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Christiane Taubira "envisage" d'être candidate à la présidence française

Christiane Taubira en 2015. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
Christiane Taubira envisagerait une candidature à l’élection présidentielle / Le 12h30 / 1 min. / le 17 décembre 2021
L'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira a déclaré vendredi "envisager" sa candidature à la présidentielle de 2022, "donnant rendez-vous à la mi-janvier", dans une vidéo sur les réseaux sociaux.

"J'envisage d'être candidate à l'élection présidentielle de la République française", a déclaré l'ancien ministre de la Justice de François Hollande dans une vidéo de trois minutes diffusée sur les réseaux sociaux.

"Je ne serai pas une candidate de plus", a-t-elle toutefois affirmé, assurant vouloir "mettre toutes [ses] forces dans les dernières chances de l'union", à l'heure où la gauche est éparpillée entre plusieurs candidatures, pour un faible total d'environ 25% des intentions de vote au premier tour.

A 69 ans, la native de Cayenne dit avoir "fait le compte" des "interrogations et attentes" des Françaises et des Français avant de se lancer pour "ouvrir un chemin commun". "J'ai toujours dit que je prendrai ma responsabilité", a-t-elle appuyé.

Pas de mention de la Primaire populaire de janvier

L'ancienne garde des Sceaux n'a pas fait mention d'une potentielle participation à la Primaire populaire, prévue fin janvier 2022 et qui vise à désigner une candidature unique à la gauche. La date limite en est fixée au 15 janvier.

"Nous saluons la position de Mme Taubira", se sont félicités ses organisateurs, appelant l'ancienne ministre à "participer au vote de la Primaire populaire" et "faire gagner la justice sociale et l'écologie en 2022".

Depuis quelques semaines, l'ancienne députée de Guyane avait multiplié les contacts avec les entourages de plusieurs candidats à gauche, faisant espérer une possible candidature pour les partisans d'une "union" (lire encadrés).

La potentielle candidature de Christiane Taubira divise encore un peu plus le paysage à gauche, à quatre mois du scrutin présidentiel.

Popularité intacte à gauche

Malgré de rares apparitions médiatiques, Christiane Taubira jouit toujours d'une popularité intacte auprès de l'électorat de gauche, issue notamment de son combat pour le mariage pour tous en 2013.

Une étude Odoxa pour L'Obs publiée il y a une semaine a révélé qu'elle est, à gauche de l'échiquier politique, la figure jugée "la plus compétente", "convaincante" et "proche des préoccupations des Français". Devant Anne Hidalgo et Yannick Jadot.

Reste pour l'ancienne députée européenne à transformer les attentes d'une partie de la gauche et convaincre plus largement. Testée pour la première fois depuis la proposition d'Anne Hidalgo de primaire, Christiane Taubira est créditée de seulement 2% d'intentions de vote au premier tour, selon un sondage OpinionWay - Mieux voter publié mercredi.

Une épine dans le pied

Autre épine dans son pied, tout en assurant que les propos des antivax sont "un ramassis d'imbécillités", elle avait refusé fin septembre d'appeler à la vaccination contre le Covid en Guyane, arguant que donner une consigne alors qu'elle ne disposait pas de suffisamment d'"éléments d'information" risquerait de "décrédibiliser" sa "parole forte".

Des propos très critiqués, le ministre de la Santé Olivier Véran évoquant même la "lâcheté" de l'ancienne députée.

Ce n'est pas la première fois que la Guyanaise se lance dans la course à l'Elysée: en 2002, elle avait été candidate sous les couleurs du Parti radical de gauche (PRG), recueillant 2,32% des voix.

afp/sjaq

>> Ecouter aussi l'analyse d'Alexandre Habay:

Christiane Taubira. [Anne Kearney - RTS]Anne Kearney - RTS
Christiane Taubira candidate à la présidentielle? Analyse / Le Journal de 7h / 1 min. / le 18 décembre 2021
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Les candidatures de gauche

Outre l'ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira, sont également susceptibles d'obtenir les 500 parrainages la socialiste Anne Hidalgo, l'écologiste Yannick Jadot, l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, le communiste Fabien Roussel ou encore Arnaud Montebourg (La Remontada), Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Arthaud (LO).

Réaction politiques

La candidate PS à la présidentielle Anne Hidalgo a proposé vendredi aux autres candidats de gauche un débat télévisé "avant le 15 janvier", pour faire émerger devant les Français "convergences" et "différences".

Il faut "montrer que la gauche apporte des solutions de justice attendues par nos concitoyens", a-t-elle plaidé devant la presse, en listant les sujets sur lesquels les sept candidats déclarés à gauche peuvent selon elle s'entendre.

Les écologistes divisés

Chez les écologistes, deux lignes différentes ont déjà réagi: "C'est bien, elle met les pieds dans le plat de l'union", a applaudi Sandrine Rousseau, finaliste de la primaire écologiste. Là on commence vraiment (...) à voir un gouvernement de gauche, donc allons-y!", s'est-elle réjoui sur RMC.

"J'en ai un peu assez de ces candidatures qui potentiellement s'ajoutent les unes aux autres", a réagi le candidat écologiste Yannick Jadot qui tenait au même moment une conférence de presse.

"On est à quatre mois de l'élection présidentielle, et à gauche et chez les écologistes on n'arrive pas à parler aux Français", a-t-il ajouté, assurant que sa candidature à lui "sera là jusqu'au 10 avril, au 24", dates des premier et second tour de la présidentielle.