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Un accord serait "en vue" sur le nucléaire iranien après la reprise des négociations

Les négociations sur le nucléaire iranien reprennent mardi à Vienne, pour lesquelles les Etats-Unis ont estimé qu'un accord était "en vue" mais que sa conclusion devenait "urgente". [EU DELEGATION IN VIENNA  - AFP]
Un accord serait "en vue" sur le nucléaire iranien après la reprise des négociations / La Matinale / 1 min. / le 8 février 2022
Les négociations sur le nucléaire iranien reprennent mardi à Vienne, pour lesquelles les Etats-Unis ont estimé qu'un accord était "en vue" mais que sa conclusion devenait "urgente".

"Malgré les progrès", les pourparlers "sont parvenus à un stade où une conclusion devient urgente", a prévenu lundi un porte-parole du département d'Etat américain auprès de l'AFP.

Et il a ajouté: "Un accord qui réponde aux préoccupations-clés de toutes les parties est en vue, mais s'il n'est pas conclu dans les prochaines semaines, les avancées nucléaires de l'Iran rendront impossible notre retour" dans le texte de 2015.

Négociations en cours

Plus tôt dans la journée, un bref communiqué de l'Union européenne, chargée de coordonner cet exercice diplomatique à haut risque, avait annoncé que les parties concernées allaient "continuer les discussions" ce mardi dans la capitale autrichienne.

Les négociateurs s'étaient quittés fin janvier en appelant à des "décisions politiques" après les "progrès" réalisés au cours du mois, qui avaient permis de sortir d'une longue impasse.

>> Relire: Les raisons de la lueur d’optimisme dans les discussions sur le nucléaire iranien

Les pourparlers, qui ont débuté au printemps 2021, se déroulent entre les Iraniens et les parties restantes à l'accord (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni et Russie), avec la participation indirecte des Américains.

Retrait des Etats-Unis en 2018

Les Etats-Unis se sont retirés en 2018, sous la présidence de Donald Trump qui le jugeait insuffisant, de ce texte conclu trois ans plus tôt pour empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique.

Ils ont rétabli dans la foulée leurs sanctions économiques; en riposte, la République islamique s'est affranchie des restrictions-clés à son programme nucléaire.

Les négociations visent à mettre en oeuvre un "retour mutuel" de Washington et Téhéran dans l'accord, défendu par l'actuel président américain Joe Biden.

Le temps presse

Selon les experts, les Iraniens ont tellement dérogé aux restrictions prévues par l'accord de 2015 qu'ils ne sont plus qu'à quelques semaines de disposer de suffisamment de matière fissile pour fabriquer une arme atomique.

Les Etats-Unis ont prévenu la semaine dernière qu'il ne restait plus que "très peu de semaines", disant de nouveau souhaiter des négociations "directes" pour parvenir à un compromis dans cette "dernière ligne droite".

De son côté, Téhéran a renvoyé la balle aux Américains. "Il est naturel que la République islamique d'Iran s'attende à ce que les décisions nécessaires soient prises de l'autre côté, en particulier à Washington", a déclaré lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

"Un geste" des Américains

Vendredi, Washington avait fait "un geste" en annonçant le rétablissement des dérogations-clés protégeant de la menace des sanctions américaines les pays et entreprises étrangères impliqués dans des projets nucléaires civils non militaires.

>> Lire aussi: Washington rétablit des dérogations pour le nucléaire civil iranien

Cette décision doit permettre de "faciliter" des "discussions techniques" qui sont "nécessaires dans les dernières semaines des pourparlers", a expliqué la diplomatie américaine, mais il "ne s'agit pas d'une concession à l'Iran".

Si les Américains souhaitent montrer leur "bonne volonté", cela reste "insuffisant", a réagi le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian.

afp/vajo

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"Moment décisif" pour Olaf Scholz et "dernière étape" pour la Russie

Le chancelier allemand Olaf Scholz a jugé "le moment décisif", dans une interview au quotidien américain Washington Post mise en ligne lundi.

"Nous avons adressé un message clair" à l'Iran: "c'est l'heure des décisions, pas de faire traîner le processus", a-t-il dit. "Nous espérons qu'ils saisiront cette chance".

La Russie a estimé qu'il s'agissait de la "dernière étape" des négociations. "Nous sommes à cinq minutes de la ligne d'arrivée", a affirmé son négociateur dans un entretien publié lundi par le quotidien russe Kommersant.

Selon lui, un "projet de document final" de vingt pages a été mis au point, et peut servir de "base" pour "conclure assez rapidement" les discussions, même si "plusieurs points" doivent encore être débloqués.