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La Suisse pourrait contribuer à la stabilité en Ukraine à travers l'OSCE

Un bus de l'OSCE photographié devant un bâtiment de l'OSCE en Urkaine.  [Anthony Anex - Keystone]
La Suisse pourrait contribuer à la stabilité en Ukraine à travers l'OSCE / La Matinale / 2 min. / le 13 janvier 2022
L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a tenu séance jeudi à Vienne. Cette réunion, à laquelle participait Ignazio Cassis, était notamment l'occasion de faire le point sur la situation en Ukraine. Et la Suisse peut jouer un rôle indirect dans cette crise, comme elle l’a fait déjà par le passé.

En 2014, la guerre éclate dans le Donbass, région de l'est de l'Ukraine. Le conflit oppose des séparatistes pro-russes soutenus par Moscou aux partisans d’un maintien dans l’Ukraine.

La Suisse préside alors l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Sous la houlette de Didier Burkhalter et d’une poignée de diplomates très actifs au sein de l’OSCE, elle joue alors un rôle important dans l’apaisement de cette crise.

"La Suisse a proposé toute une série de mesures de désescalade, notamment la mission spéciale d'observation en Ukraine. Il y avait aussi de nombreux diplomates clés qui ont permis à la Suisse de jouer ce rôle et d’éviter une escalade des tensions au printemps 2014", explique dans La Matinale Thomas Greminger, directeur du centre de politique de sécurité à Genève et ancien secrétaire général de l’OSCE.

"Série de mesures concrètes"

Huit ans plus tard, le conflit est larvé. Les accords de Minsk ont instauré un cessez le feu en 2015, mais rien n’est résolu. La Suisse a pourtant toujours une carte à jouer.

"Ce que la Suisse peut faire, c’est pousser l’OSCE pour faire avancer ces discussions. Il y aurait toute une série de mesures concrètes autour de la réduction des risques militaires qui peuvent donner des résultats à court terme", estime Thomas Greminger.

Les défis sont nombreux, puisque l’OSCE compte 57 pays. La Suisse pourrait toutefois reprendre un rôle indirect pour aider à réduire les tensions dans cette région d’Ukraine.

>> Ecouter aussi l'analyse de la situation dans La Matinale:

Un soldat ukrainien dans une tranchée faisant face aux lignes des rebelles pro-russes dans la région de Donetsk. [Andriy Dubchak - Keystone/AP Photo]Andriy Dubchak - Keystone/AP Photo
Après Genève et Bruxelles, le dialogue sur l'Ukraine se poursuit à l'OSCE à Vienne / La Matinale / 1 min. / le 13 janvier 2022

Virginie Langerock/asch

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L'OSCE insiste sur "l'urgence" à désamorcer la crise en Ukraine

Après les réunions de Genève et de Bruxelles, l'OSCE a clos à Vienne un ballet diplomatique intense pour désamorcer le risque d'un conflit en Ukraine, soulignant "l'urgence" à relancer le dialogue sur la sécurité en Europe.

Moscou a de son côté dressé un constat de blocage et a dit ne pas voir d'utilité à de nouveaux pourparlers avec les Occidentaux "dans les prochains jours", tant les divergences sont profondes. Selon le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, ceux-ci ont promis des réponses écrites la semaine prochaine aux exigences de son pays.

"Situation périlleuse"

"La situation dans la région est périlleuse", a déclaré la secrétaire générale de l'OSCE Helga Schmid à l'ouverture de son Conseil permanent.  "Il est impératif de trouver, par la voie diplomatique, un moyen d'enrayer l'escalade et de commencer à rebâtir la confiance, la transparence et la coopération", a-t-elle ajouté, évoquant "un besoin urgent" face à "un environnement imprévisible".

L'OSCE, une plateforme multilatérale de discussions Est-Ouest issue de la Guerre froide, "est un lieu unique pour cela", a-t-elle insisté. "Chacun des 57 Etats membres a un siège autour de la table". Cette instance est en effet un des rares forums d'échanges dont les Etats-Unis et la Russie sont tous les deux membres.

Environ 100'000 soldats russes

Les Occidentaux accusent Moscou d'avoir massé ces dernières semaines environ 100'000 soldats, des chars et de l'artillerie à la frontière avec l'Ukraine pour préparer une attaque contre ce pays, une intention niée par les autorités russes.

De son côté, la Russie affirme que ce déploiement militaire est une réaction à la présence jugée croissante et menaçante de l'OTAN dans ce qu'elle considère comme sa zone d'influence. Elle refuse par ailleurs tout élargissement de l'Alliance atlantique à des pays situés selon elle dans son pré carré, comme l'Ukraine.