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La crise climatique va déstabiliser l'ordre mondial, selon les Etats-Unis

L'actuel président des Etats-Unis Joe Biden marchait au milieu des panneaux solaires en 2019 dans le New Hampshire. [Brian Snyder - Reuters]
La crise climatique va déstabiliser l'ordre mondial, selon les Etats-Unis / Le Journal horaire / 1 min. / le 22 octobre 2021
Alors que l'administration de Joe Biden cherche à mettre le climat au centre de sa politique, les services de renseignement américains ont analysé pour la première fois les risques stratégiques liés au réchauffement climatique. Celui-ci va augmenter les tensions entre les pays et créer des vagues migratoires, concluent-ils.

La vision de la stratégie pour le climat est plutôt pessimiste, selon les Etats-Unis. Les agences américaines de renseignement pensent que la communauté internationale ne va pas honorer ses engagements en matière de réduction de CO2, ce qui va favoriser les tensions internationales, car les pays ne vont pas pouvoir s'entendre sur des réductions encore plus importantes à l'avenir.

Les effets du réchauffement climatique seront par ailleurs complexes et à géométrie variable, relatent des rapports des services de renseignement. L'Algérie, par exemple, devrait être prise en étau par une baisse des recettes du pétrole et une augmentation drastique des températures.

De son côté, la Chine pourrait tirer son épingle du jeu du fait de ses vastes réserves en terres rares, nécessaires pour les véhicules électriques.

Inquiétudes avant la COP26

La Maison Blanche a publié ces rapports quelques semaines avant la COP26 à Glasgow. Le président américain Joe Biden veut s'y imposer comme leader, mais son bilan est maigre. Ses projets en faveur du climat sont bloqués devant le Congrès américain.

A ce sujet, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a aussi fait part de ses inquiétudes. Pour lui, les engagements actuels sur le climat des Etats sont "un aller simple vers le désastre". Il s'est dit jeudi "très inquiet" du peu de temps restant pour "éviter un échec" de la COP26.

Selon la dernière évaluation de l'ONU, les engagements de réduction des émissions actuelles de gaz à effet de serre de près de 200 pays conduiraient à un réchauffement "catastrophique" de 2,7 degrés, bien loin de l'objectif de l'accord de Paris de maintenir ce réchauffement bien en deçà de +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, si possible à +1,5°C.

"Les progrès des dernières semaines n'ont pas été suffisants" et "quand je vois le peu de temps qu'il reste entre aujourd'hui et Glasgow, quand je vois à quel point nous sommes loin de là où nous devrions être, je suis profondément inquiet, mais je garde espoir", a lâché António Guterres.

jd/iar avec les agences

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Nouveau mécanisme pour protéger les défenseurs de l'environnement

L'ONU va lancer un nouveau mécanisme de réponse rapide pour protéger les défenseurs de l'environnement. Ce dispositif a été approuvé jeudi lors d'une réunion entre plusieurs dizaines d'Etats à Genève.

Ce mécanisme contraignant est le premier à être établi à l'ONU ou dans une organisation intergouvernementale, a précisé vendredi la Commission économique de l'ONU pour l'Europe. Il a été validé par les 46 Etats et l'UE qui sont partie à la Convention d'Aarhus sur l'accès à la justice sur les questions environnementales, dont la Suisse.

Le mécanisme va permettre d'appliquer le droit à un environnement "sain", "sûr", "propre" et "durable" reconnu récemment par le Conseil des droits de l'homme. Un rapporteur spécial sur les défenseurs de l'environnement sera chargé d'apporter des réponses rapides aux accusations de violations comme du harcèlement ou des menaces de criminalisation.

Un comité de conformité avec la Convention existe déjà, mais plusieurs acteurs demandaient un instrument plus rapide pour aider les défenseurs de l'environnement en cas de menace. Le nouveau rapporteur spécial sera élu l'année prochaine lors d'une réunion extraordinaire des parties.