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Dix ans après la tuerie d'Utoya, Breivik demande sa libération

Anders Breivik, photographié en janvier 2017. [Lise Aaserud - NTB Scanpix via AP]
Dix ans après la tuerie d'Utoya, Breivik demande sa libération / Le Journal horaire / 28 sec. / le 18 janvier 2022
Dix ans après avoir tué 77 personnes en Norvège, l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik plaide ce mardi pour sa remise en liberté, une demande vouée à l'échec mais susceptible de lui servir de tribune politique au grand dam des familles des victimes.

Dans une procédure délocalisée, pour raisons de sécurité, dans le gymnase de la prison de Skien (sud) où il est incarcéré, la justice norvégienne va examiner la demande de libération conditionnelle déposée par Anders Behring Breivik, condamné en 2012 à 21 ans de prison avec possibilité d'extension.

Le 22 juillet 2011, l'extrémiste de droite avait d'abord fait exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, faisant huit victimes, puis tué 69 autres personnes, des adolescents pour la plupart, en ouvrant le feu sur un camp d'été de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utøya.

Le tueur, aujourd'hui âgé de 42 ans, reprochait à ses victimes de faire le lit du multiculturalisme. Dès l'ouverture de l'audience, il a fait un salut nazi à l'intention de l'assemblée.

>> Lire aussi: Dix ans après le double attentat d'Utoya en Norvège, "la haine est toujours là"

Une demande qui ne devrait pas aboutir

"Comme dans tout autre Etat de droit, un condamné a le droit de demander sa libération conditionnelle et Breivik a décidé de faire usage de ce droit", a déclaré l'avocat d'Anders Behring Breivik avant l'audience.

La peine dont il avait écopé, à savoir une forme de rétention de sûreté qui peut être étendue indéfiniment, aussi longtemps qu'il sera considéré comme un risque pour la société, avait été assortie d'une période minimale de dix ans, le maximum prévu par la loi à l'époque.

Dans un pays qui n'avait pas connu de crime aussi violent depuis la Seconde Guerre mondiale, la demande de libération conditionnelle n'a, de l'avis général, aucune chance d'aboutir. "Il n'est pas devenu moins extrémiste d'un point de vue idéologique", fait valoir Tore Bjørgo, directeur du Centre de recherche sur l'extrémisme de droite de l'université d'Oslo.

"Il se présente maintenant comme national-socialiste et même s'il dit qu'en ce qui le concerne, la lutte armée est une phase qui appartient au passé, il n'a d'aucune façon pris ses distances avec la tuerie de masse qu'il a commise et qu'il juge totalement légitime", explique-t-il.

Aucun remord

Dans les prétoires ou des courriers, Breivik a dans le passé dit renoncer à la violence. En 2016, lors d'un procès contre l'Etat pour protester contre son isolement carcéral, il avait osé la comparaison avec Nelson Mandela, passé de la lutte armée au combat politique.

Mais l'extrémiste, qui avait achevé la plupart de ses victimes d'une balle dans la tête, n'a jamais exprimé de remords crédibles. Salut hitlérien, digressions pseudo-idéologiques, il a au contraire tenté de détourner chacune de ses apparitions dans un prétoire à des fins de propagande, conformément à ce qu'il professait dans le "manifeste" qu'il a diffusé avant son passage à l'acte.

En 2016, Breivik, qui dispose en prison de trois cellules, d'une télévision avec lecteur DVD et console de jeux et d'une machine à écrire, avait réussi à faire condamner l'Etat pour traitement "inhumain" et "dégradant" en raison de son maintien à l'écart des autres détenus. Le jugement avait été cassé en appel.

>> Revoir le sujet du 19h30 après la tuerie:

Norvège : le carnage d'Utoya traumatise tout un pays avec un bilan de 85 morts
Norvège : le carnage d'Utoya traumatise tout un pays avec un bilan de 85 morts / 19h30 / 2 min. / le 23 juillet 2011

afp/boi

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