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Julian Assange autorisé à contester son extradition devant la Cour suprême

Julian Assange, ici en février 2016 sur le balcon de l'ambassade équatorienne de Londres. [Peter Nicholls - reuters]
Julian Assange autorisé à saisir la Cour suprême britannique de son extradition / Le Journal horaire / 27 sec. / le 24 janvier 2022
La justice britannique a autorisé lundi le fondateur de WikiLeaks Julian Assange à demander à la Cour suprême de pouvoir y contester une décision autorisant son extradition vers les Etats-Unis, qui veulent le juger pour une fuite massive de documents.

Les juges de la Haute Cour ont précisé dans leur décision qu'il revenait au final à la Cour suprême, la plus haute juridiction du Royaume-Uni, de permettre ou non le recours de l'Australien de 50 ans.

En décembre, la Haute Cour avait annulé en appel la décision d'une juge qui avait refusé en première instance d'extrader Julian Assange vers les Etats-Unis.  Il y est poursuivi pour la diffusion, à partir de 2010, de plus de 700'000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, en particulier en Irak et en Afghanistan.

>> Lire aussi: La justice britannique annule le refus d'extrader Julian Assange

Plus de 1000 jours de détention

Poursuivi notamment pour espionnage, Julian Assange risque jusqu'à 175 ans de prison dans une affaire qui constitue, selon ses soutiens, une attaque gravissime contre la liberté de la presse. "Notre combat se poursuit. Nous nous battrons jusqu'à ce Julian soit libre", a déclaré en sortant de la cour, souriante et visiblement soulagée, sa fiancée Stella Moris et mère de ses deux enfants.

"Aujourd'hui, c'est une victoire partielle", mais "la punition est maintenue" pour Assange, détenu à la prison de Belmarsh "depuis plus de 1000 jours", a déploré le rédacteur en chef de WikiLeaks Kristinn Hrafnsson. Il évoque "des violations graves des droits humains". Et a dénoncé les poursuites américaines comme "une attaque terroriste flagrante contre la liberté de la presse dans le monde".

Décision saluée

La justice britannique avait initialement tranché en sa faveur il y a un an, lorsque la juge Vanessa Baraitser s'était opposée à la remise aux autorités américaines de Julian Assange, invoquant le risque de suicide.

Mais Washington avait remporté une victoire majeure en décembre, lorsque la Haute Cour avait annulé cette décision, estimant que les États-Unis avaient fourni des assurances répondant aux inquiétudes de la juge.

Notre combat se poursuit. Nous nous battrons jusqu'à ce Julian soit libre

Stella Moris, fiancée de Julian Assange [Andy Rain - Keystone]
Stella Moris, fiancée de Julian Assange

Les avocats de l'Australien avaient alors demandé à pouvoir s'adresser à la Cour Suprême, ce que la Haute Cour les a autorisés à faire lundi, invoquant "un point de droit" à éclaircir concernant les assurances données par le gouvernement américain sur le traitement qui lui serait réservé. Ils ont désormais 14 jours pour saisir cette juridiction.

La décision a aussi été saluée par des dizaines de soutiens de Julian Assange, rassemblés devant la cour. 

>> Regarder dans Forum: Le grand débat - Julian Assange, quelle justice?

Le grand débat - Julian Assange, quelle justice? [RTS]
Le grand débat - Julian Assange, quelle justice? / Forum / 19 min. / le 14 décembre 2021

Arrêté en avril 2019

Incarcéré dans une prison de haute sécurité près de Londres depuis deux ans et demi, Julian Assange avait été arrêté par la police britannique en avril 2019 après avoir passé sept ans dans l'ambassade d'Equateur au Royaume-Uni où il s'était réfugié alors qu'il était en liberté sous caution.

Il craignait alors une extradition vers les États-Unis, ou la Suède où il faisait l'objet de poursuites pour viol depuis abandonnées.

>> Lire aussi: Le procès d'extradition de Julian Assange s'ouvre à Londres

Au cours de l'audience en appel au sujet de son extradition fin octobre, les États-Unis avaient cherché à rassurer sur le traitement qui serait réservé au fondateur de WikiLeaks. Ils avaient notamment affirmé qu'il ne serait pas incarcéré à la prison de très haute sécurité ADX de Florence où sont notamment détenus à l'isolement quasi-total des membres d'Al-Qaïda.

afp/hkr

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