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L'Eglise reconnaît sa responsabilité en France face aux crimes pédophiles

Mgr Eric de Moulins-Beaufort (dte) devant la presse à Lourdes, 05.11.2021. [Laurent Ferriere - Hans Lucas/AFP]
Responsabilité de l'Eglise reconnue dans les actes pédocriminels en France / Le Journal horaire / 17 sec. / le 5 novembre 2021
Les évêques de France ont décidé vendredi à Lourdes de "reconnaître la responsabilité institutionnelle de l'Eglise" dans les violences sexuelles subies par des centaines de milliers de victimes mineures. Ils reconnaissent également la "dimension systémique" de ces crimes.

Ces actes pédocriminels, dont l'ampleur a été mis au jour par le récent rapport Sauvé, "ont été rendus possible par un contexte général, des fonctionnements, des mentalités, des pratiques au sein de l'Eglise", a souligné le président de la Conférence des évêques (CEF), Mgr Eric de Moulins-Beaufort. "Cette responsabilité entraîne un devoir de justice et de réparation", a-t-il ajouté.

>> Lire: Au moins 216'000 victimes mineures d'abus sexuels dans l'Eglise de France depuis 1950

Volonté désormais "plus catégorique"

En mars, les évêques avaient déjà annoncé que l'Eglise voulait "assumer sa responsabilité en demandant pardon pour ces crimes et pour ces défaillances". A la lumière du rapport Sauvé, elle le dit désormais "de manière plus forte, plus nette, plus catégorique", a insisté Mgr Eric de Moulins-Beaufort.

La réunion des évêques, qui avait débuté mardi à Lourdes, doit se poursuivre jusqu'à lundi et "c'est sur cette base commune que nous allons travailler" pour examiner les autres recommandations du rapport, a-t-il expliqué, sans préciser les implications financières de cette reconnaissance de responsabilité.

L'une des recommandations de la commission

Les évêques se sont prononcés par un vote sur "cet engagement de responsabilité", selon le porte-parole de la CEF, Hugues Woillemont.

C'était l'une des principales recommandations de la commission Sauvé, qui proposait de reconnaître la responsabilité civile et sociale de l'Eglise "indépendamment de toute faute personnelle de ses responsables".

La commission Sauvé préconise d'individualiser le calcul de l'indemnisation due à chaque personne victime en fonction des "préjudices subis". Pour financer le fonds d'indemnisation, elle écarte la piste d'un appel aux dons des fidèles, préconisant de financer les indemnités versées aux victimes "à partir du patrimoine des agresseurs et de l'Église de France".

afp/oang

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