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Rejet de la candidature du fils de Kadhafi pour la présidentielle libyenne

La Libye ne sera pas dirigée par un nouveau Kadhafi: onze ans après la révolte qui a évincé le dictateur Mouammar Kadhafi, l'Autorité électorale du pays a rejeté mercredi la candidature de son fils cadet Seif al-Islam à la présidentielle prévue le 24 décembre. [HAZEM TURKIA - ANADOLU AGENCY VIA AFP]
Rejet de la candidature du fils de Kadhafi pour la présidentielle libyenne / Le Journal horaire / 33 sec. / le 23 novembre 2021
La Libye ne sera pas dirigée par un nouveau Kadhafi: onze ans après la révolte qui a évincé le dictateur Mouammar Kadhafi, l'Autorité électorale du pays a rejeté mercredi la candidature de son fils cadet Seif al-Islam à la présidentielle prévue le 24 décembre.

Recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour "crimes contre l'humanité", Seif al-Islam Kadhafi, qui avait présenté sa candidature le 14 novembre, figure parmi les 25 candidats dont les dossiers ont été rejetés, selon un communiqué de la Haute commission électorale (HNEC).

>> Relire: Un fils de Kadhafi se présente à l'élection présidentielle en Libye

La HNEC a expliqué avoir rejeté ces candidatures sur la base de plusieurs textes de loi ainsi que de lettres qui lui ont été adressées par le procureur général, le chef de la brigade criminelle de la police et le président de la Direction des passeports et de la nationalité.

"Les noms mentionnés sont exclus de la liste préliminaire des candidats car ils ne remplissent pas les conditions requises et n'ont pas versé tous les documents nécessaires dans leurs dossiers", a affirmé la HNEC.

Pour justifier l'exclusion de Seif al-Islam Kadhafi, la HNEC a notamment invoqué des articles de la loi électorale stipulant que tout candidat "ne doit pas avoir été condamné pour un crime déshonorant", et doit présenter un extrait de casier judiciaire vierge.

Capturé en 2011

Capturé en novembre 2011 par un groupe armé à Zenten dans le nord-ouest de la Libye, il avait été condamné à mort en 2015 à l'issue d'un procès expéditif.

Le même groupuscule avait néanmoins refusé de le livrer aux autorités ou à la CPI, qui le recherche depuis 2011 pour "crimes contre l'humanité". Le groupe l'avait libéré en 2017 et sa trace avait été perdue.

A la surprise générale, Seif al-Islam, 49 ans, avait présenté son dossier à Sebha (sud), l'un des trois centres de dépôt des candidatures, avec Tripoli (ouest) et Benghazi (Est).

Le lendemain, des dignitaires de plusieurs villes ont appelé au boycott de l'élection présidentielle et plusieurs bureaux de vote ont fermé dans l'ouest du pays sous la pression de groupes hostiles à cette candidature.

Un scrutin pour tourner la page

Aboutissement d'un processus laborieux parrainé par l'ONU, la présidentielle du 24 décembre et le scrutin législatif prévu un mois plus tard sont censés tourner la page d'une décennie de chaos et luttes fratricides depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, tué en 2011 lors d'une révolte populaire.

La HNEC a annoncé mardi, au lendemain de la clôture du dépôt des candidatures, que 98 candidats, dont deux femmes, avaient soumis leur dossier pour briguer le poste de chef d'Etat.

>> Relire aussi: Dix ans après la mort de Kadhafi, des élections à haut risque se profilent en Libye

Parmi les candidats les plus en vue figurent encore le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle de facto l'est et une partie du sud libyen, l'influent ex-ministre de l'Intérieur Fathi Bachagha et le chef du gouvernement intérimaire Abdelhamid Dbeibah.

Les dossiers de ces trois derniers ont été validés, a annoncé la HNEC mercredi.

Outre Seif al-Islam, d'autres personnalités du régime de Kadhafi figurent sur la liste des candidats exclus, notamment l'ex-secrétaire et argentier du défunt dirigeant Bachir Saleh et l'un de ses anciens porte-parole Khaled Kaïm.

ats/vajo

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"Je crains le pire pour la Libye", témoigne une jeune Libyenne

Dans un mois, jour pour jour, la Libye vivra une élection à très hauts risques. Il s'agira de la toute première élection présidentielle de l’histoire du pays. Depuis la chute de Kadhafi en 2011, la Libye a sombré dans la violence.

"J'en pleure, c’est tellement dur. Je crains le pire pour la Libye. La communauté internationale fait vraiment trop d’erreurs. Les élections risquent de nous plonger dans une nouvelle guerre civile. C’est vraiment très dangereux." Cette jeune Libyenne de Benghazi, qui préfère garder l'anonymat, rêve de démocratie.

Vague de nostalgie

Les jeunes craignent que cette élection ne relance la guerre à cause de deux candidats: le maréchal Haftar, un militaire autoritaire qui a aujourd'hui la mainmise sur l’est du pays, et Seif al-Islam, fils et dauphin du dictateur Kadhafi.

Seif al-Islam est recherché par la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité. Sa candidature a été rejetée mercredi par la Commission électorale (lire ci-dessus), mais il a 48 heures pour faire recours. "Haftar? Ce gars-là, il ne pense qu'à instaurer une nouvelle dictature. Seif, c'est la même chose. Seif al-Islam surfe sur cette vague de nostalgie qui conduit à dire que ce n'était peut-être pas si mal avant."

Et d'ajouter: "Il va instaurer une dictature. On sait que cela va mener à la guerre civile!"

>> Le reportage de Maurine Mercier, correspondante de la RTS en Afrique du Nord, dans La Matinale:

Première élection présidentielle en Lybie dans un mois (vidéo) [RTS]
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