrées alimentaires, carburant, médicaments). Les pénuries généralisées ont provoqué des manifestations quotidiennes dans tout le pays.

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Mercredi soir, durant sa première déclaration au pays depuis le début des manifestations, Gotabaya Rajapaksa s'était engagé à constituer un gouvernement d'union. Il avait alors promis de "nommer un Premier ministre qui dirigera une majorité au parlement et inspirera la confiance au peuple".

Son frère Mahinda Rajapaksa avait démissionné lundi du poste de Premier ministre après que ses partisans, armés de bâtons et de matraques, ont attaqué des manifestants pacifiques qui protestaient depuis plusieurs semaines. Ces agressions ont déclenché des affrontements qui ont fait au moins neuf morts et plus de 225 blessés depuis lundi, selon la police.

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Un gouvernement d'union

Un couvre-feu, en vigueur sur tout le territoire depuis lundi, a été levé jeudi matin pour permettre à la population de sortir se ravitailler, mais devait de nouveau être imposé dans l'après-midi. Jeudi, un tribunal a interdit à l'ex-Premier ministre, à son fils Namal et à 15 de ses alliés de partir à l'étranger en raison des actes de violence commis contre les manifestants anti-gouvernementaux.

Ranil Wickremesinghe était pressenti pour prendre les fonctions de Premier ministre qu'il a déjà occupées à cinq reprises depuis 1993. Il est le seul député du Parti national uni (UNP) depuis sa déroute aux élections législatives d'août 2020, où il avait alors remporté une majorité des deux tiers à l'assemblée. Le nouveau Premier ministre devra former un gouvernement d'union bénéficiant du soutien de tous les partis siégeant au parlement, qui compte 225 députés. Depuis le flux de défections subies en avril par le camp présidentiel, aucun groupe politique ne jouit d'une majorité absolue.

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Ranil Wickremesinghe a travaillé en étroite collaboration avec Gotabaya Rajapaksa ces deux derniers mois, à remanier le ministère des Finances et de la Banque centrale en vue de réformes fiscales et monétaires radicales, a affirmé cette source.

Selon des responsables, c'est dans ce cadre que le gouverneur de la Banque centrale, Nandalal Weerasinghe, à peine nommé, avait annoncé le 12 avril le défaut de paiement de la dette extérieure de 51 milliards de dollars du Sri Lanka. Il aurait ainsi presque doublé les taux d'intérêt et permis à la dévaluation de la roupie afin d'assurer une meilleure liquidité des devises étrangères dans les banques commerciales.

Proche du point de non retour

Mercredi, quelques heures avant l'allocution présidentielle, Ranil Weerasinghe avait averti que l'économie était en passe d'atteindre un point de non retour. "S'il n'y a pas de gouvernement dans les deux prochains jours, l'économie s'effondrera et personne ne pourra la sauver", avait-il prévenu.

Le SJB, principal parti d'opposition, avait été initialement invité à diriger un nouveau gouvernement, mais son chef Saith Premadasa se refuse à gouverner sous l'autorité du président dont il réclame la démission préalable. Une douzaine de députés du SJB se sont engagés à soutenir Ranil Wickremesinghe, considéré comme un réformiste pro-occidental, partisan du libre-échange.

"Nous avons perdu trop de temps au Parlement sans aborder la question centrale de l'économie", a jugé Harin Fernando, député de l'opposition. Selon lui, le pays avait "besoin d'au moins 85 millions de dollars par semaine pour financer les importations essentielles". Le Sri Lanka est actuellement en pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir un éventuel renflouement.

ats/iar

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